Océan mer – Alexandre Baricco

Critique

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Titre: Océan mer
Auteur: Alessandro Baricco
Année: 1998
Pages: 282

Note: 9/10

Résumé

Au bord de l’océan, à la pension Almayer, « posée sur la corniche ultime du monde », se croisent sept personnages au destin étrange et romanesque, sept naufragés de la vie qui tentent de recoller les morceaux de leur existence. Mais leur séjour est bouleversé par le souvenir d’un hallucinant naufrage d’un siècle passé et la sanglante dérive d’un radeau. Et toujours, la mer, capricieuse et fascinante…

Avec une époustouflante maîtrise, Alessandro Baricco nous offre à la fois un roman à suspense, un livre d’aventures, une méditation philosophique et un poème en prose.

Critique

Cette critique est un peu différente des précédentes. Aujourd’hui j’essayerai de vous convaincre de courir dans la librairie la plus près que vous soyez en pyjama ou à des kilomètres de brousse du centre de la ville.

Argument no. 1
L’histoire se magnifie au cours de la lecture pour arriver à être un chef-d’œuvre à la dernière page. Ce livre raconte (il ne décrit pas. Il raconte) le rapport à la mer pour le à habitants singuliers de la pension d’Almayer. Chacun apporte un point de vue différent sur l’océan. Certains tentent d’en trouve le centre, d’en marquer les limites, de guérir, de s’apaiser, de s’inspirer, de découvrir la vérité…

Argument no. 2
Une construction romanesque époustouflante divisé en trois majeure partie. Les deux premières sont focalisées sur la découverte sommaire de tous les personnages, ceci se fait évidemment par leur relation avec la mer. La troisième apporte des réponses. Elle lie les personnages, les destins étonnants. Le début peut sembler confu, mais ne vous arrêtez pas. Les clefs de la narration suivent le flot et vous lancent des bouées. Laissez vous porter par ce courant poétique.

Argument no. 3
La poésie de l’œuvre est suffisante pour convaincre les amateurs que cette œuvre est merveilleuse de la première a la dernière syllabe. Tout coule, les mots chantent et créée des images qui frappent l’esprit. Toutefois, il faut préciser que Baricco n’est pas strictement poète. Ce roman est un récit narratif avec des quêtes et des aventures. Il est entrecoupé de lettres, de poèmes, de prières modernes et autres. Ce mélange crée un résultat diversifié qui motive le lecteur à poursuivre.

Argument no. 4
La structure n’est pas la seule chose qui vous surprendra, les récits personnels de chacun sont aux limites de la réalité. Un peintre qui cherche les yeux de la mer, une petite fille qui doit s’y plonger pour guérir, un amoureux qui écrit des lettres dédiées à une femme qu’il rencontrera peut-être un jour et je ne vous dit pas tout ! Ils racontent tous ensemble les miracles comme les atrocités de la mer. Ils forment le portrait complet de ce qu’est l’océan.

Argument no. 5
Le caractère transcendant de l’œuvre devrait vous convaincre de courir à la librairie. Tout dans cette œuvre crie l’expérience infini et indescriptible de la mer: la structure valsant d’un personnage à l’autre, les réflexions sur l’infini, le caractère spirituel de cette création divine; du déluge, les horreurs des naufrages qui font remonter à la surface le pire de l’Homme.

Dans ce tableau complet de la mer, c’est en fait l’humanité qui est peinte avec toutes ces nuances. Il est impossible de ne pas y trouver son compte dans cette œuvre, car elle me semble infini, comme l’océan.

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Karo.

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Chercher le vent – Guillaume Vigneault .

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Titre : Chercher le vent
Auteur : Guillaume Vigneault
Date : 2003
Pages : 268 pages
Note : 8.7/10
Résumé : La paix a son prix, et il faut parfois brûler les ponts. Il y a déjà longtemps que Jack vit sans Monica. Longtemps aussi que Jack vit sans Jack, un peu. Mais on a beau enterrer les souvenirs, l’érosion fait son travail. Chercher le vent nous entraîne sur la route, la route sans destination, simplement parce qu’il faut bouger, parce qu’il faut prêter ses voiles au hasard.

Critique :

Ce livre m’a été tout d’abord imposé pour mon cours de Français . J’étais en roche de fin de session et je me suis fait un horaire pour finir le livre en 2 jours. Je n’ai pas besoin de vous dire que je n’ai pas su l’apprécier à sa juste valeur. C’est lors de la mise en commun avec mon professeur que j’ai compris la mine de diamants littéraire que j’avais entre les mains.

Premièrement, l’histoire. Ce livre est un roman de la route, ce qui fait qu’il se passe sur la route (logique!). Le personnage est déprimé à cause d’une histoire dont il n’est pas vraiment question avec son ex et il coule à vue d’oeil, jusqu’à ce que le frère de la fille en question débarque et le force à partir en Road Trip avec lui. Au début, je me disais : Wow, le gars est vraiment déprimant . Il touche le fond , il pourrait se forcer pour remonter .

Il m’exaspérait un peu .

Ensuite , des flashbacks nous ont montré ce qui s’était passé avec son ex et j’ai compris. J’ai compris beaucoup de choses et surtout la tragédie de sa vie. J’ai donc pris un peu le personnage principal en pitié et je l’ai compris.

C’est un roman de la route , donc il y a une évolution du personnage à travers le voyage . C’est un roman très bien construit , un roman comme je les aime . Le personnage se reconstruit tranquillement , il évolue . Il décide de partir et de vivre des expériences complètement nouvelles , il réouvre des blessures et des chapitres de sa vie qui n’ont pas été réglé et il fait la paix avec tout ça . Les rencontres que Jack fait aussi sont vraiment importantes. Chaque personnage nous enseigne quelque chose et nous invite à voir la vie d’une façon différente. C’est superbe .

Maintenant , parlons du style d’écriture. Wow. Les chapitres se terminent sur des petites leçons de vie qui nous portent à réfléchir , mais sans être moralisatrices . Les phrases qui résonnent longtemps dans notre esprit, il y en a aussi beaucoup. Il y a des métaphores , des comparaisons , des analogies et des champs lexicaux délicieux . (Merci à ma professeur de français) Quand on prend le temps de bien lire, de bien comprendre et de bien saisir toutes les subtilités, on se rend compte que le texte est immensément riche.

Je vous conseil vivement ce roman . Personnellement , il est dans ma pile « à relire » .

Vous m’en redonnerez des nouvelles 🙂

Josiane .

Daphné Disparue – José-Carlos Somoza

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Titre: Daphné disparue
Auteur: José-Carlos Somoza
Année: Écrit en 2000 publié en 2008
Pages: 217

Note:  9/10

Résumé 

« Je suis tombé amoureux d’une femme inconnue » romancier à succès, Juan Gabo ne dispose que de ces quelques mots pour reconstruire son identité. Il les a couchés sur un carnet avant l’accident qui lui a coûté la mémoire. Mais l’inconnue est-elle une créature réelle ou de fiction ? De retour au « cercle littéraire », où il a dîné le soir de la tragédie, Juan Cabo y rencontre une poignée de figures équivoques puis un détective spécialisé dans les affaires littéraires, qui lui présente une « muse » vendant des postures aux écrivains en mal d’inspiration. Dans un étonnant dédoublement de la réalité, avec Les Métamorphoses d’Ovide en surimpression, les personnages finissent par trouver leur auteur et, grand instigateur de tous les stratagèmes, l’écrivain en vient à posséder un pouvoir à faire pâlir les dieux de l’Olympe. Comme dans tous les romans qui suivront Daphné disparue, J. C. Somoza excelle à brouiller les pistes, mais ici protagoniste et lecteur jouent à armes égales : ils ne disposent que du texte pour résoudre toutes les énigmes.

Critique

Ce roman a changé ma vision de la littérature et du roman. Il m’a bouleversé. Ces simples phrases devraient être suffisante pour vous convaincre de courir à la bibliothèque la plus près.

José-Carlos Somoza est un maître de la manipulation littéraire. Il fait ce qu’il veut du lecteur. Dans ce roman, il construit un monde d’écrivain où la fiction et la réalité se confrontent. Il y a des femmes qui ont le métier de Muse inspiratrice pour les auteurs, des écrivains totalement abusifs, une femme qui aime tant son personnage qu’elle est prête à mourir avec lui. Le monde littéraire est poussé à son extrême. C’est ainsi qu’on peut d’ailleurs avoir une réflexion sur l’institution littéraire, la place de l’imaginaire, l’emprise d’un éditeur, le besoin constant de nouveauté et le prix à payer pour accéder à la gloire.

Ces questions semblent peut-être peu distrayantes pour vous maintenant, mais elles ne sont pas l’histoire. Ce roman est avant tout une oeuvre policière remplie de rebondissement totalement surprenante. Je vous promet que vous ne devinerez jamais ce qui se passe dans le prochain chapitre. Le terme policier est appropriée si on l’entend comme quête de vérité et enquête pour découvrir qui est cette femme dont le personnage principal ne se souvient pas.

D’un point de vue stylistique ce qu’il y a de fascinant c’est que l’auteur interagit avec le lecteur. Il n’est pas surprenant de voir des passages comme:  » Lecteur, ici tu croiras […] « . En nous impliquant dans la lecture, Somoza peut se jouer de nous à 100%. Le traitement que l’auteur fait du faux et vrai est génial, digne d’un grand auteur. D’ailleurs Somoza est psychiatre de profession… Il sait manier l’esprit et le fait à merveille.

La plume de l’auteur est charmante, il y a plusieurs références littéraires qui font sourire, le style est léger sans toutefois être morne, humoristique en maintenant l’intrigue. Une fois ouvert, ce livre ne se referme plus avant d’avoir franchi la dernière page.

Je conseille vivement ce roman à TOUS sans exception. Ce roman peut plaire à tout le monde, car son contenu est tellement diversifié qu’il peut faire réfléchir, divertir, captiver. Je préciserai pour finir que si réfléchir au métier d’écrivain, à l’imaginaire et à l’institution littéraire, ce roman est incontournable pour vous ainsi que pour les jeunes auteurs.

Karo.

Je ne savais pas encore qu’il y en avait un, bien sûr. Un mystère que j’allais devoir affronter. L’écrivain accepte avec effort les énigmes de la réalité : nous sommes si habitués à en inventer les arcanes que nous finissons par la confondre avec l’imagination. Mais pour toi c’est tout le contraire, lecteur. Reconnais-le : tu souffres de l’anxiété bachique de l’insolite. Le simple fait que les pages futures sont un secret te pousse à avancer. Parce que tu percevais déjà depuis le début de cette chose, qui n’est pas un roman, ni une chronique royale, ni rien qui y ressemble – je trouverai bien un nom pour le définir -, ce que je ne compris que longtemps après : tout au long coule, opalin, profond, le canal du mystère.

Quelle coïncidence. Les coïncidences sont comme l’amour et la littérature, aussi absurdes et insensées. Les coïncidences sont le roman de Dieu, qui est aussi écrivain, comme tout le monde.

 La beauté, je m’en apercevais maintenant, ne peut être décrite : il faut l’inventer.

Oscar et la dame rose – Eric-Emmanuel Schmitt

Titre: Oscar et la dame rose
Auteur: Eric-Emmanuel Schmitt
Année: 2002
Pages: 100

Note: 9.2/10

Résumé

Voici les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans. Elles ont été retrouvées par Marie Rose, la dame rose qui vient lui rendre visite à l’hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d’Oscar, douze jours cocasses et poétiques, douze jours pleins de personnages drôles et émouvants. Ces douze jours seront peut-être les douze derniers. Mais, grâce à Mamie Rose qui noue avec Oscar un très fort lien d’amour, ces douze jours deviendront légende.

Critique

Ce roman prend une heure à lire et deux jours à digérer, sans parler de notre vie entière qu’il affectera.

L’histoire est plutôt basique et j’avais des doutes sur le traitement. Il est très facile de tomber dans le mélodrame pathétique lorsqu’on aborde des thèmes comme la maladie et la mort. Or, connaissant un peu Eric-Emmanuel Schmitt, j’avais confiance qu’il nous présenterait un aspect différent de ces thèmes. C’est ce qu’il a fait. Une totale réussite!

J’ai entendu parler de ce livre tellement de fois que je m’étais créé des attentes démesurées. Et malgré leur hauteur, Schmitt a réussit à les frôler!

Je voulais que ce roman me surprenne. Il m’a surpris. J’étais loin de me douter que le « punch » serait écrit au verso du livre et j’étais encore plus surprise de constater qu’une oeuvre peut être surprenante, même lorsque tout est écrit d’avance. Un simple style, un simple dialogue peut captiver un lecteur à ce point. Wow. Quel travail!

Ce roman est un voyage. Les douze derniers jours d’Oscar. Le douzième jour, la douzième lettre, je savais en la lisant que c’était la dernière. Cette connaissance de la mort à la fin d’Oscar apporte une expérience de lecture différente. Le lecteur redoute la fin jusqu’à la dernière page. Je ne voulais pas la tournée, j’affirmais ma rébellion littéraire espérant que la fin change sous mes yeux. Impossible. J’ai du tournée la page.

Le roman est divisé en 12 lettres narratives qu’Oscar écrit à Dieu. Il nous fait part du récit de ses derniers jours à l’aube du nouvel an. La Dame rose l’accompagne tout au long de ce chemin. Elle égaye la vie du petit par toutes sortes de manière.

Dans ce roman, nous assistons à la naissance et l’accomplissement d’une vie entière, plutôt qu’à la déchéance de celle-ci. Vivre une vie en douze jours, c’est vivre une vie à un rythme effréné et en profiter pleinement. C’est ainsi qu’on devrait vivre…

Parsemé de passages drôles qui vous accrochent un sourire aux lèvres, ce roman porte des thèmes lourds tel que la maladie, le deuil, la mort, la théologie, l’existence de Dieu, la famille. Et tout ça en seulement 100 pages écrites en caractère 18!

Ce livre est une bourrasque de vie, d’espoir, de rires, de larmes. Je le recommande à tous sans exception. Je répète. Sans exception

« – Les questions les plus intéressantes restent des questions. Elles enveloppent un mystère. À chaque réponse, on joindre un « peut-être ». Il n’y a que les questions sans intérêt qui ont une réponse définitive. »

« – J’ai l’impression, Mamie-Rose, qu’on a inventé un autre hôpital que celui qui existe vraiment. On fait comme si on ne venait à l’hôpital que pour guérir. Alors qu’on y vient aussi pour mourir.
– Tu as raison, Oscar. Et je crois qu’on fait la même erreur pour la vie. Nous oublions que la vie est fragile, friable, éphémère. Nous faisons tous semblant d’être immortels. »

 

Karo.

À noter qu’il y a une adaptation cinématographique (que je n’ai pas vue) : Bande-Annonce et Film complet 

 

La valse lente des tortues – Katherine Pancol

Titre : La valse lente des tortues
Auteur: Katherine Pancol
Date: 2008
Pages: 747

Note: 9/10

Résumé 

Qu’un crocodile aux yeux jaunes ait ou non dévoré son mari Antoine, disparu au Kenya, Joséphine s’en moque désormais. Elle a quitté Courbevoie pour un immeuble huppé de Passy, grâce à l’argent de son best seller, celui que sa soeur Iris avait tenté de s’attribuer, payant cruellement son imposture dans une clinique pour dépressifs. Libre, toujours timide et insatisfaite, attentive cependant à la comédie cocasse, étrange et parfois hostile que lui offrent ses nouveaux voisins, Joséphine semble à la recherche de ce grand amour qui ne vient pas. Elle veille sur sa fille Zoé, adolescente attachante et tourmentée et observe les succès de son ambitieuse aînée Hortense, qui se lance à Londres dans une carrière de styliste à la mode.

Joséphine ignore tout de la violence du monde, jusqu’au jour où une série de meurtres vient détruire la sérénité bourgeoise de son quartier. Elle-même, prise pour une autre sans doute, échappe de peu à une agression. La présence de Philippe, son beau-frère, qui l’aime et la désire, peut lui faire oublier ces horreurs. Impossible d’oublier ce baiser, le soir du réveillon de Noël, qui l’a chavirée.

Autour de l’irrésistible et discrète Joséphine, gravite une fois encore tout un monde de séducteurs, de salauds, de tricheurs et autant d’êtres bons et généreux. Comme dans la vie.

Quatrième de couverture 

Ce livre est une bourrasque de vie…
Un baiser brûlant du seul qu’on ne doit pas embrasser.
Deux bras qui enlacent ou qui tuent.
Un homme inquiétant, mais si charmant.
Une femme qui tremble et espère ardemment.
Un homme qui ment si savamment.
Une femme qui croit mener la danse, mais passe son tour.
Des adolescents plus avertis que les grands…
Un homme qui joue les revenants.
Un père, là-haut dans les étoiles, qui murmure à l’oreille de sa fille…
Un chien si laid qu’on s’écarte sur son passage.
Des personnages qui avancent obstinément, comme de petites tortues entêtées qui apprendraient à danser lentement, lentement, dans un monde trop rapide, trop violent…

Critique 

Le quatrième de couverture mystérieux a su déceler mon attention dès les premiers mots. C’est donc la tête vide (ou presque) que j’ai commencé ce livre. Je n’avais pas d’attente, car j’ignorais tout de l’histoire et tout de l’auteur (presque).

Dès les premiers chapitres (non numéroté et sans titre), l’histoire m’a fascinée. Il y a tant de personnages, tant de petits univers qui se croisent, qui s’enlacent, qui se chevauchent et qui se séparent. Le monde de Joséphine est un monde où tous possède une capitale importance. Chaque détail vaut le détour dans ce roman. Il faut toutefois être très attentif lors de la lecture, ce n’est pas un de ces livres qu’on peut lire la tête en l’air en passant la moitié des pages (de toute façon vous n’aurez pas envie de passer de pages!). Il faut être concentré et plongé dans l’univers que nous propose Pancol, car il est très facile de s’y perdre! Le nombre de personnages « importants » doit s’élever à plus de vingt! Vingt personnages dont on connait la vie, leur attitude, leur point de vue et autres.

Une des forces de ce roman est d’ailleurs la multiplicité des points de vue. On a donc accès à plusieurs visions différentes, on en connait toujours plus que le personnage principal et cela rend la lecture très addictive.

C’est un détail, un chichi de princesse, mais j’ai adoré retrouver des citations de mes auteurs préférés comme Romain Gary. Ce livre fait l’étayage des connaissances littéraires et de toutes sortes de Katherine Pancol. Il nous apprend plusieurs choses sans vraiment être le but de l’oeuvre. J’ai bien aimé cela.

Puisque nous en sommes au style et à la construction du récit… L’écriture de Katherine Pancol m’a bouleversée. Elle sait décrire les événements dramatiques avec une légèreté impressionnante. Par légèreté, je veux dire  qu’elle utilise des mots, des comparaisons simplistes qui viennent rejoindre profondément le lecteur. Elle utilise le quotidien banal pour décrire un réel imaginaire extraordinaire!

Le réel que présente l’auteure est parsemé de plusieurs éléments fantastiques qui allimentent le récit et lui donne un ton particulier. Je comparerais ceci avec les contes de Fred Pellerin (peut-être un peu moins fantastique, par contre) ou à La Fiancée Américaine d’Éric Dupont! Ce genre de  « récit fantastique réel » est tout simplement superbe lorsqu’il est bien réalisé. C’est le cas ici!

De plus, Katherine Pancol construit chaque chapitre en suivant un ligne directrice particulière. Elle s’intéresse au détail de la vie. Au-delà de l’histoire, il y a un monde complet qui grouille et frétille et elle n’en fait pas omission! L’exemple parfait qui me vient en tête pour expliquer ceci est: un chapitre où Gary et Hortense ont une discussion importante sur le futur et Hortense regarde un piéton qui vient d’échapper son beignet par terre et elle le juge. La discussion est entrecoupée de passage descriptif de l’extérieur de la scène principal. Ce qui donne au lecteur une vue globale.

Cet aspect du roman m’a fait comprendre que la vie c’est exactement ça. On essaie de prendre un obstacle à la fois, d’être ordonné, mais au fond, la vie n’est que dé-concentration. Il y a toujours un million de choses qui se déroulent en permanence et nous nous prêtons à ce jeu. Nous suivons la valse emporté par le rythme effréné de la vie.

En conclusion, La valse lente des tortues s’adresse à un large public. Le roman regroupe plusieurs style: le policier, le dramatique, la comédie, le récit de voyage, la romance et j’irais même jusqu’à dire le fantastique. Je le conseil à tous. Quoique peut-être un peu trop volumineux pour les lecteurs débutants… Or, un nombre de page ne devrait jamais être un obstacle, car ce n’est pas la quantité qui repousse un lecteur, mais bien le contenu. Et ce contenu est tout simplement superbe. (oui. je suis en amour avec cette nouvelle découverte!)

« Quand on a des fleurs à offrir, on ne les donne pas la tête en bas, les tiges en l’air, sinon l’autre ne voit que les épines et se pique. Moi, je fais ça avec les sentiments, je les offre à l’envers.»

« La société, aujourd’hui, ne croit plus à l’âme. Elle ne croit plus en Dieu. Elle ne croit plus en l’Homme. Elle a aboli les majuscules, met des minuscules sur tout, engendre le désespoir et l’amertume chez les faibles, l’envie de déserter chez les autres. Impuissants et inquiets, les sages s’écartent, laissant le champ libre aux fous avides. »

« Mais le douleur, elle, ne s’émousse pas. C’est étrange d’ailleurs : l’amour s’use, mais la douleur reste vivace. Elle change de masque, mais demeure. On ne finit jamais de souffrir alors qu’on finit, un jour, d’aimer. La vie est mal faite ! »
Karo.

La dernière chanson – Nicholas Sparks

Titre: La dernière chanson
Auteur: Nicholas Sparks
Date: 2010
Note: 8.8/10
Résumé: « À l’âge de 17 ans, la vie de Veronica Miller, alias « Ronnie » est bouleversée par le divorce de ses parents et le départ soudain de son père qui abandonne New York pour la Caroline du Nord. Elle lui en veut vraiment et refuse de le voir depuis la rupture… Jusqu’au jour où, trois ans plus tard, sa mère décide de l’envoyer passer un été avec lui, espérant une réconciliation.
Le père de Ronnie, ancien pianiste et professeur, mène une vie paisible en bord de mer où il se consacre à la confection d’une oeuvre d’art. Dès son arrivée, Ronnie se rebelle et menace de partir. Mais bientôt, elle fait la connaissance de Will, un jeune homme du village, qui va faire chavirer son coeur. Baissant sa garde, va-t-elle enfin réussir à s’ouvrir au bonheur?
Des retrouvailles inattendues.
Si l’amour peut briser les coeurs, il peut aussi les cicatriser. »

Critique: Premièrement, je dois rectifier quelque chose dans le résumé: Les parents de Ronnie se séparent 3 ans AVANT ses 17 ans. Désolée, je trouvais ça important.

Je me suis vraiment retrouvée dans le personnage de Ronnie. J’ai adoré la voir évoluer, la voir changer. Je l’ai trouvé attachante. Je dois avouer que j’avais déjà écouté le film plusieurs fois avant d’acheter le livre, mais cela n’a en rien gâché ma lecture. J’ai adoré les personnages et l’intrigue. J’ai beaucoup aimé le fait que ce ne soit pas encore un de ces romans d’amour à l’eau de rose typiquement Nicholas Sparks. L’histoire tourne beaucoup plus autour de la famille, de la relation entre le père et sa fille. Nicholas Sparks a fait un travail super en mettant des mots sur ce que ressent une adolescente, ce mélange de passion, d’injustice de et de recherche de soi-même. J’avoue avoir pleuré plusieurs fois en lisant, je ne m’en cacherai pas. L’histoire en tant que telle est très triste et Nicholas Sparks a un don pour écrire les bons mots pour faire monter l’émotion.

Bref, vous pouvez être sûr que je vais relire ce livre encore plusieurs fois!

<< La vie, songea Steve, ressemblait un peu à une mélodie.Le début est un mystère, la fin une révélation… Mais toutes les émotions éprouvées dans l’intervalle permettent d’affirmer que l’ensemble mérite d’être vécu. >>

Josianee .

L’Ile des oubliés – Victoria Hislop

Titre: L’île des oubliés
Auteur: Victoria Hislop
Date: 2012
Note: 9.6/10
Résumé: »Une jeune femme en quête d’identité découvre l’incroyable histoire de sa famille : trois générations de femmes émouvantes et courageuses, au destin lié à Spinalonga, l’île des lépreux …
Alexis ignore tout du passé de sa mère. De sa famille, elle ne connaît que l’existence d’une tante, Maria, aperçue sur une vieille photo sépia. Pour en savoir plus, elle part visiter le village natal de sa mère situé en Crête. Alexis va alors faire une terrible découverte : juste en face se dresse Spinalonga, l’île où l’on envoyait les lépreux … et où un membre de sa famille aurait péri …
Quels mystères effrayants recèle cette île des oubliés ?
Quelles épreuves ont vécues Maria et les siens ?
Pourquoi la mère d’Alexis a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la bouleversante destinée de ses aieules et sur leurs sombres secrets … »

Critique: Sublime. C’est le premier mot que j’ai utilisé pour décrire ce roman lorsque je l’ai terminé. L’auteur réussit à nous faire visiter la Crète au travers de l’histoire intrigante de cette famille. Je me suis beaucoup accrochée aux personnages et j’ai vécu leurs peines et leurs joies avec eux. J’ai savouré chaque mot de cette auteur talentueuse. Chaque fois que j’ouvrais le livre, je vivais un moment magique. Ce n’est pas un livre qu’on lit entre deux cours au Cégep. Il faut s’installer confortablement et plonger. C’est ce que j’ai adoré le plus dans ce livre, cette perdition totale de nous-même. Nous vivons en Crète, nous ressentons la détresse et la joie des personnages. Je n’ai pas été capable d’aller dormir avant d’avoir totalement fini ce livre. J’ai savouré chaque mot, chaque moment, chaque émotion. J’ai été bouleversée par cette lecture, littéralement.

L’histoire n’est pas banale. Une colonie de lépreux sur une île en face d’un petit village crétois. Des familles déchirées par cette maladie, un isolement complet. Dans ce tableau peu joyeux, l’auteur a réussit à transformer la détresse en espoir, la haine en amour et la maladie en quelque chose de moins horrible.

J’ai déjà conseillé ce livre à tout mon entourage et j’aimerais que tout le monde ait la chance de le lire. Et surtout, il est clair que je vais retourner voir la libraire qui me l’a conseillé …

<< En la touchant, il lui rendait la vie, et elle faillit être submergée par l’émotion. Elle avait conscience que leurs échanges, jusque dans leurs silences, la comblaient. Elle redécouvrait la satisfaction qu’on éprouve en retrouvant une clé égarée: la sensation de paix et de plénitude après la recherche paniquée et la découverte. >>

Josianee .

La Fiancée Américaine – Éric Dupont

 

La fiancée américaine par Dupont

Titre: La fiancée américaine
Auteur: Éric Dupont
Date de parution: 2012
Nombre de pages: 560 (je tiens à préciser que l’écriture est minuscule)

Note: 9/10

Résumé: Un gâteau renversé à l’ananas peut-il changer le cours de l’histoire? Louis dit « le Cheval »  Lamontagne est né en pleine messe de minuit alors que sa mère était figurante dans la crèche vivante.  Son père, le plus bel homme de Rivière-du-Loup était follement amoureux de sa nouvelle femme  Madeleine  dite « l’Américaine » cuisinière hors pair dont le livre de recettes transformera la vie de toutes les femmes dans la famille sur 4 générations. Leur fils se trouvera mal marié mais les yeux sarcelle  de sa mère continueront à se répandre dans la région tout comme en Europe où il est déployé et dans l’État de New York où il gagnera sa vie comme homme fort dans les foires. Dans ce village pentu encore sous l’emprise du curé qui annonce la fin du monde aux enfants pour le 10  novembre les racontars abondent.

Critique: Qui aurait cru qu’il se cachait en un seul auteur tant d’imagination et tant de génie! C’est la dernière impression que j’ai eu en fermant ce livre, cette brique qui, avant de s’y plonger, semble interminable. Le volume faramineux, l’écriture microscopique et la page couverture peu passionnante, pourraient vous décourager, mais il ne faut pas! Malgré ces 560 pages, ce roman se lit plus vite que l’éclair. Une fois qu’on a commencé, on ne veut plus arrêter et ce, dès la première page.

Le livre s’étale environ sur trois générations de filles se prénommant toutes Madeleine. Leur histoires sont entraînante, passionnante.  On est avare et on voudrait toujours en avoir plus! La clef de l’intérêt que suscite ce roman réside dans les personnages mis en place. Ces personnages sont si extraordinaire, dans le sens le plus épuré: ils sortent de l’ordinaire. Ils sont fascinants. Tous leurs récits surprennent le lecteur. Il n’y a aucune place pour l’amertume du: « Je l’avais ben deviné! Je le savais! », tout dans ce roman, TOUT est surprise, pages après pages!

Le roman, le style et les histoires sont menés d’une main de maître. Éric Dupont se surpasse et dans tous les aspects! Du côté stylistique, il est très varié. C’est ce qui accroche. L’humour est omniprésente, elle remonte les commissures des lèvres des lecteurs à de multiples reprises. Mais ne vous m’éprenez pas. Ce livre n’est pas une comédie. Les moments tristes, cruels de la vie, abondent dans ce roman, d’une manière peu commune. On est ému, on pleure. C’est bien écrit. Très bien écrit. Mais on oublie vite. on oublie vite la mort qui a fauché tel ou tel personnages, car la vie continue. Le roman avance.

La mort, la jalousie, l’inceste, la religion, l’amour, les ragots, la musique, la réputation imposée par la société, l’avortement, la guerre, les Nazis sont des thèmes abordés dans La fiancée américaine (ce n’est pas une liste exhaustive). Éric Dupont varie même la forme de son texte: parfois narratif, d’autre extrait de journal intime, en passant par le conte qui frôle la légende et par le récit épistolaire (des lettres en correspondance).

Ce qui me fascine, qui m’émerveille dans ce récit, c’est la façon qu’à l’auteur de relié des faits divers, des petits détails qui prennent, au final, une place monumentale dans l’histoire. C’est ces petites distinctions qui nous permet de tisser la toile du roman, la toile qui relit tous les récits. J’adore lire un livre et être un peu perdu, puis peu à peu trouver mon chemin. J’aime réfléchir et trouver les réponses par moi-même. C’est l’opportunité que cette oeuvre nous donne. J’adore arriver à la fin d’un livre et avoir L’ILLUMINATION! La clef, qui fait que tout est clair dans notre tête, on comprend! Tout ce tient!

Bref! Je pourrais parler de cette oeuvre durant des heures (c’est bien ce que je vais faire, car ce livre est en liste pour le prix littéraire des collégiens), mais je tiens à ne pas dévoiler plus que ce que j’ai déjà dit. Le mystère est l’élément clef de ce roman! On plonge dans l’univers avec la même insécurité que lorsqu’on parcours une ville étrangère sans carte et on le termine avec la même fierté que lorsqu’on trouve finalement notre chemin.

Karo