Jane Eyre – Charlotte Brontë

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Titre: Jane Eyre
Auteur: Charlotte Brontë
Date: 1847
Note:  7/10
Résumé: Orpheline, Jane Eyre est recueillie à contrecoeur par une tante qui la traite durement et dont les enfants rudoient leur cousine. Placée dans un orphelinat, elle y reste jusqu’à l’âge de dix-huit ans. Elle devient alors institutrice dans une famille et tombe passionnément amoureuse du père de ses élèves. Un amour partagé, auquel elle résistera d’abord, découvrant avec horreur l’existence de la première femme de Rochester, enfermée pour folie par son mari

Critique:

Je suis une fan d’Harry Potter .

Quel est le lien? Je suis tombée sur une liste des femmes les plus fortes de la littérature, Hermione Granger en deuxième place! Lorsque j’ai vu que Jane Eyre occupait la première place, j’ai voulu savoir qui elle était.

Au début, je m’attendais à une héroïne avec un tempérament à la Élizabeth Bennet. Une femme fougueuse, ouverte et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. En commençant ma lecture, j’ai été déçue. Jane est une femme docile, douce, calme et bonne. Elle fait ce qui doit être fait. Je l’ai trouvé naïve aussi, dans sa manière d’être, mais très intelligente et avec un sens du devoir et un sens moral étonnant. Elle me semblait être le genre de filles à croire aux princes charmants.

Mais j’ai vite réalisé mon erreur. Jane fait une chose qui lui donne toute mon admiration et qui m’a fait changer d’idée sur elle: Jane quitte l’homme qu’elle aime et qui l’aime en retour. Pourquoi? Parce que la seule chose qu’il est capable de lui offrir est une vie de maîtresse, une vie de déshonneur. Elle sait qu’il est probablement l’homme qui l’aimera le plus dans toute sa vie, mais il n’est pas disponible. Lorsque Jane décide de partir malgré tout, parce qu’elle suit ses valeurs, j’ai été subjuguée. Combien de fois est-ce que l’amour a remporté des batailles contre l’estime de soi, sur nos valeurs profondes et sur le respect? Beaucoup trop souvent. Je me suis rendue compte de tout le courage et la force intérieure que Jane a. Elle mérite entièrement sa première place du palmarès des femmes inspirantes.

J’ai été un peu déçue du style d’écriture par contre. Il y a des longueurs et des bouts où j’ai décroché et où j’ai souhaité passer quelques pages. Et je n’ai pas aimé la fin. Bon… Je n’aimais pas l’homme principal, cela n’a certainement pas aidé… Et je crois que Jane est trop gentille et bonne pour mon tempérament.

Même si le livre s’étire, l’histoire est belle et pleine de sentiments. Jane est forte, brillante et elle donne une image positive de la femme. Elle est indépendante et n’hésite pas à suivre son coeur.
C’est un classique de la littérature que je suis très contente d’avoir lu!

Je puis vivre seule, si le respect de moi-même et les circonstances m’y obligent ; je ne veux pas vendre mon âme pour acheter le bonheur .

Vos commentaires sur ce livre ? 🙂

Josianee .

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Mansfield Park – Jane Austen

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Titre: Mansfield Park
Auteur: Jane Austen
Date: 1814
Pages: 680
Note: 7,3/10
Résumé: Angleterre. Portsmouth, la jeune Fanny Price, 10 ans, quitte ses parents et ses nombreux frères et soeurs car elle est prise en charge par son oncle Sir Thomas Bertram, époux fortuné de sa tante Maria. A Mansfield Park, sa nouvelle résidence, Fanny va désormais apprendre à vivre loin des siens, se familiariser avec sa nouvelle parenté : son oncle si impressionnant, sa tante Maria, si insouciante, son autre tante Norris, si méchante, et ses cousins et cousines : Tom (17 ans), Edmond (16 ans), Maria (13 ans) et Julia (12 ans). L’intégration dans ce petit monde fortuné n’a d’autre but que de l’instruire, et de lui permettre une autre vie car sa propre famille a du mal à joindre les deux bouts.
Les années passent, au cours desquelles Fanny trouve en Edmond plus qu’un frère : un confident irremplaçable.

Critique: Quatrième lecture pour moi de Jane Austen et Mansfield Park est celui qui m’a le plus déçu. Je m’attendais à ce qu’il soit excellent puisque beaucoup de gens chantent ses louanges, mais non.

Premièrement, Fanny est un héroïne à laquelle il est difficile de s’attacher. Elle est très passive et ne fait pas beaucoup d’autres choses que d’observer les gens. Il est vrai que son histoire nous amène à vouloir la protéger, qu’elle soit heureuse, mais je ne m’y suis pas accrochée comme aux autres personnages de Jane Austen. Par contre, plusieurs de ses réactions intérieures me surprenaient beaucoup et m’enchantaient, puisqu’elles étaient plus près de mon époque que tout ce que j’ai pu lire de l’auteur.

Ensuite , l’histoire est lonnnnnngue. D’habitude, Jane Austen réussit à merveille à rendre intéressant les plus petits moments de la vie quotidienne. Par contre, dans Mansfield Park, il y a des longueurs. Je me suis même demandé à un moment donné si j’allais vraiment le terminer. Mais je voulais beaucoup trop savoir comme ça se terminait pour arrêter ma lecture!

L’histoire d’amour ne prend pas beaucoup de place. En fait, le sort de Fanny se règle dans les 3 dernières pages, dans une sorte d’épilogue ou on apprend le sort de tous les personnages. La fin est inespérée et, même si c’était la fin que je souhaitais, je l’ai trouvé un peu précipitée.

Pourtant, le style d’écriture est aussi beau, aussi riche et aussi complet que dans les autres romans et c’est ce qui m’a accroché. Je voulais aussi savoir ce qui allait arriver à tous ces personnages plus ou moins sympathiques et vertueux. Les 200 dernières pages ont été un délice même si l’intrigue tire en longueur. La relation plus ou moins saine entre Mlle Crawford et Edmund dure très longtemps, toujours avec les mêmes contraintes et les mêmes interrogations, jusqu’à ce que ça se règle dans les dernières pages.

En bref, le style d’écriture était au rendez-vous et il y avait plusieurs passages très bien, ainsi que la fin. Mais j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de longueurs et peut-être aussi que l’accent n’était pas mis sur ce que je croyais important.

<< Il se sentit blessé, il ne pouvait supporter d’être rejeté par la femme dont il commandait les sourires ; il se devait de subjuguer un aussi fier ressentiment . >>

<< Nul n’oserait s’avancer à dépeindre les sentiments d’une jeune femme qui reçoit l’assurance d’un amour qu’elle avait presque perdu l’espoir d’inspirer . >>

Josianee .

Persuasion – Jane Austen

Persuasion

Titre : Persuasion
Auteur : Jane Austen
Année : 1818
Pages : 295
Note : 8,3/10
Résumé : Depuis quand une jeune fille a-t-elle besoin qu’on lui dicte sa conduite? Si elle s’est laissé persuader trop jeune de rompre ses fiançailles, Anne Eliott n’est plus dupe. Et lorsque son ancien amant réapparaît, auréolé de gloire, l’hueure n’est pas à l’indécision. Pour Anne, il est temps de faire fi des convenances et de la vanité de son entourage!

Critique : Oui, des mois maintenant sans aucune publication, nous sommes inexcusables… Bon. Le fait est que je suis entrée dans une librairie pour acheter des cadeaux de Noël et j’en suis ressortie avec 4 livres pour moi, en plus des achats pour ma famille. Vous savez maintenant pourquoi j’évite les magasins de livres… Je me suis donc remise à la lecture, petit plaisir que j’avais écarté doucement pendant ma session de Cégep (honte à moi).

Je sais ce que vous vous dites: Un autre livre de Jane Austen! Je sais, je disais que je ne me sentais pas à la hauteur de faire une critique sur un livre qui avait traversé les siècles. Bon. Disons que j’ai changé d’idée. Pas que je me sens à la hauteur de cette critique, plutôt qu’étant donné que c’est le troisième livre de l’auteur que je lis, je crois que je vais débuté par une comparaison des oeuvres.

Persuasion… Je l’ai moins aimé que Orgueil et Préjugés et que Raison et Sentiments, mais il reste un un genre de livre que je ne me lasserai pas de lire. Jane Austen sait manier la dérision, l’ironie, les personnages forts et les sentiments avec une adresse peut égalée. Il est vrai que ses livres se ressemble et que certains trouvent des longueurs dans ses textes. J’ai éprouvé moi aussi ce sentiment lors de ma lecture à un moment donné. Ce livre était plus prévisible que les autres. Anne devra choisir entre deux prétendants et on croise les doigts pour qu’elle choisisse le beau capitaine Wentworth. Anne est très sage et est consciente de la réalité de la vie. Elle est généreuse et semble être capable de faire face à toutes les situations. Elle est humble, intelligente, vive d’esprit, même si elle est peut-être trop timide. Même si je l’ai bien aimé, je ne me suis pas aussi accrochée à son personnage qu’à celui de Lizzie ou d’Elinor. Bon, je suis peut-être un peu jalouse de la voir aussi parfaite, je l’avoue. Son âge (27 ans) aussi m’a surpris au début du roman, mais je l’ai un peu oublié par la suite.

J’ai beaucoup aimé le jeu de chat et de souris que contient le roman. Au début, on se demande vraiment comment le livre va se terminer et j’avoue que j’ai trouvé quelques rebondissements un peu tirés par les cheveux. Disons que le destin a bien fait son oeuvre ici. J’ai adoré les moments où Anne observe et cherche dans le visage du Capitaine des signes qui pourraient lui dire s’il l’aime bien ou non. Elle ressemble bien à une adolescente qui rougit lorsqu’elle est en compagnie du garçon qui fait battre son coeur ou bien qui capote un peu parce qu’il lui a envoyé un sourire. J’ai aimé détester Louise, même si ce n’est pas vraiment de sa faute, et j’ai été pleine de compassion pour la souffrance d’Anne.

Les personnages secondaires aussi m’ont beaucoup plus, que ce soit par leur caractère un peu détestable ou par leur amitié pour Anne, ou encore parce qu’ils sont tellement heureux en amour.

Malgré tout, Persuasion reste un roman merveilleusement bien écrit avec peut-être un peu plus de propros durs contre les personnages autour d’Anne, ce qui fait sourire. La façon dont cet auteur est capable de nous transporter dans le monde du début du 19e siècle est renversant. En fermant ce livre, je me suis tournée vers ma colocataire et je lui ai dis: Ça prouve que des idiotes, il y en a toujours eux, des opportunistes aussi et que des salauds, ça existe depuis la nuit des temps. Mais bon, la personne qui a le plus de bon sens et de bonnes valeurs finie avec le beau gars à la fin. » Comme quoi, plus ça change et plus c’est pareil!

… Petite mention à la plus belle lettre d’amour lue depuis longtemps …

<< Elle l’avait abandonné pour obliger autrui. Cela avait été l’effet d’un excès de persuasion. C’était un signe de faiblesse et de timidité. >>

<< Trouble, souffrance, plaisir, ses sentiments la faisaient passer du délice au tourment . >>

Josianee .

Raison et sentiments – Jane Austen

Titre: Raison et Sentiments
Auteur: Jane Austen
Date: 1811 (beaucoup de nouvelles éditions existent)
Note: 8.4/10

Résumé:

Injustement privées de leur héritage, Elinor et Marianne Dashwood sont contraintes de quitter le Sussex pour le Devonshire, où elles sont rapidement acceptées par la bourgoisie locale étriquée et à l’hypocrisie feutrée.

L’aînée, Elinor a dû renoncer à un amour qui semblait partagé, tandis que Marianne s’éprend bien vite du séduisant Willoughby. Si Elinor, qui représente la raison, dissimule ses peines de coeur, sa cadette étale son bonheur au grand jour, incapable de masquer ses sentiments. Jusqu’au jour où Willoughby disparaît…

Critique:

Bonjour!

J’ai beaucoup hésité avant de faire une critique de ce livre, pour plusieurs raisons. Premièrement, je ne me sentais pas vraiment à la hauteur pour critiquer un livre qui continue d’être publié depuis 1811. Ensuite, j’ai adoré ce livre sans pouvoir vraiment mettre de mots sur les raisons. Ma co-webmiss, Karole-Anne, m’a finalement convaincu de me lancer, vous me direz ce que vous en pensez!

Bon. Premièrement, j’ai adoré ce livre. J’aurais dû naître dans ces années, je n’arrête pas de le dire! Je me suis retrouvée dans les personnages, malgré le décalage des années. Parfois quelques peu stéréotypées, Marianne et Élinor m’ont fait sourire parce que je me suis retrouvée dans les faiblesses de l’une et dans les forces de l’autre. J’adore aussi beaucoup le style d’écriture, un style relativement facile à lire et qui démontre beaucoup d’humour dans les propos.

J’ai été agréablement (je crois) surprise en me rendant compte que ce que ces jeunes personnes vivaient en 1811 étaient encore d’actualité aujourd’hui. Les premiers amours, les premières peines, la passion, les sentiments, le romantisme… La seule chose qui change est bien entendu la façon dont les jeunes filles sont courtisées… J’aurais dû naître dans ces années, je le répète.

Les dialogues m’ont fait rêvés. Je me suis même mises à écrire des lettres au lieu d’écrire sur Facebook, juste pour vous dire! Jane Austen a su mettre beaucoup d’humour et de caractère dans les dialogues et dans les personnages.

Je ne sais pas vraiment quoi dire sur l’histoire. Je me suis rendu compte, à la fin, que même si j’avais été captivée depuis le début, il ne se passait pas beaucoup de péripéties, et je crois que ce fait prouve le grand talent de Jane Austen. Écrire un roman sur la vie de deux jeunes filles adolescentes sans tomber dans la guimauve ou bien la redondance, c’est un exploit! Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et, je dois l’avouer, j’ai adoré la fin (oui, je suis adepte des belles fins, c’est dans mon caractère romanesque).

Je vous conseil ce roman et j’espère que ma critique est à sa hauteur!

« Je me suis souvent surprise moi-même à faire ce genre d’erreur, dit Elinor, à me méprendre sur quelque aspect d’un caractère; on s’imagine que les gens sont plus gais ou plus graves, plus ingénieux, plus stupides qu’ils ne le sont en réalité, et il est difficile de dire comment et en quoi l’erreur a pris naissance. Parfois, on se fonde sur ce qu’ils disent eux-même et, plus fréquemment, sur ce qu’en disent les autres, sans se donner à soi-même le loisir de réfléchir et de juger. »

 

Josianee .

Le liseur – Bernhard Schlink

Titre : Le liseur
Auteur: Bernhard Schlink
Date: 1999
Nombre de pages: 242

Résumé: À quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d’une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l’un de leurs rites consiste à ce qu’il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain.
Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de ses études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l’insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais.
Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : «Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération (…) que j’aurais moins bien su camoufler que les autres ?»

Critique:  J’appel chef-d’oeuvre un roman qui réussit à dépasser son histoire, un roman qui vient décrocher en nous une petite partie de notre coeur, une partie qu’on ne retrouvera plus. Le liseur est partie avec ce petit bout de moi et c’est en fermant le roman que je m’en suis rendu compte.

L’histoire se divise en trois temps, premièrement, la rencontre avec Hanna et le début de leur histoire d’amour. Le portrait de leur relation qui nous est livré est un des plus sincères, des plus beaux que j’ai vue. Le rapport d’opposition entre l’âge, l’expérience, la naiveté est tout simplement magnifique. La lecture qui les unit, leur inter-dépendance chacun à l’autre. Wow.  L’écriture naïve  nostalgique du narrateur vient donner une véracité encore plus poignante au récit.

La deuxième partie est le point tournant de l’histoire. Hanna part sans avertir et Michael la revoit seulement 7 ans plus tard, lors du procès de celle-ci. Dans cette partie, on voit la nécessité et l’attachement qu’aura toujours Michael envers Hanna peu importe ce qu’elle a pu faire. *Je ne veux pas gâcher des punchs*. Bref, la troisième partie boucle la boucle sur leur histoire.

Donc, ce roman se surpasse lui-même. Cette histoire est une ouverture sur nous-même, sur les choix que nous prenons, sur les motifs qui nous poussent à agir, sur la culpabilité, sur le silence, l’éducation, la place de l’opinion publique. Ce roman m’a permis de me remettre en question et c’est un critère que je juge presque capital dans une oeuvre.

Je le recommande à un public sensiblement très général, car l’histoire est excellente et chacun peut en ressortir ce dont il a besoin. Schlink a atteint l’universelle faisant du Liseur, un chef d’oeuvre.

À noter que l’adaptation cinématographique de cette oeuvre est excellente (c’est rare un film qui reflète aussi bien un roman)
La bande-annonce ici:  Le Liseur 

«Je songeai que quand on a laissé passé le bon moment, quand on a trop longtemps refusé quelque chose, ou que quelque chose vous a trop longtemps été refusé, cela vient trop tard, même lorsqu’on l’affronte avec force et qu’on reçoit avec joie. »

« Elle combattait depuis toujours, non pour montrer ce dont elle était capable, mais pour dissimuler ce dont elle était incapable. C’était une vie dont les élans consistaient à battre vigoureusement en retraite, et les victoires à encaisser de secrètes défaites.»

«Mais on était heureux ! Parfois le souvenir n’est déjà plus fidèle au bonheur quand la fin fut douloureuse. Parce que le bonheur n’est pas vrai s’il ne dure pas éternellement ? Parce que ne peut finir douloureusement que ce qui était douloureux, inconsciemment et sans qu’on le sût ? »

 

Karo.

La vie devant soi – Romain Gary

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Titre: La vie devant soi
Auteur: Romain Gary
Date de parution: 1975
Note: 9.5/10
Résumé: « Il devait penser que j’étais encore interdit aux mineurs et qu’il y avait des choses que je ne devais pas savoir. En ce moment, je devais avoir sept ans ou peut-être huit, je ne peux pas vous dire au juste parce que je n’ai pas été daté, comme vous allez voir quand on se connaîtra mieux, si vous trouvez que ça vaut la peine. Momo ne connaît pas son âge, mais il connaît le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » et, conformément à ce droit sacré à la dignité, Madame Rosa, ancienne prostituée reconvertie en nounou pour « enfants de putes », n’est pas obligée d’aller à l’hôpital. Il va donc tout mettre en oeuvre pour la préserver contre l’acharnement thérapeutique. Car, s’il sait que l’on peut vivre sans amour, il sait aussi reconnaître cette chose formidable quand elle se présente. Il sait que sans l’amour qu’elle lui infuse, sans l’amour qui déborde de son propre coeur, en vrac pourvu que ça sorte, la vie serait une lutte perdue d’avance pour les petits pensionnaires de la rue Bisson, à Belleville. Pour nous parler d’un monde à part où les prostituée sont « des personnes qui se défendent avec leur cul », où les enfants vendent les chiens parce qu’ils les aiment trop, où les gens ont une grandeur d’âme insoupçonnée, Momo amalgame les mots sans toujours en saisir le sens, ce qui donne lieu à des phrases souvent incorrectes, mais toujours vraies et parfois même très crues. Cette oeuvre bouleversante mais jamais larmoyante, publiée sous le nom d’Émile Ajar, a remporté le Goncourt 1975, inscrivant ainsi Romain Gary dans la légende, puisqu’il est le seul romancier à avoir décroché deux fois le prestigieux prix. –Sana Tang-Léopold Wauters  »

Critique: Wow. Est-ce que je peux juste dire ce petit mot?

L’histoire se passe à travers le point de vue du petit Momo, enfant de prostitué recueillit par la vieille Madame Rosa. Momo n’a pas plus que 14 ans (il croit n’en avoir que 10) et n’a jamais vraiment été instruit, donc le choix de ses mots montre une réalité cru et d’une grande naïveté.

<<J’ai cessé d’ignorer à l’âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque.>>

Son innocence au travers de cette vie dure et injuste nous porte à réfléchir. C’est un roman saisissant, teinté d’une touche d’humour parfois triste. On ne peut s’empêcher de s’attacher aux personnages de Momo et de Madame Rosa au travers des sujets durs traités comme l’euthanasie, la Shoah, l’immigration illégale et bien entendu la prostitution et la drogue. Momo est en quête d’identité et il ne peut accepter l’idée que Madame Rosa va mourir un jour. Il faut tout ce qu’il peut pour l’aider à « mourir dans la dignité ». Le choix des mots parfois crus est balancé par le langage imagé de Momo.

<<Moi ce qui m’a toujours paru bizarre, c’est que les larmes ont été prévues au programme. Ça veut dire qu’on a été prévu pour pleurer. Il fallait y penser. Il y a pas un constructeur qui se respecte qui aurait fait ça.>>

Je vous conseille vivement cette lecture, mais je vous avertis: ce n’est pas une lecture légère. C’est entrer dans le monde des prostitués et de ceux qui font tout pour s’en sortir. C’est faire face à une réalité qu’on n’a peut-être pas envie de voir. La vie devant soi est un de mes coups de coeur. Mais, selon les avis que j’ai pu en tirer autour de moi, il est clair que c’est un livre qu’on adore ou qu’on déteste, sans demi-mesure. Je vous invite donc à vous en faire une opinion puisque moi, après cette lecture, je n’ai plus jamais pensé la vie de la même manière.

<< Pour se piquer , il faut vraiment chercher à etre heureux et il n’y a que les rois des cons qui ont des idées pareilles . (…) Mais je tiens pas tellement à etre heureux , je préfere encore la vie . Le bonheur , c’est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre . (…) J’ai encore jamais fait de politique parceque ça profite toujours à quelqu’un , mais le bonheur , il devrait y avoir des lois pour l’empecher de faire le salaud . >>

Josianee .

Si c’est un homme – Primo Levi

Titre: Si c’est un homme
Auteur: Primo Levi
Date de parution: 1988
Nombre de pages: 213

Note: 9/10

Résumé: Ce livre est sans conteste l’un des témoignages les plus bouleversants sur l’expérience indicible des camps d’extermination. Primo Levi y décrit la folie meurtrière du nazisme qui culmine dans la négation de l’appartenance des juifs à l’humanité. Le passage où l’auteur décrit le regard de ce dignitaire nazi qui lui parle sans le voir, comme s’il était transparent et n’existait pas en tant qu’homme, figure parmi les pages qui font le mieux comprendre que l’holocauste a d’abord été une négation de l’humain en l’autre. Si rien ne prédisposait l’ingénieur chimiste qu’était Primo Levi à écrire, son témoignage est pourtant devenu un livre qu’il importe à chaque membre de l’espèce humaine d’avoir lu pour que la nuit et le brouillard de l’oubli ne recouvrent pas à tout jamais le souvenir de l’innommable, pour que jamais plus la question de savoir « si c’est un homme » ne se pose. De ce devoir de mémoire, l’auteur s’est acquitté avant de mettre fin à ses jours, tant il semble difficile de vivre hanté par les fantômes de ces corps martyrisés et de ces voix étouffées. – Paul Klein

Critique: Ce roman est une oeuvre déroutante. Les pages sont criantes d’une souffrance humaine qui dépasse les hommes. La violence et la brutalité montrés dans cette oeuvre est lancé sauvagement à la face du lecteur. Sous la forme d’un journal intime, l’auteur raconte son passage dans les cas Nazis pendant la deuxième guerre mondiale. Il confesse ses réflexions sur la nature de l’homme, sur l’horreur de l’oublie de la part humaine en l’homme pour faire place à l’animal, à la brutalité, à la folie meurtrière dont l’Allemagne fut submergé. Ce constat de l’être est au coeur du roman.

Le récit est époustouflant et miraculeux, à combien de reprises j’ai étouffer un sanglot devant la souffrance décrite, devant la mort injuste, devant l’apogée de la violence que l’homme atteint. C’est avec la peur au ventre et les larmes aux yeux que la lecture se fait. Une part de soi refuse de croire que ceci s’est passé, que les hommes ont pu être aussi cruel, mais au bout du compte, on ne peut plus nié. L’oeuvre de Primo Levi nous prend à la george, elle nous lance au visage une humanité que nous ne voulons pas voir, une brutalité que nous ne voulons pas assumer, la misère du monde est dure à voir et dure à lire.

Mais, ce roman en vaut la peine. Il nous secoue, mais c’est parfois ce que l’on a le plus de besoin. On a besoin de voir la vérité en face pour pouvoir se questionner, réfléchir et empêcher d’arriver encore à un point si extrême. Bref, ce livre est loin d’être une lecture légère du dimanche après-midi, mais je recommande cette oeuvre à tous à condition d’être prêt à embarquer dans la vie de l’auteur et d’être prêt à voir, les yeux ouverts.

« Telle sera notre vie. Chaque jour, selon le rythme établi, Ausrücken et Einrücken, sortir et rentrer, dormir et manger; tomber malade, guérir ou mourir. »

« Nous découvrons tôt ou tard dans la vie que le bonheur parfait n’existe pas, mais bien peu sont ceux qui s’arrêtent à cette considération inverse qu’il n’y a pas non plus de malheur absolu. »

« Savez-vous comment on dit « jamais » dans le langage du camp? « Morgen früh », demain matin.»

«Le sentiment de notre existence dépend pour une bonne part du regard que les autres portent sur nous : aussi peut-on qualifier de non humaine l’expérience de qui a vécu des jours où l’homme a été un objet aux yeux de l’homme.»

Karo