Chercher le vent – Guillaume Vigneault .

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Titre : Chercher le vent
Auteur : Guillaume Vigneault
Date : 2003
Pages : 268 pages
Note : 8.7/10
Résumé : La paix a son prix, et il faut parfois brûler les ponts. Il y a déjà longtemps que Jack vit sans Monica. Longtemps aussi que Jack vit sans Jack, un peu. Mais on a beau enterrer les souvenirs, l’érosion fait son travail. Chercher le vent nous entraîne sur la route, la route sans destination, simplement parce qu’il faut bouger, parce qu’il faut prêter ses voiles au hasard.

Critique :

Ce livre m’a été tout d’abord imposé pour mon cours de Français . J’étais en roche de fin de session et je me suis fait un horaire pour finir le livre en 2 jours. Je n’ai pas besoin de vous dire que je n’ai pas su l’apprécier à sa juste valeur. C’est lors de la mise en commun avec mon professeur que j’ai compris la mine de diamants littéraire que j’avais entre les mains.

Premièrement, l’histoire. Ce livre est un roman de la route, ce qui fait qu’il se passe sur la route (logique!). Le personnage est déprimé à cause d’une histoire dont il n’est pas vraiment question avec son ex et il coule à vue d’oeil, jusqu’à ce que le frère de la fille en question débarque et le force à partir en Road Trip avec lui. Au début, je me disais : Wow, le gars est vraiment déprimant . Il touche le fond , il pourrait se forcer pour remonter .

Il m’exaspérait un peu .

Ensuite , des flashbacks nous ont montré ce qui s’était passé avec son ex et j’ai compris. J’ai compris beaucoup de choses et surtout la tragédie de sa vie. J’ai donc pris un peu le personnage principal en pitié et je l’ai compris.

C’est un roman de la route , donc il y a une évolution du personnage à travers le voyage . C’est un roman très bien construit , un roman comme je les aime . Le personnage se reconstruit tranquillement , il évolue . Il décide de partir et de vivre des expériences complètement nouvelles , il réouvre des blessures et des chapitres de sa vie qui n’ont pas été réglé et il fait la paix avec tout ça . Les rencontres que Jack fait aussi sont vraiment importantes. Chaque personnage nous enseigne quelque chose et nous invite à voir la vie d’une façon différente. C’est superbe .

Maintenant , parlons du style d’écriture. Wow. Les chapitres se terminent sur des petites leçons de vie qui nous portent à réfléchir , mais sans être moralisatrices . Les phrases qui résonnent longtemps dans notre esprit, il y en a aussi beaucoup. Il y a des métaphores , des comparaisons , des analogies et des champs lexicaux délicieux . (Merci à ma professeur de français) Quand on prend le temps de bien lire, de bien comprendre et de bien saisir toutes les subtilités, on se rend compte que le texte est immensément riche.

Je vous conseil vivement ce roman . Personnellement , il est dans ma pile « à relire » .

Vous m’en redonnerez des nouvelles 🙂

Josiane .

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Cher trou de cul – Annie Quintin

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Titre : Cher trou de cul
Auteur : Annie Quintin
Date : 2013
Pages : 357 pages
Note : 7.3/10
Résumé : « Je me réveille, je te vois. Je m’endors, je te vois. Je respire, je te vois. Je vois juste toi, OK? Je vois juste… toi, Clara. »

Pour dire ce genre de choses à une fille, puis changer d’idée après 72 jours – le temps de la gestation du cochon d’Inde – et finalement rompre par internet, il faut être un vrai salaud.

À moins que la fille soit elle-même trop compliquée?
Comment Clara peut-elle oublier Damien, son regard tendre et ses cheveux fous? Sûrement pas en lui écrivant des courriels qui commencent par « Cher trou de cul »…

Critique :

Ce livre m’a été donné par un ami qui travaille dans une librairie (le chanceux). J’étais très contente de recevoir ce livre de filles , je ne vous le cacherai pas. J’étais en manque de guimauves en cette semaine de pré St-Valentin.

Premièrement, j’ai été agréablement surprise en me rendant compte que le garçon n’était pas un salaud et que la fille était relativement normale. Je m’attendais, en lisant le résumé, au classique salaud ou au garçon pas capable de s’engager. Vous savez, le genre de gars dans ces livres qui trompent l’héroïne ou qui lui mets l’estime d’elle-même à zéro. Et bien NON ! Le garçon a même beaucoup d’allure. La chronologie un peu bousculée m’a beaucoup plu aussi. L’histoire se déroule un peu sans dessus dessous à l’aide d’un « Jour x » en début de narration. De cette façon, nous comprenons les choses à mesure que l’auteur veut bien que nous les comprenions.
Par contre, je m’attendais à voir plus de lettres adressées à son ex. L’emphase n’est pas mise là-dessus, comme le titre le suggère. Cela n’enlève rien à l’histoire, mais c’est une constatation que j’ai eu durant ma lecture.

Je me suis beaucoup attachée au personnage principale de Clara. Je m’y suis assez identifié et je lisais le livre en lui disant : »allez, dis-moi ce qui cloche chez moi! ». Elle se prend en mains et je trouve ça très inspirant, surtout qu’elle n’est pas désespéré et vraiment au fond. Les problèmes de Clara sont plus normaux, plus cachés que ceux de certaines héroïnes de roman de filles.

Bref : Les personnages sont attachants, l’histoire n’est pas abracadabrante et le style d’écriture est léger et très bien. Ce n’est pas Jane Austen , mais ça , vous le saviez déjà. C’est un roman de filles, c’est donc du déjà vu. Mais j’ai passé de très beaux moments à sourire toute seule et à manquer rire dans l’autobus . C’est un roman Feel-good que je vous conseil 🙂

Josianee .

Les fous de Bassan – Anne Hébert

Titre: Les fous de Bassan
Auteur: 
Anne Hébert
Année: 1982
Pages: 248

Note: 8/10

Résumé: 

Un des derniers soirs de l’été 1936 deux jeunes adolescentes disparaissent sur la grève. Dans le village de Griffin Creek, face à la mer et au vent, chacun sait que cette tragédie vient de loin : de l’histoire d’un peuple soumis aux commandements de Dieu.
C’est à Faulkner sans cesse que l’on pense, un Faulkner boréal, dont le bruit et la fureur se cacheraient sous les mots.
– Mathieu Galey, l’Express

Critique 

Ouf. J’ai refermé ce livre en me disant: « il  y a de ces romans qui te font réaliser que la langue française est un instrument redoutable lorsqu’on sait la maîtriser. »

Anne Hébert, ce nom vous l’avez sûrement entendu quelque part, il est sur toutes les lèvres qui parlent de littérature québécoise le moindrement. Elle est un des piliers et une des fiertés des Québécois. Maintenant, je sais pourquoi.

J’ai de la difficulté à décrire son style, il est très lyrique, mais les défis de vocabulaire sont assez grands parfois. Elle emploie des images pas souvent évidentes, mais très belles et très exactes. Le genre d’images qui vous donne des frissons, tellement c’est bien dit. L’immense force (qui pour la plupart des lecteurs seraient considérées comme un défaut) est les descriptions. Le ratio de trame narrative versus description est de 1/2.

Il ne faut pas s’attendre à un roman d’action lorsqu’on commence Les fous de Bassan. C’est un roman qui porte sur la disparition de deux petites filles, mais leur disparition survient très tard dans le roman. La construction du récit est ingénieuse. J’ai adoré. Il est séparé en cinq partie (je crois). Chaque partie représente le point de vu d’un personnage, soit par le biais d’un journal intime ou d’une lettre. On découvre donc l’histoire sous différents points de vus, des avis intimes. Cela nous empêche de connaître tout en même temps. C’est très bien exploité.

Le récit se construit en filigrane autour de la vie personnelle de plusieurs personnages. L’arbre généalogique est un peu compliqué à saisir au début, mais bon. Bref, chapeau à la forme!

Les thèmes abordés sont plutôt tabous pour l’époque et donc audacieux. L’inceste, le viol, les crimes de guerre, la religion, le fait de désirer sexuellement des jeunes filles lorsqu’on est un homme mature… Je ne m’attendais vraiment pas à lire un récit qui pataugeait dans ces eaux. Je reconnais par contre que ces thèmes sont très bien exploités. Wow.

Ce roman ne s’adresse pas à un public général. Il faut être un lecteur prêt avant de se lancer. Il ne faut pas demander de l’action et des péripéties. Il faut être curieux de la vie personnelle. Il faut avoir un vocabulaire plutôt vaste (ou un dictionnaire). Il ne faut pas avoir de barrière morale au sujet de la religion. Il faut être ouvert sur plusieurs thèmes lourds. Il faut y plonger sans attente, sans crainte et s’abandonner au monde qu’Anne Hébert nous propose. Si vous suivez toutes ses recommandations, je crois que vous apprécierez cette lecture. Moi je garde de ce livre, le souvenir impérissable de mon souffle coupé devant le talent phénoménal d’auteure d’Anne Hébert et devant un récit si profond, surprenant, horrifiant, envoûtant.

« Et s’il m’appelait tel qu’en lui-même aujourd’hui, en quelque lieu qu’il se trouve, ne suis-je pas absente de mon nom, de ma chair et de mes os, limpide que sur la mer comme une larme ? »

« Les mots eux demeureront intacts, ne se briseront jamais, résisteront à l’émiettement des nerfs, à l’éclatement des larmes, au passage du temps. Ces mots qu’il lui a lancés ce soir, sur le seuil de la porte, à travers le grillage, sans même prendre la peine d’entrer. Autant de pierres pour la tuer dans l’obscurité. On ne peut pas dire qu’elle ait vu son visage, mais seulement sa bouche retroussée sur ses dents blanches. Son souffle rauque dans le nuit. »

« L’abîme de la mer nous contient tous, nous possède tous et nous résorbe à mesure, dans son grand mouvement sonore. »
« Rien ne bouge encore dans le ciel, qu’une vague lueur derrière les nuages épais. On pourrait croire que le jour n’aura pas lieu. Si on ne savait pas, de source certaine, à force de vivre, que tant que tournera la terre il y aura des jours succédant aux nuits et des nuits succédant aux jours. Un jour pourtant ce sera la fin du monde. Les ténèbres accumulées ne livreront plus passage au soleil. L’éclair de l’ange paraîtra à l’horizon. Ses ailes métalliques. Sa longue trompette d’argent. Et l’ange proclamera à grande voix que le temps n’est plus. »
Ps: Il y a une adaptation cinématographique, mais je ne l’ai point vue.
Pps: Ce livre est gagnant du prix Fémina (un prix qui souligne selon 30 femmes jury, le meilleur livre poétique de l’année)
Karo.

Et au pire, on se mariera – Sophie Bienvenu

Titre : Et au pire, on se mariera
Auteur: Sophie Bienvenu
Date: 2012
Nombre de pages : 152

Note: 7/10

Résumé: Centre-Sud. Entre la Sainte-Catherine, Mel et Jo, les putes travesties, et le parc jonché de seringues, Aïcha traîne son enfance cassée par son beau-père. Elle rencontre Baz et devient amoureuse. Une chose grave leur arrivera. Pour sauver sa peau, pour protéger Baz, Aïcha, forcée de s »expliquer à une travailleuse sociale, revoit son histoire et multiplie les versions des faits. Dans un monde si mal foutu, qui dit vrai et qui peut dire où se situe la réalité ? Une confrontation déchirante et drôle où l »émotion court. La langue à fleur de peau de Et au pire, on se mariera se trouve à la croisée du romanesque, du théâtre de rue et de la déposition.

Critique: Ce livre est finaliste au Prix littéraire des collégiens. Même si le titre peut laisser penser à un roman plutôt humoristique, ne vous trompez pas. (quoi qu’il y a des petites touches d’humour qui viennent enlever un peu de lourdeur à l’oeuvre, HEUREUSEMENT). Il est plutôt dramatique, frisant le psychologique.
Ce roman aborde des thèmes sensibles. La difficulté de l’enfance, la « pédophilie », la noirceur du milieu de la rue, le mensonge, principalement. Sophie Bienvenu dépeint une réalité brutale, celle de la rue pour une enfant de 13 ans. L’âge du narrateur est un élément choc dans cette histoire. Il est difficile d’accepter qu’une enfant peut faire face à un quotidien si adulte, si dure.
La narration de cette oeuvre est faite au « je ». C’est un long monologue dans lequel Aicha raconte son histoire avec Baz. L’auteur a choisi d’écrire en langage populaire, mais TRÈS populaire. Les « anyway », «genre», «fake», jonchent le récit, SANS POURTANT (c’est très important), déranger la lecture. Le tout m’a semblé très fluide. C’est un exploit.
Ce qui est étonnant et sans doute le point fort du roman, c’est que le narrateur peut nous emmenez n’importe où. Nous la suivons les yeux fermés. On a pas le choix de lui faire confiance, mais, à un certain moment, elle nous ment. Elle nous raconte des passages, mais nous sommes dans l’incertitude de la vérité du récit tout au long du roman. C’est un aspect très intéressant, le lecteur a une quête de démêler le vrai, du faux.
Bref. Je n’ai pas adoré l’histoire, ce n’est pas un coup de coeur, mais je reconnais que le travail de l’auteur est très bien fait. Ce roman mérite sa place au prix littéraire des collégiens. Je recommande ce roman aux personnes aimant les drames et étant ouverts d’esprit. Il faut une certaine ouverture pour accepter le style de l’auteur et embarquer avec elle dans cette histoire.

« Pis là, il t’arrive plein de trucs qui font que tu viens… épuisée, genre. Mais vraiment épuisée, je parle. Épuisée comme quand t’as plus du tout de vie en dedans. T’es vidée de ton sang, de ton eau, de tout ce qui fait que tu es toi. T’es tellement vide que t’as juste des organes qui restent en dedans. Ton coeur qui continue de battre rien que pour te narguer, on dirait.
Tu voudrais crever, ce serait reposant, mais non. Il continue de battre, ce salaud, pis chaque battement, ça t’épuise encore plus, c’est de la torture. Tu voudrais supplier, mais t’as personne à supplier. Tu pourrais demander à Dieu d’arrêter de te faire chier, mais ça se saurait s’il répondait aux requêtes, mettons qu’il existe, genre. »
« Il pleurait, mais des fois tu peux pleurer de colère ou de mal. Des fois tu peux être triste, mais pas pour la raison pour laquelle tu devrais être triste. »
Karo.

Le Christ obèse – Larry Tremblay

Titre: Le Christ obèse
Auteur: Larry Tremblay
Date de parution: 2012
Nombre de pages: 160

Note: 7,5/10

Résumé: Edgar est un trentenaire timide et asocial qui a toujours vécu dans l’ombre de sa mère, décédée depuis peu. Une nuit, dans un cimetière, il assiste à la violente agression d’une jeune femme que quatre cavaliers de l’Apocalypse laissent à demi morte. Edgar décide de recueillir chez lui la victime inconsciente. Il en fait le serment : il sera son sauveur.

Mais que sait véritablement le jeune homme, hanté par le souvenir de sa mère, de la personne qu’il a recueillie ? De son identité, de son passé ? Au fil des jours, une étrange relation fusionnelle s’installe entre les deux êtres, pour le meilleur et pour le pire.

Servi par une écriture nerveuse et teintée d’une singulière humanité, Le Christ obèse est un roman implacable sur les racines du Mal et de la Bonté. Une œuvre forte signée par l’un de nos dramaturges les plus étonnants, qui déploie ici une redoutable maîtrise des mécanismes du suspense.

Critique: J’ai lu ce roman dans le cadre du Prix Littéraire des Collégiens . Le titre et la couverture sont un peu étranges, je vous l’accorde, mais le roman je l’ai bien aimé. Voici pourquoi!

L’histoire principale est tissée sur une toile de fond où des questionnements fondamentaux sur la religion sont posés. La raison du sacrifice de la chair, de la douleur et  des punitions que doivent s’imposer les Chrétiens est beaucoup remise en doute. La vision de la mort comme une délivrance est aussi sujette à questionnement…

Edgar recueille chez lui, une personne violentée et il décide de devenir son sauveur. C’est le plan de départ, l’ébauche de l’histoire. En avançant dans le récit, on découvre un personnage tourmenté par l’image de sa mère, traumatisé par son enfance. La relation entre Edgar et sa mère est fascinante, c’est l’aspect du roman que j’ai trouvé le plus travaillé, le plus marquant, le plus poignant. Toute fois, la relation entre la victime et son sauveur est, elle aussi, fort intéressante! Il y a là, toute une analyse des personnages à faire, une complexité hors du commun qui suscite tout notre intérêt. Edgar est une personne fragile qui parfois se perd en lui, il ne sait plus trop qui il est, il se soumet à sa victime et prend le contrôle à d’autres temps. C’est d’une main de maître que Larry Tremblay amène le lecteur à saisir toutes les ambiguïtés de la personnalité de Edgar!

Bref, ce roman mérite sa place en tant que finaliste au Prix littéraire des collégiens. L’écriture trouble du dramaturge Larry Tremblay est totalement au service de son récit. Par endroit j’ai l’impression que l’histoire pose elle-même ses mots sur le papiers, que l’auteur ne dirige rien. Et c’est là, toute la beauté de la chose! Je recommande ce livre à un public plutôt mature, n’ayant pas le coeur fragile, prêt à réfléchir et à s’ouvrir sur des questionnements qui dépassent l’histoire de base qui prend parfois des tournures de romans policiers.

Karo

La célibataire – India Desjardins & Magalie Foutrier

 

Titre: La célibataire
Auteur: India Desjardins & Magalie Foutrier
Date: 2012
Note: 6.5/10
Résumé: « Après une énième rupture douloureuse, la Célibataire est bien décidée à ne plus se morfondre Tant pis si l’Ex est difficile à oublier, tout est prétexte à rebondir sur ses erreurs! Elle devient donc experte dans l’art de -Repérer si le mâle est libre au contenu de son sac d’épicerie, -Tirer profil de chaque situation pour montrer à son Ex qu’Elle est beaucoup mieux sans lui, -Foncer sur tous les prospects qui se présentent (sans se mettre les pieds dans les plats)… et surtout, elle refuse de devenir ce genre de fille qui passe sont temps en pyjama à manger de la crème glacée devant une comédie romantique. Mais la vie de célibataire est-elle aussi palpitante qu’elle en a l’air? Quand l’homme qui vous voit nue le plus fréquemment est votre médecin, il y a de quoi douter… Qu’à cela ne tienne, elle tente de profiter de chaque moment, tout en gardant en tête la quête de l’âme soeur! »

Critique: Premièrement, j’ai emprunter ce livre à la bibliothèque parce que je ne me voyais pas dépenser presque 30 dollars pour un livre que j’ai terminé en 30 minutes (je suis une étudiante radine). J’ai aimé le contenu de cette bande dessinée ainsi que l’idée de base. Après tout, je me suis reconnu un peu partout dans ces pages. Pourtant, un gros point négatif est justement le fait que ce soit une bande-dessiné. J’aurais pris beaucoup plus de plaisir à lire des petites chroniques plus détaillées. Le fait de changer d’histoire après 9 cases, ça ne m’a pas plus (même si je sais que c’est le but d’une bande dessiné). Je crois que vu son petit volume, il manque de surface dans une page pour bien pouvoir raconter et développer les idées qui sont, à la base, géniales. De plus, j’ai eu beaucoup plus de plaisir à regarder ma meilleure amie lire cette bande-dessiné pour ensuite l’interrompre entre les pages et rire avec elle parce que nous sommes pareilles. Bref, les idées sont excellentes, mais je n’approuve pas le format bande-dessiné.

Josianee .

Sur le seuil – Patrick Sénécal

Titre: Sur le seuil
Auteur: Patrick Sénécal
Date de parution: 2003
Nombre de pages: 363

Note: 8/10

Résumé: Il se nomme Thomas Roy. C’est l’écrivain le plus adulé du Québec. Invité régulier des talk-shows, la parution de ses romans d’horreur est toujours un évènement médiatique majeur. Or, voici qu’on le retrouve chez lui, horriblement mutilé et catatonique. Tentative de meurtre ou suicide manqué ?
Pendant que la police enquête, Roy est placé en observation dans un hôpital de Montréal. Paul Lacasse, le psychiatre qui traite l’écrivain, considère au départ le cas comme assez banal. La découverte de faits troublants l’oblige cependant à reconsidérer petit à petit son opinion.
Bientôt, ce sont toutes ses certitudes, tant personnelles que professionnelles, qui chancellent. Car, au-delà du drame de Roy, quelque chose de terrifiant se dévoile lentement, quelque chose d’inimaginable et aux conséquences monstrueuses..

Critique: Là. Là. J’ai vraiment été prise par surprise. Je ne m’attendais pas à ça en ouvrant ce bouquin. Je suis une fan de Patrick Sénécal, j’ai lu la plupart de ses romans avec fascination et grand intérêt. Le niveau d’horreur de tous ces romans est relativement très haut et je m’attendais à quelque chose de plutôt similaire en terme d’atrocité. J’ai eu tord. Patrick Sénécal surpasse, et de loin, toute l’horreur et la barbarie de ces autres oeuvres dans Sur le seuil.

Je vous le dit. Je vous avertis. Ce roman peut contenir des scènes pouvant ne pas convenir à un public de tous âge. Je déconseille fortement ce livre à ceux qui n’ont jamais lu de roman dans ce genre, vous pourriez être traumatisé et faire quelques cauchemars. Mais bon. C’est un risque à prendre, car ce livre est excellent.

Le style de Patrick Sénécal ne me déçoit jamais (enfin, presque.). Il maîtrise l’art de la littérature à suspens. Il tient le lecteur en haleine du début jusqu’à la fin, le surprenant mille et une fois à chaque page. Son vocabulaire est juste, précis et ses formulations variées. Il alterne une narration au « je » et une narration au « tu ». Ces petits chapitres sont plutôt intenses et sucsite une angoisse hors du commun. Un écrivain qui s’adresse aux lecteurs directement en employant le 2e pronom, ça surprend. (Je parle de l’écrivain, mais pour être exacte c’est le personnage que l’écrivain met en place dans son roman, qui s’adresse à nous. On se comprend.)  J’ai dévoré ce roman à une vitesse folle. Le style d’écriture est invitant à la lecture, tout s’harmonise. Il n’y a pas d’élément stylistique qui nous font perdre le fil. Tout se maintient, et c’est ce qui est effrayant.

Sur le seuil est un roman qui aborde la folie humaine, l’aliénation religieuse, le bien/le mal, la psychiatrie… Ce livre soulève une peur nouvelle en moi, la peur de devenir « folle », de ne plus être moi, de ne plus avoir le contrôle sur moi-même… Peur qui cependant, ne m’empêche pas de dormir la nuit. (du moins, pas encore.)

Bref. À déconseillé aux personnes sensibles, trop jeunes, n’ayant jamais expérimenté ce genre littéraire ou faisant facilement des cauchemars. Outre ces personnes, je le conseil fortement aux fanatiques du genre. Patrick Sénécal nous offre, encore une fois, un roman bien étoffé qui surprendra son lecteur lui faisant vivre une gamme d’émotion haute en couleur!

Ps: cependant, les romans Le Vide et Aliss du même auteur restent mes coups de coeur

« Je ne veux pas le bonheur. Juste savoir si j’ai eu raison de perdre la foi ou non. »

« Le même sourire que celui de ses photos, dans les journaux. Mais aujourd’hui, ce n’est qu’une apparence. Un réflexe de société. Une mécanique vide. Il sourit sans sourire. »

« Des preuves de l’irrationnel… Un peu contradictoire, non? »

 

Karo.

 

 

L’escapade sans retour de Sophie Parent – Mylène Gilbert-Dumas

 

Titre: L’escapade sans retour de Sophie Parent
Auteur: Mylène Gilbert-Dumas
Date: 2011
Nombre de pages: 340
Note: 9.2/10
Résumé: « Sophie Parent n’avait rien de l’aventurière. Installée depuis des années dans le confort de sa banlieue, se laissant porter par la rassurante tranquillité de son quotidien. Elle respectait l’ordre social, avait confiance en ses proches, ne mentait pas et avait pour le désordre une terrible aversion. De l’avis de plusieurs, elle surfait avec adresse sur la grande vague de la vie. C’était deux mois avant que commence sa descente aux enfers.

Superwoman, Sophie Parent l’était. Du moins jusqu’à l’aube de son quarantième anniversaire. Ce jour-là, lors d’un habituel moment de solitude, elle prend conscience qu’elle étouffe dans ses multiples rôles de mère, de conjointe, de fille, de soeur et d’enseignante. Elle réalise abruptement à quel point elle ne mène pas la vie dont elle avait rêvé. Quelques jours avant Noël, alors que tout le monde compte sur elle, Sophie s’offre un billet d’avion pour le Mexique sans le dire à personne. Son but : prendre des vacances de sa vie. Mais quand, sur les plages de Cancún, sa remise en question la mène dans les bras d’un gigolo notoire, le retour en arrière devient alors impossible. L’histoire s’ouvre par la suite sur un chassé-croisé de situations inusitées qui l’entraîne dans un voyage initiatique. Tout bascule dans la vie de Sophie Parent. »

Critique: J’ai adoré. J’avoue que je suis du genre à beaucoup aimé les livres « fleur bleue », mais ce livre est différent. Il laisse une trace. Premièrement, ce n’est pas une histoire d’amour. Le personnage principal, Sophie, ne se réveille pas à 30 ans en se disant qu’elle doit arrêter de coucher avec tout se qui bouge et que son voisin est peut-être l’homme de sa vie. Sophie se réveille à 40 ans et regarde sa vie en se disant que ce n’est pas ce qu’elle recherche. Pourtant, elle a tout ce qu’elle rêvait. Ce qui est touchant, c’est que sa situation est probablement la situation de beaucoup de femmes de cet âge: prise pour acquise et manipulée émotivement. Alors, elle part. Elle a le courage de faire ce dont beaucoup rêve, même si elle sait que sa vie ne sera plus jamais comme avant et ses relations familiales non plus. Ce roman est une suite d’aventures abracadabrantes qui n’arrivent pas à n’importe qui, mais qui restent dans le possible. Après tout, Sophie ne fait que rester ouverte aux opportunités et prendre des décisions. Irrationnelles pour certains, c’est sûr. Mais, ces expériences l’amène à se redécouvrir et nous nous prenons à nous émerveiller avec elle de son nouveau bonheur. Ce livre raconte l’histoire d’une femme pleine de courage. De courage et peut-être aussi d’urgence de vivre. Ce livre est aussi axé sur la nature. Personnellement, j’ai terminé ma lecture avec le goût d’aller m’installer à la campagne pour faire pousser mes propres légumes.

Nous ne pouvons pas lire ce livre sans nous poser des questions sur notre vie et sur nos sources de bonheur quotidiennes. La beauté de ce roman québécois réside dans son style d’écriture à la portée de tous, à sa lecture captivante mais simple et aux questions qui nous restent dans la tête plusieurs jours après l’avoir terminé.

<< Prenons un instant pour prendre conscience qu’il n’y a que trois façons de modifier la trajectoire de notre vie, pour le meilleur ou pour le pire: la crise, la chance et le choix . >>  -Sarah Ban Breathnach

Josiane .

Les carnets de Douglas – Christine Eddie

Titre: Les carnets de Douglas
Auteur: Christine Eddie
Date de parution: 2008
Note: 7.2/10
Résumé: « Le même jour, deux adolescents parviennent à fuir un destin qui les aurait emmurés. Ils se trouvent, deux ans plus tard, à Rivière-aux-Oies, un village beaucoup trop discret pour figurer sur une carte. Au coeur de la nature généreuse et sauvage, ils s’aiment, à l’abri des rugissements du vingtième siècle. Jusqu’à ce que la vie, comme d’habitude, fasse des siennes. Fondu au blanc.

Les années passent, Rivière-aux-Oies se métamorphose avec, en arrière-plan, une révolution à peine tranquille et le saccage des bétonnières. Une famille singulière s’improvise, malgré les ragots et en dépit des blessures. Dans la maison du docteur, les liens se tissent avec tendresse. Un médecin au coeur rafistolé, une institutrice au nom imprononçable et une enfant surgie des bois vont peut-être permettre à Douglas d’entendre enfin la réponse du vent. Une passion comme au cinéma, qui se déploie à l’ombre d’un arbre, d’une clarinette et de la beauté fragile du monde. »

Critique: La couverture est belle, le résumé très vague. Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre lorsque j’ai commencé la lecture de ce livre. Une page sur deux est pleine, l’histoire commence rapidement, les personnages sont à peine esquissés. Pourtant, le texte est beau et l’histoire, pleine de détails malgré la rareté des descriptions. L’auteur réussit très bien à montrer une réalité triste, une belle histoire que la vie a voulu détruire. J’ai beaucoup aimé le sens de ce livre. Les phrases qui nous ramènent à quelque chose, les petits détails qu’on sait importants. Lorsque le texte finit, tout ne s’arrête pas. L’auteur a cru bon de mettre quelques phrases sur l’avenir des personnages du roman, chose que j’ai adoré. Voir toutes les choses qui s’emboitent et qui, dans le fond, finissent bien. Voir le docteur qui n’attendait plus rien de la vie mourir en se disant qu’elle l’avait choyée, dans le fond. Par contre, un point que j’ai trouvé négatif, est le manque de profondeur dans l’histoire. Je sais que c’était probablement le but, et les 198 pages à moitiés pleines de prête pas vraiment à l’élaboration, mais je reste sur ma faim. J’ai l’impression que tout est aller trop vite, que je suis restée en surface. J’aurais aimé plonger complètement, vivre la déforestation et me désoler de l’avenir du village. Je ne me suis pas assez perdue dans se roman. Pourtant, c’est un style. C’est un livre très rapidement dévoré que je vais probablement relire pour en saisir toutes les subtilités. C’est un livre qui souligne la beauté de la nature, la fraîcheur de l’amour et la douceur de la vie.

<< – Je t’aurais aimé même si tu avais été un tremblement de terre, dit Éléna. >>

Josiane .

Il pleuvait des oiseaux – Jocelyne Saucier

Couverture Il pleuvait des oiseaux

Titre: Il pleuvait des oiseaux
Auteur: Jocelyne Saucier
Date de parution: 2011
Nombre de pages: 179

Note: 8,5/10

Résumé: Vers quelle forêt secrète se dirige la photographe partie à la recherche d’un certain Boychuck, témoin et brûlé des Grands Feux qui ont ravagé le nord de l’Ontario au début du XXe siècle? On ne le saura pas. Boychuck, Tom et Charlie, dorénavant vieux, ont choisi de se retirer du monde. Ils vivent relativement heureux et ont même préparé leur mort. De fait, Boychuck n’est plus de ce monde au moment où s’amène la photographe. Tom et Charlie ignorent que la venue de la photographe boulversera leur vie. Les deux survivants feront la rencontre d’un personnage aérien, Marie-Desneige. Elle a 82 ans, tous ses esprits, même si elle est internée depuis soixante-six ans. Elle arrivera sur les lieux comme une brise espérée alors que la photographe découvrira que Boychuck était un peintre et que son œuvre était tout entière marquée par le Grand Feu de Matheson. C’est dans ce décor que s’élabore Il pleuvait des oiseaux. Nous voici en plein cœur d’un drame historique, mais aussi pris par l’histoire d’hommes qui ont choisi la forêt. Trois êtres épris de liberté et qui ont fait un pacte avec la mort. Un superbe récit à la mesure du grand talent de Jocelyne Saucier.

Critique: C’est avec enthousiasme que j’ai entamé cette lecture! J’avais reçu de très belles critiques et ce livre avait reçu la mention d’honneur du prix littéraire des collégiens  de la 9e édition. J’ai constaté avec joie que ce roman était à la hauteur de mes espérances!

L’histoire met en place 3 personnages principaux, trois vieillards qui s’installe dans les bois pour y finirent leur vie. Ces personnages sont très colorés et très bien définis. Le mariage des personnages, tant ceux de premier plan que ceux qui ne font que passer, est superbe. Ils s’assemblent ou se contrastent. L’effet et l’impression que les personnages laissent sur le lecteur est très poignante. On s’attache vite, très vite.

Le récit proprement parlé est construit un peu pèle-mêle, on y mélange deux histoires: celle des grands feux/la vie de Boychuck et le quotidien des vieillard. MAIS, l’important c’est qu’on ne s’y mélange pas, il n’y a pas vraiment de confusion, alors la forme est intéressante. Les passages où la vie de Boychuck est racontée à la manière d’une légende sont très bien réussi. J’ai adoré!

Mais, mais, mais. Ce qui m’a fait aimer ce roman, c’est la nouveauté du point de vue montré sur la mort. Elle est décrite comme une amie. Les vieillards la fréquente, mais sans peur, sans résistance. Elle est là. Tout simplement. Le thème de la liberté est aussi très bien installé. L’impression d’être libre, de l’être vraiment est palpable.

Cette oeuvre peut être interprété à plusieurs degrés. C’est un bon divertissement, mais c’est aussi une grande réflexion sur la vie, la mort et la liberté. Faut-il vraiment sortir de toutes normes pour être enfin libre? Et, même sortie de la civilisation, ne nous imposons-nous pas des normes à nous-mêmes…? Encore une fois, ce n’est pas un roman où les péripéties abondent et il y a un peu de longueur. MAIS, Jocelyne Saucier nous fait oublier ces petits bémols avec un style très lyrique, un découpage du texte en très court chapitre et des personnages touchants. Bref, une très belle lecture!

« La souffrance quand elle s’empare de quelqu’un ne laisse place à rien d’autre. »
« L’amour impossible n’est plus possible de nos jours »
« On ne peut rien savoir d’un vieillard si on ne va pas à ses yeux, ce sont eux qui détiennent l’histoire de sa vie. »
Karo.