Océan mer – Alexandre Baricco

Critique

20140523-090258-32578000.jpg

Titre: Océan mer
Auteur: Alessandro Baricco
Année: 1998
Pages: 282

Note: 9/10

Résumé

Au bord de l’océan, à la pension Almayer, « posée sur la corniche ultime du monde », se croisent sept personnages au destin étrange et romanesque, sept naufragés de la vie qui tentent de recoller les morceaux de leur existence. Mais leur séjour est bouleversé par le souvenir d’un hallucinant naufrage d’un siècle passé et la sanglante dérive d’un radeau. Et toujours, la mer, capricieuse et fascinante…

Avec une époustouflante maîtrise, Alessandro Baricco nous offre à la fois un roman à suspense, un livre d’aventures, une méditation philosophique et un poème en prose.

Critique

Cette critique est un peu différente des précédentes. Aujourd’hui j’essayerai de vous convaincre de courir dans la librairie la plus près que vous soyez en pyjama ou à des kilomètres de brousse du centre de la ville.

Argument no. 1
L’histoire se magnifie au cours de la lecture pour arriver à être un chef-d’œuvre à la dernière page. Ce livre raconte (il ne décrit pas. Il raconte) le rapport à la mer pour le à habitants singuliers de la pension d’Almayer. Chacun apporte un point de vue différent sur l’océan. Certains tentent d’en trouve le centre, d’en marquer les limites, de guérir, de s’apaiser, de s’inspirer, de découvrir la vérité…

Argument no. 2
Une construction romanesque époustouflante divisé en trois majeure partie. Les deux premières sont focalisées sur la découverte sommaire de tous les personnages, ceci se fait évidemment par leur relation avec la mer. La troisième apporte des réponses. Elle lie les personnages, les destins étonnants. Le début peut sembler confu, mais ne vous arrêtez pas. Les clefs de la narration suivent le flot et vous lancent des bouées. Laissez vous porter par ce courant poétique.

Argument no. 3
La poésie de l’œuvre est suffisante pour convaincre les amateurs que cette œuvre est merveilleuse de la première a la dernière syllabe. Tout coule, les mots chantent et créée des images qui frappent l’esprit. Toutefois, il faut préciser que Baricco n’est pas strictement poète. Ce roman est un récit narratif avec des quêtes et des aventures. Il est entrecoupé de lettres, de poèmes, de prières modernes et autres. Ce mélange crée un résultat diversifié qui motive le lecteur à poursuivre.

Argument no. 4
La structure n’est pas la seule chose qui vous surprendra, les récits personnels de chacun sont aux limites de la réalité. Un peintre qui cherche les yeux de la mer, une petite fille qui doit s’y plonger pour guérir, un amoureux qui écrit des lettres dédiées à une femme qu’il rencontrera peut-être un jour et je ne vous dit pas tout ! Ils racontent tous ensemble les miracles comme les atrocités de la mer. Ils forment le portrait complet de ce qu’est l’océan.

Argument no. 5
Le caractère transcendant de l’œuvre devrait vous convaincre de courir à la librairie. Tout dans cette œuvre crie l’expérience infini et indescriptible de la mer: la structure valsant d’un personnage à l’autre, les réflexions sur l’infini, le caractère spirituel de cette création divine; du déluge, les horreurs des naufrages qui font remonter à la surface le pire de l’Homme.

Dans ce tableau complet de la mer, c’est en fait l’humanité qui est peinte avec toutes ces nuances. Il est impossible de ne pas y trouver son compte dans cette œuvre, car elle me semble infini, comme l’océan.

<>

Karo.

Publicités

Chercher le vent – Guillaume Vigneault .

21636-gf
Titre : Chercher le vent
Auteur : Guillaume Vigneault
Date : 2003
Pages : 268 pages
Note : 8.7/10
Résumé : La paix a son prix, et il faut parfois brûler les ponts. Il y a déjà longtemps que Jack vit sans Monica. Longtemps aussi que Jack vit sans Jack, un peu. Mais on a beau enterrer les souvenirs, l’érosion fait son travail. Chercher le vent nous entraîne sur la route, la route sans destination, simplement parce qu’il faut bouger, parce qu’il faut prêter ses voiles au hasard.

Critique :

Ce livre m’a été tout d’abord imposé pour mon cours de Français . J’étais en roche de fin de session et je me suis fait un horaire pour finir le livre en 2 jours. Je n’ai pas besoin de vous dire que je n’ai pas su l’apprécier à sa juste valeur. C’est lors de la mise en commun avec mon professeur que j’ai compris la mine de diamants littéraire que j’avais entre les mains.

Premièrement, l’histoire. Ce livre est un roman de la route, ce qui fait qu’il se passe sur la route (logique!). Le personnage est déprimé à cause d’une histoire dont il n’est pas vraiment question avec son ex et il coule à vue d’oeil, jusqu’à ce que le frère de la fille en question débarque et le force à partir en Road Trip avec lui. Au début, je me disais : Wow, le gars est vraiment déprimant . Il touche le fond , il pourrait se forcer pour remonter .

Il m’exaspérait un peu .

Ensuite , des flashbacks nous ont montré ce qui s’était passé avec son ex et j’ai compris. J’ai compris beaucoup de choses et surtout la tragédie de sa vie. J’ai donc pris un peu le personnage principal en pitié et je l’ai compris.

C’est un roman de la route , donc il y a une évolution du personnage à travers le voyage . C’est un roman très bien construit , un roman comme je les aime . Le personnage se reconstruit tranquillement , il évolue . Il décide de partir et de vivre des expériences complètement nouvelles , il réouvre des blessures et des chapitres de sa vie qui n’ont pas été réglé et il fait la paix avec tout ça . Les rencontres que Jack fait aussi sont vraiment importantes. Chaque personnage nous enseigne quelque chose et nous invite à voir la vie d’une façon différente. C’est superbe .

Maintenant , parlons du style d’écriture. Wow. Les chapitres se terminent sur des petites leçons de vie qui nous portent à réfléchir , mais sans être moralisatrices . Les phrases qui résonnent longtemps dans notre esprit, il y en a aussi beaucoup. Il y a des métaphores , des comparaisons , des analogies et des champs lexicaux délicieux . (Merci à ma professeur de français) Quand on prend le temps de bien lire, de bien comprendre et de bien saisir toutes les subtilités, on se rend compte que le texte est immensément riche.

Je vous conseil vivement ce roman . Personnellement , il est dans ma pile « à relire » .

Vous m’en redonnerez des nouvelles 🙂

Josiane .

Daphné Disparue – José-Carlos Somoza

41T46vLFnML

Titre: Daphné disparue
Auteur: José-Carlos Somoza
Année: Écrit en 2000 publié en 2008
Pages: 217

Note:  9/10

Résumé 

« Je suis tombé amoureux d’une femme inconnue » romancier à succès, Juan Gabo ne dispose que de ces quelques mots pour reconstruire son identité. Il les a couchés sur un carnet avant l’accident qui lui a coûté la mémoire. Mais l’inconnue est-elle une créature réelle ou de fiction ? De retour au « cercle littéraire », où il a dîné le soir de la tragédie, Juan Cabo y rencontre une poignée de figures équivoques puis un détective spécialisé dans les affaires littéraires, qui lui présente une « muse » vendant des postures aux écrivains en mal d’inspiration. Dans un étonnant dédoublement de la réalité, avec Les Métamorphoses d’Ovide en surimpression, les personnages finissent par trouver leur auteur et, grand instigateur de tous les stratagèmes, l’écrivain en vient à posséder un pouvoir à faire pâlir les dieux de l’Olympe. Comme dans tous les romans qui suivront Daphné disparue, J. C. Somoza excelle à brouiller les pistes, mais ici protagoniste et lecteur jouent à armes égales : ils ne disposent que du texte pour résoudre toutes les énigmes.

Critique

Ce roman a changé ma vision de la littérature et du roman. Il m’a bouleversé. Ces simples phrases devraient être suffisante pour vous convaincre de courir à la bibliothèque la plus près.

José-Carlos Somoza est un maître de la manipulation littéraire. Il fait ce qu’il veut du lecteur. Dans ce roman, il construit un monde d’écrivain où la fiction et la réalité se confrontent. Il y a des femmes qui ont le métier de Muse inspiratrice pour les auteurs, des écrivains totalement abusifs, une femme qui aime tant son personnage qu’elle est prête à mourir avec lui. Le monde littéraire est poussé à son extrême. C’est ainsi qu’on peut d’ailleurs avoir une réflexion sur l’institution littéraire, la place de l’imaginaire, l’emprise d’un éditeur, le besoin constant de nouveauté et le prix à payer pour accéder à la gloire.

Ces questions semblent peut-être peu distrayantes pour vous maintenant, mais elles ne sont pas l’histoire. Ce roman est avant tout une oeuvre policière remplie de rebondissement totalement surprenante. Je vous promet que vous ne devinerez jamais ce qui se passe dans le prochain chapitre. Le terme policier est appropriée si on l’entend comme quête de vérité et enquête pour découvrir qui est cette femme dont le personnage principal ne se souvient pas.

D’un point de vue stylistique ce qu’il y a de fascinant c’est que l’auteur interagit avec le lecteur. Il n’est pas surprenant de voir des passages comme:  » Lecteur, ici tu croiras […] « . En nous impliquant dans la lecture, Somoza peut se jouer de nous à 100%. Le traitement que l’auteur fait du faux et vrai est génial, digne d’un grand auteur. D’ailleurs Somoza est psychiatre de profession… Il sait manier l’esprit et le fait à merveille.

La plume de l’auteur est charmante, il y a plusieurs références littéraires qui font sourire, le style est léger sans toutefois être morne, humoristique en maintenant l’intrigue. Une fois ouvert, ce livre ne se referme plus avant d’avoir franchi la dernière page.

Je conseille vivement ce roman à TOUS sans exception. Ce roman peut plaire à tout le monde, car son contenu est tellement diversifié qu’il peut faire réfléchir, divertir, captiver. Je préciserai pour finir que si réfléchir au métier d’écrivain, à l’imaginaire et à l’institution littéraire, ce roman est incontournable pour vous ainsi que pour les jeunes auteurs.

Karo.

Je ne savais pas encore qu’il y en avait un, bien sûr. Un mystère que j’allais devoir affronter. L’écrivain accepte avec effort les énigmes de la réalité : nous sommes si habitués à en inventer les arcanes que nous finissons par la confondre avec l’imagination. Mais pour toi c’est tout le contraire, lecteur. Reconnais-le : tu souffres de l’anxiété bachique de l’insolite. Le simple fait que les pages futures sont un secret te pousse à avancer. Parce que tu percevais déjà depuis le début de cette chose, qui n’est pas un roman, ni une chronique royale, ni rien qui y ressemble – je trouverai bien un nom pour le définir -, ce que je ne compris que longtemps après : tout au long coule, opalin, profond, le canal du mystère.

Quelle coïncidence. Les coïncidences sont comme l’amour et la littérature, aussi absurdes et insensées. Les coïncidences sont le roman de Dieu, qui est aussi écrivain, comme tout le monde.

 La beauté, je m’en apercevais maintenant, ne peut être décrite : il faut l’inventer.

Quatre filles et un jean pour toujours – Ann Brashares

Quatre filles et un jean, tome 5 Quatre filles et un jean pour toujours de Ann Brashares

Titre: Quatre filles et un jean pour toujours (5)
Auteur: Ann Brashares
Date: 2012
Pages: 400
Note: 8.5/10
Résumé: Dix ans après le 4ème été, les 4 filles ont 30 ans et se sont éloignées les unes des autres. Carmen est actrice dans une série télé et vit à New York avec son fiancé. Lena enseigne à Rhodes Island dans une école d’art. Elle vit seule en pensant toujours à Kostos et sa carrière végète. Bee vit à San Francisco et évite de s’engager vraiment avec Eric. Les trois filles ont très peu de nouvelles de Tibby depuis qu’elle est partie vivre en Australie avec son petit ami Brian. Jusqu’au jour où celle-ci leur envoie un billet d’avion pour des retrouvailles en Grèce, dans la maison des grands-parents de Lena où elles ont tant de souvenirs. Lena, Bridget et Carmen sont très excitées de se retrouver, mais la tragédie les frappe…

Critique: Pour vous mettre en contexte, je me suis assise devant ma télévision pour écouter les deux films qui passaient en rafale hier après-midi. Dès que j’ai eu terminé, je me suis empressée de faire des recherches pour voir s’il y avait une suite en livre… Et je suis tombé sur l’ultime livre de la série, le Tome 5. Je ne suis pas fan des livres téléchargés et lu sur mon ordinateur, je dois vous l’avouer. Mais j’ai fais une exception pour celui-ci puisque je voulais le lire maintenant. Je viens présentement de tout juste le finir et je dois dire qu’il m’a laissé une très forte impression.

Premièrement, vous devez savoir que j’ai toujours voulu avoir des amies comme Bridget, Lena, Carmen et Tibby. Je ne sais pas si j’ai manqué quelque chose dans ma jeunesse ou quelque chose comme ça, mais je suis un peu la Carmen de mon groupe d’amies: La plus jeune, la plus attachée aux traditions, celle qui veut garder le plus possible le lien entre nous. Ce livre semble donc avoir été écrit pour moi et mon âme d’enfant.

Au début de ma lecture, j’ai retrouvé avec bonheur les personnages du film et ceux que j’avais laissé lors de ma lecture des premiers livres lorsque j’étais jeune. Par contre, les filles semblaient avoir vieilli, mais sans avoir avancé. Elles sont les mêmes, un peu cassées et pas vraiment à leur place. Lors de la tragédie qui les touchent, elles s’éloignent les unes des autres et vivent leur deuil à leur manière. Ce qui en ressort est positifs pour chacune d’elles et laisse le roman se terminer sur une note apaisante.

Tout au long du livre, outre une très belle et simple façon d’aborder les sentiments qui bouillonnent en nous lorsque quelqu’un qu’on aime meurt, l’auteure a su faire ressortir le sentiment que malgré les gens qui passent dans notre vie, il y a certaines personnes qui vont y rester pour toujours, peu importe ce qui se passe. L’amitié atteint son apogée dans ce dernier roman et m’a laissé avec un poid dans la poitrine.

À un certain moment, je croyais vraiment que l’épreuve était trop dure pour que leur amitié en ressorte plus forte. (Je sais que vous mourrez tous d’envie de connaître le fameux événement, mais je ne veux pas vous gâcher l’envie de lire le livre 🙂 ) Je croyais qu’elles étaient rendues trop différentes et éloignées pour qu’elles puissent sans sortir ensemble. Elles aussi semblaient le croire. Mais ce dernier roman a su me laisser ne paix avec l’idée que les trois meilleures amies que j’ai depuis la moitié du secondaire risque d’être là pour toujours. À la manière de Carmen, j’ai beaucoup douté sur la force des liens qui nous unient, mais je dois avoir confiance.

Je me suis retrouvée dans chacune des filles et j’ai vu des failles chez elles que j’observais chez mes amies. Ce livre est réel, écrit dans un style simple, mais pas simpliste. L’histoire est tellement forte et projette tellement de sentiments et d’émotions que le style d’écriture sans complications fait merveilleusement bien passer le message. Ce livre est une ode pure et simple à une amitié véritable qui peut arriver à n’importe qui, même s’il n’y a pas de jean magique.

Je vous conseille vivement ce livre. Ce n’est pas la même chose que Jane Austen ou bien Marie Laberge. C’est un livre au style lger, mais qui nous fait prendre conscience de nous-mêmes et qui laisse une forte impression longtemps après qu’on l’ait fini. C’est les livres que je préfère. Lorsque j’arrête ma lecture en lisant une phrase parce que ces quelques mots me font réfléchir et que j’ai le goût de me replonger dans cet univers pour en apprendre plus sur moi-même, j’estime que l’auteur a réussi.

<< J’ignore où la vie nous mènera. Mais je sais une chose, nous sommes prêtes à repartir. Qu’on soit ensemble ou séparées, quelle que soit la distance entre nous, nous vivons l’une en l’autre. Et nous avançons main dans la main.>>

<< Lena pouvait se convaincre d’à peu près n’importe quoi, et elle avait presque réussi à se persuader qu’elle pouvait être elle-même sans ses amies. >>

<< On pense toujours qu’on a le choix entre aller de l’avant ou faire du surplace, mais c’est faux. Tant que le cœur bat, que le sang coule dans les veines, que l’air emplit les poumons, on avance. >>

<< Heureusement qu’on ne pouvait pas éteindre l’interrupteur d’amour, en fin de compte, parce que parfois, même si l’on n’en voulait pas, c’était ce dont on avait besoin. >>

Je crois que je vais aller reprendre contact avec mes trois vieilles amies que je n’ai pas vu depuis quelques semaines…

Josianee .

Oscar et la dame rose – Eric-Emmanuel Schmitt

Titre: Oscar et la dame rose
Auteur: Eric-Emmanuel Schmitt
Année: 2002
Pages: 100

Note: 9.2/10

Résumé

Voici les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans. Elles ont été retrouvées par Marie Rose, la dame rose qui vient lui rendre visite à l’hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d’Oscar, douze jours cocasses et poétiques, douze jours pleins de personnages drôles et émouvants. Ces douze jours seront peut-être les douze derniers. Mais, grâce à Mamie Rose qui noue avec Oscar un très fort lien d’amour, ces douze jours deviendront légende.

Critique

Ce roman prend une heure à lire et deux jours à digérer, sans parler de notre vie entière qu’il affectera.

L’histoire est plutôt basique et j’avais des doutes sur le traitement. Il est très facile de tomber dans le mélodrame pathétique lorsqu’on aborde des thèmes comme la maladie et la mort. Or, connaissant un peu Eric-Emmanuel Schmitt, j’avais confiance qu’il nous présenterait un aspect différent de ces thèmes. C’est ce qu’il a fait. Une totale réussite!

J’ai entendu parler de ce livre tellement de fois que je m’étais créé des attentes démesurées. Et malgré leur hauteur, Schmitt a réussit à les frôler!

Je voulais que ce roman me surprenne. Il m’a surpris. J’étais loin de me douter que le « punch » serait écrit au verso du livre et j’étais encore plus surprise de constater qu’une oeuvre peut être surprenante, même lorsque tout est écrit d’avance. Un simple style, un simple dialogue peut captiver un lecteur à ce point. Wow. Quel travail!

Ce roman est un voyage. Les douze derniers jours d’Oscar. Le douzième jour, la douzième lettre, je savais en la lisant que c’était la dernière. Cette connaissance de la mort à la fin d’Oscar apporte une expérience de lecture différente. Le lecteur redoute la fin jusqu’à la dernière page. Je ne voulais pas la tournée, j’affirmais ma rébellion littéraire espérant que la fin change sous mes yeux. Impossible. J’ai du tournée la page.

Le roman est divisé en 12 lettres narratives qu’Oscar écrit à Dieu. Il nous fait part du récit de ses derniers jours à l’aube du nouvel an. La Dame rose l’accompagne tout au long de ce chemin. Elle égaye la vie du petit par toutes sortes de manière.

Dans ce roman, nous assistons à la naissance et l’accomplissement d’une vie entière, plutôt qu’à la déchéance de celle-ci. Vivre une vie en douze jours, c’est vivre une vie à un rythme effréné et en profiter pleinement. C’est ainsi qu’on devrait vivre…

Parsemé de passages drôles qui vous accrochent un sourire aux lèvres, ce roman porte des thèmes lourds tel que la maladie, le deuil, la mort, la théologie, l’existence de Dieu, la famille. Et tout ça en seulement 100 pages écrites en caractère 18!

Ce livre est une bourrasque de vie, d’espoir, de rires, de larmes. Je le recommande à tous sans exception. Je répète. Sans exception

« – Les questions les plus intéressantes restent des questions. Elles enveloppent un mystère. À chaque réponse, on joindre un « peut-être ». Il n’y a que les questions sans intérêt qui ont une réponse définitive. »

« – J’ai l’impression, Mamie-Rose, qu’on a inventé un autre hôpital que celui qui existe vraiment. On fait comme si on ne venait à l’hôpital que pour guérir. Alors qu’on y vient aussi pour mourir.
– Tu as raison, Oscar. Et je crois qu’on fait la même erreur pour la vie. Nous oublions que la vie est fragile, friable, éphémère. Nous faisons tous semblant d’être immortels. »

 

Karo.

À noter qu’il y a une adaptation cinématographique (que je n’ai pas vue) : Bande-Annonce et Film complet 

 

La valse lente des tortues – Katherine Pancol

Titre : La valse lente des tortues
Auteur: Katherine Pancol
Date: 2008
Pages: 747

Note: 9/10

Résumé 

Qu’un crocodile aux yeux jaunes ait ou non dévoré son mari Antoine, disparu au Kenya, Joséphine s’en moque désormais. Elle a quitté Courbevoie pour un immeuble huppé de Passy, grâce à l’argent de son best seller, celui que sa soeur Iris avait tenté de s’attribuer, payant cruellement son imposture dans une clinique pour dépressifs. Libre, toujours timide et insatisfaite, attentive cependant à la comédie cocasse, étrange et parfois hostile que lui offrent ses nouveaux voisins, Joséphine semble à la recherche de ce grand amour qui ne vient pas. Elle veille sur sa fille Zoé, adolescente attachante et tourmentée et observe les succès de son ambitieuse aînée Hortense, qui se lance à Londres dans une carrière de styliste à la mode.

Joséphine ignore tout de la violence du monde, jusqu’au jour où une série de meurtres vient détruire la sérénité bourgeoise de son quartier. Elle-même, prise pour une autre sans doute, échappe de peu à une agression. La présence de Philippe, son beau-frère, qui l’aime et la désire, peut lui faire oublier ces horreurs. Impossible d’oublier ce baiser, le soir du réveillon de Noël, qui l’a chavirée.

Autour de l’irrésistible et discrète Joséphine, gravite une fois encore tout un monde de séducteurs, de salauds, de tricheurs et autant d’êtres bons et généreux. Comme dans la vie.

Quatrième de couverture 

Ce livre est une bourrasque de vie…
Un baiser brûlant du seul qu’on ne doit pas embrasser.
Deux bras qui enlacent ou qui tuent.
Un homme inquiétant, mais si charmant.
Une femme qui tremble et espère ardemment.
Un homme qui ment si savamment.
Une femme qui croit mener la danse, mais passe son tour.
Des adolescents plus avertis que les grands…
Un homme qui joue les revenants.
Un père, là-haut dans les étoiles, qui murmure à l’oreille de sa fille…
Un chien si laid qu’on s’écarte sur son passage.
Des personnages qui avancent obstinément, comme de petites tortues entêtées qui apprendraient à danser lentement, lentement, dans un monde trop rapide, trop violent…

Critique 

Le quatrième de couverture mystérieux a su déceler mon attention dès les premiers mots. C’est donc la tête vide (ou presque) que j’ai commencé ce livre. Je n’avais pas d’attente, car j’ignorais tout de l’histoire et tout de l’auteur (presque).

Dès les premiers chapitres (non numéroté et sans titre), l’histoire m’a fascinée. Il y a tant de personnages, tant de petits univers qui se croisent, qui s’enlacent, qui se chevauchent et qui se séparent. Le monde de Joséphine est un monde où tous possède une capitale importance. Chaque détail vaut le détour dans ce roman. Il faut toutefois être très attentif lors de la lecture, ce n’est pas un de ces livres qu’on peut lire la tête en l’air en passant la moitié des pages (de toute façon vous n’aurez pas envie de passer de pages!). Il faut être concentré et plongé dans l’univers que nous propose Pancol, car il est très facile de s’y perdre! Le nombre de personnages « importants » doit s’élever à plus de vingt! Vingt personnages dont on connait la vie, leur attitude, leur point de vue et autres.

Une des forces de ce roman est d’ailleurs la multiplicité des points de vue. On a donc accès à plusieurs visions différentes, on en connait toujours plus que le personnage principal et cela rend la lecture très addictive.

C’est un détail, un chichi de princesse, mais j’ai adoré retrouver des citations de mes auteurs préférés comme Romain Gary. Ce livre fait l’étayage des connaissances littéraires et de toutes sortes de Katherine Pancol. Il nous apprend plusieurs choses sans vraiment être le but de l’oeuvre. J’ai bien aimé cela.

Puisque nous en sommes au style et à la construction du récit… L’écriture de Katherine Pancol m’a bouleversée. Elle sait décrire les événements dramatiques avec une légèreté impressionnante. Par légèreté, je veux dire  qu’elle utilise des mots, des comparaisons simplistes qui viennent rejoindre profondément le lecteur. Elle utilise le quotidien banal pour décrire un réel imaginaire extraordinaire!

Le réel que présente l’auteure est parsemé de plusieurs éléments fantastiques qui allimentent le récit et lui donne un ton particulier. Je comparerais ceci avec les contes de Fred Pellerin (peut-être un peu moins fantastique, par contre) ou à La Fiancée Américaine d’Éric Dupont! Ce genre de  « récit fantastique réel » est tout simplement superbe lorsqu’il est bien réalisé. C’est le cas ici!

De plus, Katherine Pancol construit chaque chapitre en suivant un ligne directrice particulière. Elle s’intéresse au détail de la vie. Au-delà de l’histoire, il y a un monde complet qui grouille et frétille et elle n’en fait pas omission! L’exemple parfait qui me vient en tête pour expliquer ceci est: un chapitre où Gary et Hortense ont une discussion importante sur le futur et Hortense regarde un piéton qui vient d’échapper son beignet par terre et elle le juge. La discussion est entrecoupée de passage descriptif de l’extérieur de la scène principal. Ce qui donne au lecteur une vue globale.

Cet aspect du roman m’a fait comprendre que la vie c’est exactement ça. On essaie de prendre un obstacle à la fois, d’être ordonné, mais au fond, la vie n’est que dé-concentration. Il y a toujours un million de choses qui se déroulent en permanence et nous nous prêtons à ce jeu. Nous suivons la valse emporté par le rythme effréné de la vie.

En conclusion, La valse lente des tortues s’adresse à un large public. Le roman regroupe plusieurs style: le policier, le dramatique, la comédie, le récit de voyage, la romance et j’irais même jusqu’à dire le fantastique. Je le conseil à tous. Quoique peut-être un peu trop volumineux pour les lecteurs débutants… Or, un nombre de page ne devrait jamais être un obstacle, car ce n’est pas la quantité qui repousse un lecteur, mais bien le contenu. Et ce contenu est tout simplement superbe. (oui. je suis en amour avec cette nouvelle découverte!)

« Quand on a des fleurs à offrir, on ne les donne pas la tête en bas, les tiges en l’air, sinon l’autre ne voit que les épines et se pique. Moi, je fais ça avec les sentiments, je les offre à l’envers.»

« La société, aujourd’hui, ne croit plus à l’âme. Elle ne croit plus en Dieu. Elle ne croit plus en l’Homme. Elle a aboli les majuscules, met des minuscules sur tout, engendre le désespoir et l’amertume chez les faibles, l’envie de déserter chez les autres. Impuissants et inquiets, les sages s’écartent, laissant le champ libre aux fous avides. »

« Mais le douleur, elle, ne s’émousse pas. C’est étrange d’ailleurs : l’amour s’use, mais la douleur reste vivace. Elle change de masque, mais demeure. On ne finit jamais de souffrir alors qu’on finit, un jour, d’aimer. La vie est mal faite ! »
Karo.

L’Ile des oubliés – Victoria Hislop

Titre: L’île des oubliés
Auteur: Victoria Hislop
Date: 2012
Note: 9.6/10
Résumé: »Une jeune femme en quête d’identité découvre l’incroyable histoire de sa famille : trois générations de femmes émouvantes et courageuses, au destin lié à Spinalonga, l’île des lépreux …
Alexis ignore tout du passé de sa mère. De sa famille, elle ne connaît que l’existence d’une tante, Maria, aperçue sur une vieille photo sépia. Pour en savoir plus, elle part visiter le village natal de sa mère situé en Crête. Alexis va alors faire une terrible découverte : juste en face se dresse Spinalonga, l’île où l’on envoyait les lépreux … et où un membre de sa famille aurait péri …
Quels mystères effrayants recèle cette île des oubliés ?
Quelles épreuves ont vécues Maria et les siens ?
Pourquoi la mère d’Alexis a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la bouleversante destinée de ses aieules et sur leurs sombres secrets … »

Critique: Sublime. C’est le premier mot que j’ai utilisé pour décrire ce roman lorsque je l’ai terminé. L’auteur réussit à nous faire visiter la Crète au travers de l’histoire intrigante de cette famille. Je me suis beaucoup accrochée aux personnages et j’ai vécu leurs peines et leurs joies avec eux. J’ai savouré chaque mot de cette auteur talentueuse. Chaque fois que j’ouvrais le livre, je vivais un moment magique. Ce n’est pas un livre qu’on lit entre deux cours au Cégep. Il faut s’installer confortablement et plonger. C’est ce que j’ai adoré le plus dans ce livre, cette perdition totale de nous-même. Nous vivons en Crète, nous ressentons la détresse et la joie des personnages. Je n’ai pas été capable d’aller dormir avant d’avoir totalement fini ce livre. J’ai savouré chaque mot, chaque moment, chaque émotion. J’ai été bouleversée par cette lecture, littéralement.

L’histoire n’est pas banale. Une colonie de lépreux sur une île en face d’un petit village crétois. Des familles déchirées par cette maladie, un isolement complet. Dans ce tableau peu joyeux, l’auteur a réussit à transformer la détresse en espoir, la haine en amour et la maladie en quelque chose de moins horrible.

J’ai déjà conseillé ce livre à tout mon entourage et j’aimerais que tout le monde ait la chance de le lire. Et surtout, il est clair que je vais retourner voir la libraire qui me l’a conseillé …

<< En la touchant, il lui rendait la vie, et elle faillit être submergée par l’émotion. Elle avait conscience que leurs échanges, jusque dans leurs silences, la comblaient. Elle redécouvrait la satisfaction qu’on éprouve en retrouvant une clé égarée: la sensation de paix et de plénitude après la recherche paniquée et la découverte. >>

Josianee .

L’escapade sans retour de Sophie Parent – Mylène Gilbert-Dumas

 

Titre: L’escapade sans retour de Sophie Parent
Auteur: Mylène Gilbert-Dumas
Date: 2011
Nombre de pages: 340
Note: 9.2/10
Résumé: « Sophie Parent n’avait rien de l’aventurière. Installée depuis des années dans le confort de sa banlieue, se laissant porter par la rassurante tranquillité de son quotidien. Elle respectait l’ordre social, avait confiance en ses proches, ne mentait pas et avait pour le désordre une terrible aversion. De l’avis de plusieurs, elle surfait avec adresse sur la grande vague de la vie. C’était deux mois avant que commence sa descente aux enfers.

Superwoman, Sophie Parent l’était. Du moins jusqu’à l’aube de son quarantième anniversaire. Ce jour-là, lors d’un habituel moment de solitude, elle prend conscience qu’elle étouffe dans ses multiples rôles de mère, de conjointe, de fille, de soeur et d’enseignante. Elle réalise abruptement à quel point elle ne mène pas la vie dont elle avait rêvé. Quelques jours avant Noël, alors que tout le monde compte sur elle, Sophie s’offre un billet d’avion pour le Mexique sans le dire à personne. Son but : prendre des vacances de sa vie. Mais quand, sur les plages de Cancún, sa remise en question la mène dans les bras d’un gigolo notoire, le retour en arrière devient alors impossible. L’histoire s’ouvre par la suite sur un chassé-croisé de situations inusitées qui l’entraîne dans un voyage initiatique. Tout bascule dans la vie de Sophie Parent. »

Critique: J’ai adoré. J’avoue que je suis du genre à beaucoup aimé les livres « fleur bleue », mais ce livre est différent. Il laisse une trace. Premièrement, ce n’est pas une histoire d’amour. Le personnage principal, Sophie, ne se réveille pas à 30 ans en se disant qu’elle doit arrêter de coucher avec tout se qui bouge et que son voisin est peut-être l’homme de sa vie. Sophie se réveille à 40 ans et regarde sa vie en se disant que ce n’est pas ce qu’elle recherche. Pourtant, elle a tout ce qu’elle rêvait. Ce qui est touchant, c’est que sa situation est probablement la situation de beaucoup de femmes de cet âge: prise pour acquise et manipulée émotivement. Alors, elle part. Elle a le courage de faire ce dont beaucoup rêve, même si elle sait que sa vie ne sera plus jamais comme avant et ses relations familiales non plus. Ce roman est une suite d’aventures abracadabrantes qui n’arrivent pas à n’importe qui, mais qui restent dans le possible. Après tout, Sophie ne fait que rester ouverte aux opportunités et prendre des décisions. Irrationnelles pour certains, c’est sûr. Mais, ces expériences l’amène à se redécouvrir et nous nous prenons à nous émerveiller avec elle de son nouveau bonheur. Ce livre raconte l’histoire d’une femme pleine de courage. De courage et peut-être aussi d’urgence de vivre. Ce livre est aussi axé sur la nature. Personnellement, j’ai terminé ma lecture avec le goût d’aller m’installer à la campagne pour faire pousser mes propres légumes.

Nous ne pouvons pas lire ce livre sans nous poser des questions sur notre vie et sur nos sources de bonheur quotidiennes. La beauté de ce roman québécois réside dans son style d’écriture à la portée de tous, à sa lecture captivante mais simple et aux questions qui nous restent dans la tête plusieurs jours après l’avoir terminé.

<< Prenons un instant pour prendre conscience qu’il n’y a que trois façons de modifier la trajectoire de notre vie, pour le meilleur ou pour le pire: la crise, la chance et le choix . >>  -Sarah Ban Breathnach

Josiane .

Juillet – Marie Laberge

Couverture Juillet

Titre: Juillet
Auteur: Marie Laberge
Date de parution: 1989
Nombre de pages: 224 pages

Note: 8,7/10

Résumé: Une fête familiale, intime, toute simple. Une célébration orchestrée par Simon, aidé de son fils, de sa belle-fille et un peu de son petit-fils, Julien. Une sorte d’harmonie qui craque pourtant sous l’élan irrépressible du désir. Le désir dérangeant, inopportun, sauvage. Le désir et l ‘amour de Simon. Et ce n’est pas pour sa femme, la jubilaire, qu’en ce jour de juillet Simon brûle…

Critique: Lorsque l’histoire d’un livre semble simpliste, l’auteur doit avoir un style et une présence  hors du commun pour accrocher le lecteur. Et c’est dans ces cas là, qu’on peut dire qu’une oeuvre devient un chef-d’oeuvre. C’est le cas de Juillet.

Marie Laberge est définitivement une grande femme de la littérature (j’aurais pu dire: littérature québécoise, mais non. Son talent se compare avec celui des plus grands auteurs du monde entier). Son vocabulaire est précis, sans pour autant apporter une lourdeur non-voulu au texte. Chaque phrase a été pensé et retravaillé. L’écriture de ce roman me laisse sans mot. Marie Laberge joue avec les cassures de ton. Normalement dans un roman « populaire », cela aurait été un point très négatif nous faisant perdre l’histoire de vue… mais pas dans ce cas-ci. Car, tout est pensé. Si elle change de ton et de style au court d’un paragraphe, il y a une raison. C’est dans ces subtilités de la langue que j’aime voir un auteur s’aventurer! Un texte évolue tout autant, sinon plus, par ce qui n’est pas écrit. C’est dans les silences et l’absence de détails que le texte prend tout son sens. Le lecteur a un poids énorme sur les épaules, le poids de tracer lui-même le récit et de déduire ce qui n’est pas mentionné. J’adore. Il faut une plume de maître pour réussir un tel exercice de style.

Les personnages! Ils sont tous bien ficelé  ils ne sont pas stéréotypés. Ils sont vrais! Ils sont complexes, je pense ici, au personnage du fils qui voit sa femme se détacher de lui, son mariage est en ruine, il est mal dans sa peau et il veut à tout prix l’amour de son père. Les caractéristiques de se personnage se complexifie plus le roman avance. Marie Laberge jongle avec le meilleur et le pire d’un être humain. Il n’y a pas de bons, pas de méchants. Nous sommes simplement qui nous sommes, avec nos jours noirs et nos jours gais.

L’intrigue du roman n’est pas rempli d’action, tout se passe en subtilité. C’est ce que j’ai adoré. L’action est limité, très limité, mais pourtant mon coeur battait à tout rompre, nerveux de connaître la suite, à chaque fois que je tournais la page. Un frôlement de main peut tant dire, plus qu’un baiser amoureux, plus qu’une étreinte. Un regard est 100 fois plus puissant qu’une baise. L’importance accordé à chaque petit moment de l’existence, c’est ce que l’auteure à su rendre. L’importance de chaque geste que la personne qu’on aime pose. L’impact de l’amour fou, l’amour aveugle, l’amour interdit.

Finalement, ce roman ne s’adresse pas à un public de tous âges. Pour lire se livre, il faut avoir un intérêt marqué pour les oeuvres littéraires qui font abstraction de l’action pour se concentrer sur le style. Il faut aimer voir de belles phrases et s’en délecter. Pour une pleine compréhension du roman, je conseil d’avoir lu d’autres oeuvres du même style ou du même auteure avant de se lancer. Car, dans un roman où tout est nuance, il est très facile de s’égarer et de totalement détester cette lecture, car on aura emprunter le mauvais chemin.

« Chacun ses problèmes, chacun sa joie de vivre ou sa difficulté de vivre. »

« Mais d’où sortent-ils ces gens en fer forgé capables de maîtriser le désir furieux, de tenir tête au désespoir, de contrôler haine et amour? »

« Elle ne tient pas à l’amour si c’est cette mort constante, cet affolement de tout son être, cette avidité désespérée pour une peau, une odeur, un regard et des mains, ses mains. »

« Être au coeur de sa douleur et ne plus la ressentir. Au coeur du feu sans la brûlure. »

« David reste sur le lit, déconfit, la bouche pleine d’excuses qu’il ne peut même pas dire. Il a toujours la bouche pleine de mots imprononcés. »

« La seule éternité semble bien être ce cri inépuisable, cette constante exigence d’amour qu’il croyait bien pourtant avoir étouffé au fond de lui. »

Karo.

La vie devant soi – Romain Gary

la-vie-devant-soi

Titre: La vie devant soi
Auteur: Romain Gary
Date de parution: 1975
Note: 9.5/10
Résumé: « Il devait penser que j’étais encore interdit aux mineurs et qu’il y avait des choses que je ne devais pas savoir. En ce moment, je devais avoir sept ans ou peut-être huit, je ne peux pas vous dire au juste parce que je n’ai pas été daté, comme vous allez voir quand on se connaîtra mieux, si vous trouvez que ça vaut la peine. Momo ne connaît pas son âge, mais il connaît le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » et, conformément à ce droit sacré à la dignité, Madame Rosa, ancienne prostituée reconvertie en nounou pour « enfants de putes », n’est pas obligée d’aller à l’hôpital. Il va donc tout mettre en oeuvre pour la préserver contre l’acharnement thérapeutique. Car, s’il sait que l’on peut vivre sans amour, il sait aussi reconnaître cette chose formidable quand elle se présente. Il sait que sans l’amour qu’elle lui infuse, sans l’amour qui déborde de son propre coeur, en vrac pourvu que ça sorte, la vie serait une lutte perdue d’avance pour les petits pensionnaires de la rue Bisson, à Belleville. Pour nous parler d’un monde à part où les prostituée sont « des personnes qui se défendent avec leur cul », où les enfants vendent les chiens parce qu’ils les aiment trop, où les gens ont une grandeur d’âme insoupçonnée, Momo amalgame les mots sans toujours en saisir le sens, ce qui donne lieu à des phrases souvent incorrectes, mais toujours vraies et parfois même très crues. Cette oeuvre bouleversante mais jamais larmoyante, publiée sous le nom d’Émile Ajar, a remporté le Goncourt 1975, inscrivant ainsi Romain Gary dans la légende, puisqu’il est le seul romancier à avoir décroché deux fois le prestigieux prix. –Sana Tang-Léopold Wauters  »

Critique: Wow. Est-ce que je peux juste dire ce petit mot?

L’histoire se passe à travers le point de vue du petit Momo, enfant de prostitué recueillit par la vieille Madame Rosa. Momo n’a pas plus que 14 ans (il croit n’en avoir que 10) et n’a jamais vraiment été instruit, donc le choix de ses mots montre une réalité cru et d’une grande naïveté.

<<J’ai cessé d’ignorer à l’âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque.>>

Son innocence au travers de cette vie dure et injuste nous porte à réfléchir. C’est un roman saisissant, teinté d’une touche d’humour parfois triste. On ne peut s’empêcher de s’attacher aux personnages de Momo et de Madame Rosa au travers des sujets durs traités comme l’euthanasie, la Shoah, l’immigration illégale et bien entendu la prostitution et la drogue. Momo est en quête d’identité et il ne peut accepter l’idée que Madame Rosa va mourir un jour. Il faut tout ce qu’il peut pour l’aider à « mourir dans la dignité ». Le choix des mots parfois crus est balancé par le langage imagé de Momo.

<<Moi ce qui m’a toujours paru bizarre, c’est que les larmes ont été prévues au programme. Ça veut dire qu’on a été prévu pour pleurer. Il fallait y penser. Il y a pas un constructeur qui se respecte qui aurait fait ça.>>

Je vous conseille vivement cette lecture, mais je vous avertis: ce n’est pas une lecture légère. C’est entrer dans le monde des prostitués et de ceux qui font tout pour s’en sortir. C’est faire face à une réalité qu’on n’a peut-être pas envie de voir. La vie devant soi est un de mes coups de coeur. Mais, selon les avis que j’ai pu en tirer autour de moi, il est clair que c’est un livre qu’on adore ou qu’on déteste, sans demi-mesure. Je vous invite donc à vous en faire une opinion puisque moi, après cette lecture, je n’ai plus jamais pensé la vie de la même manière.

<< Pour se piquer , il faut vraiment chercher à etre heureux et il n’y a que les rois des cons qui ont des idées pareilles . (…) Mais je tiens pas tellement à etre heureux , je préfere encore la vie . Le bonheur , c’est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre . (…) J’ai encore jamais fait de politique parceque ça profite toujours à quelqu’un , mais le bonheur , il devrait y avoir des lois pour l’empecher de faire le salaud . >>

Josianee .