Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi – Albert Espinosa

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Titre : Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi
Auteur : Albert Espinosa
Année : 2013
Pages : 216

Note : 8/10

Résumé 

Madrid, 3 heures du matin. La mère de Marcos, une célèbre chorégraphe, est morte la veille. Insomniaque, Marcos rêve de s’injecter le médicament qui lui permettra de ne plus jamais avoir besoin de dormir. Marcos a aussi un don : il voit dans les souvenirs des gens ; c’est pourquoi la police fait souvent appel à lui. Aujourd’hui, il doit examiner un « étranger » et tenter de découvrir sa véritable identité. Une rencontre qui se révélera surprenante. Best-seller en Espagne, ingénu et transgressif, Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi est un hymne à l’amour impossible sur terre et peut-être ailleurs.

Critique 

Il y de ces livres qui nous transportent. On voyage. Albert Espinosa nous en propose deux très distinct : un dans le  » futur  » en même temps qu’une invitation à suivre le cours de sa pensée lors d’une aventure un peu folle et surréaliste.

Après la mort de sa mère, Marco, veut se payer le médicament qui empêche de dormir toute sa vie. Il m’est apparut qu’Espinosa veut ici critiquer la société qui va à toute vitesse, qui veut faire le plus d’argent possible, qui ne s’arrête jamais, qui court après le bonheur alors que celui-ci est déjà derrière. Plusieurs citoyens dans ce roman ont arrêté de dormir. La mise en place de ce  » mode de nuit  » est très bien présentée. J’ai trouvé ce passage fascinant.

Derrière le pseudo-fantastique se cache un monde fondamentalement humain. Le context d’écriture et le monde nouveau dans lequel les personnages évoluent n’influencent pas réellement leur caractère. Ce roman est loin d’être un roman fantastique avec des monstres, des super-pouvoir et tout ça, mais il n’est pas collé sur notre réalité, il y a des éléments surnaturels : Un extra-terrestre, un pouvoir spécial, des gens qui ont arrêté de dormir, mais le texte reste un hymne à l’humanité dans ce qu’il y a de plus beau: l’amour.

Le roman d’Espinosa est construit de court chapitre qui portent tous des titres accrocheurs et intrigants. C’est simplement parfait et adapté pour un public général !  L’écriture m’a accrochée non pas par son style lyrique époustouflant, mais par sa simplicité et sa facilité à représenter les vrais pensées humaines. Au fil de l’histoire, le lecteur assiste au parcours intellectuel que fait Marco. Il pense à quelque chose, dérive sur un souvenir de sa mère, revient, repart. J’ai adoré. Le personnage est tout simplement charmant avec ses angoisses, ses peines, ses joies.

Ce roman est un bel hymne aux amours impossibles, à l’appréciation de la vie telle qu’elle est, à la perte d’un être cher, à la relation parent-enfant. Personnellement, je n’ai pas été déçu de ce petit achat. Un livre que j’aurai du plaisir à relire des extraits aléatoirement.

J’ai éclaté en sanglots. J’ai un faible pour cette expression. On n’éclate jamais de faim ou de froid. En revanche, on éclate de rire ou en sanglots. Il est des sentiments qui justifient qu’on vole en éclats.

 L’amour et le sexe nous sont parfois si étrangers que seuls les étrangers sont susceptibles d’y comprendre quelque chose.

Pronconcée à voix hautes, certaines paroles sont susceptibles de révéler des secrets d’une intensité que nous serions peut-être incapables d’assumer.
Karo.

Les âmes vagabondes – Stephenie Meyer

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Titre: Les âmes vagabondes ou The host en version originale
Auteur: Stephenie Meyer
Date de parution: 2008
Nombre de pages: 617

Note: 7/10

Résumé: « Melanie Stryder est une rebelle. Notre Terre a été envahie par un ennemi invisible. Petit à petit, les âmes vagabondes s’emparent du corps des hommes en neutralisant leur esprit. La quasi-totalité de l’humanité a ainsi succombé. Melanie Stryder fait partie du dernier groupe d’hommes libres. Lorsqu’elle est capturée par les Traqueurs, on lui insère Vagabonde, une âme exceptionnelle qui a déjà connu plusieurs corps. Elle sait les difficultés d’envahir un humain hostile : les émotions dévastatrices, le tumulte des sens, les souvenirs trop vifs. Et Vagabonde rencontre un obstacle supplémentaire : l’esprit de l’ancienne propriétaire résiste. L’âme explore les souvenirs de Melanie dans l’espoir de découvrir l’endroit où se cachent les derniers résistants humains. Mais à la place de ces informations, Melanie submerge Vagabonde par les images de l’homme qu’elle aime – Jared, un humain encore en cavale. Incapable de se dissocier des pulsions de son corps d’emprunt, Vagabonde commence à aimer l’homme qu’elle est censée livrer aux autorités. Face aux pressions extérieures, Melanie et Vagabonde se retrouvent alliées malgré elles ; commence alors pour elles la quête incertaine et périlleuse de cet homme dont elles sont toutes deux amoureuses. »

Critique: En entendant le nom de Stephenie Meyer, on pense immédiatement à la série Twilight qui a remporté encore récemment des millions au box-office. La série vient de finir d’être adaptée au cinéma que, déjà, Stephenie Meyer vend les droits de son roman Les âmes vagabondes pour une production cinématographique dont nous verrons le produit en 2013 (Lien de la bande-annonce: http://www.youtube.com/watch?v=SRKjf8b4f2E)

Je ne m’attendais pas à une grande littérature, car même si Stephenie Meyer annonce ce roman comme une oeuvre pour un public plus vieux, je gardais des doutes. Doutes qui se sont avérés fondés. Le style est un peu plus travaillé que dans ses romans précédents: plus d’images, plus grande maîtrise de la ponctuation, plus de rythme, plus de profondeur, MAIS il reste que c’est un livre qui se veut être pour tout public. Et ne vous détrompez pas, ce n’est pas une mauvaise chose, la littérature populaire est une littérature très intéressante et très entraînante.

D’ailleurs, ce roman m’a bien plu. La force de Stephenie Meyer est de créer des univers complètement dément, mais crédible. La véracité qu’elle apporte dans ces romans, nous fait embarqué dans son monde dès la première page. C’est un don. C’est ceci qui fait qu’on est incapable de poser le roman. Une fois engagé, on ne peut plus arrêter. L’histoire est entraînante et passionnante, quoi que quelque peu prévisible…

Les personnages entant que tel sont très stéréotypés au début, les bons, les méchants… mais plus l’histoire avance, plus la dualité prend de place. Plus les personnages se compliquent, quoi que, quand même très simple comme caractère… Le noir et le blanc se mélange. J’ai bien aimé cet aspect de l’oeuvre.

Bref, pour une lecture du temps des fêtes ou des vacances, lorsqu’on veut complètement se changer les idées, sans trop se compliquer la vie, je le recommande vraiment! Par contre, pour un public plus « littéraire », qui veut voir du beau, qui veut être ébloui par un auteur et non pas par une histoire ou qui veut réfléchir et être secoué (je ne dis pas que ce livre n’a aucune valeur réflexive, mais c’est sans doute moins frappant…) ou un public plus âgé (25 ans et plus) je ne le conseil pas.

« Cette Terre était à la fois le plus noble et le plus vil des mondes; on y trouvait les émotions les plus belles, les plus délicates, et en même temps, les pulsions les plus noires, les plus sinistres. Peut-être était-ce inévitable? Peut-être sans le Très-Bas ne pouvait-on toucher au Très-Haut? »

« En tous ces millénaires, les humains n’ont jamais pu définir l’amour. Quelle est la part physique ? Quelle est la part mentale ? Est-ce le fruit du hasard ou du destin ? Pourquoi des unions parfaites sur le papier s’écroulent elles ? Pourquoi des couples improbables résistent-ils à tout ? »

« Peut-être ne pouvait-il exister de joie sur cette planète sans sa livre de douleur pour équilibrer une balance invisible. »

« Le temps n’a pas de prise sur les miracles. »

                                                                            Karo