Butter mis en scène par Joelle Bond

Voici notre première critique d’une pièce de théâtre et… QUELLE PIÈCE !

Tout d’abord, il faut savoir que Butter est un film de 2011 qui a été adapté par Joelle Bond pour en faire une pièce. J’en profite pour souligner le travail magistrale de cette femme. L’an dernier j’ai assisté à une de ses pièces au Cégep de Sainte-Foy : Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges de Michel Tremblay. C’était succulent. J’avais donc de grandes attentes qui ont été pleinement satisfaites.

Résumé 

L’ambitieuse mère de famille Laura Pickler menait jusqu’à présent une vie parfaite à l’image de ses convictions politiques conservatrices : mariée à un champion de sculpture sur beurre, elle est sous les feux des projecteurs. Mais voilà que son mari décide de mettre un terme à sa carrière, la poussant à participer elle-même à un tournoi de cette discipline originale. Deux adversaires coriaces s’opposent à elle : la maîtresse de son mari et une fille de 10 ans très douée. Avec l’aide de son ancien amour de lycée, elle va tout faire pour se hisser à la première place du podium…

Critique

Puisque le texte a été totalement travaillé par la metteur en scène, il est très actuel et pourvu d’un humour qui s’adapte totalement a un public de 15 à 30 ans. Certaines blagues noires ou absurdes semblent réservées à une certaine tranche d’âge, mais la pièce n’est aucunement restrictive. Elle peut définitivement plaire à tous. Le texte est fluide et s’accorde parfaitement à la mise en scène. Il n’y a aucune ambiguité et les mots collent bien dans la bouches des acteurs. Cette fluidité tant dans le texte que dans la présentation ne laisse aucun temps morts. À AUCUN moment je n’ai regardé ma montre ! (D’ailleurs la pièce n’est pas tellement longue (1h10-20))

Le décors divise la scène en trois parties: la chambre de la petite fille de 10 ans qui participe au concours de beurre, le salon des Pickler et le milieu qui sert à la fois de cuisine et de salle de concours. Dans les airs rayonnent 50 étoiles qui font référence au drapeau américain. Mention spéciale aux jeux de lumières ! (Wow quel beau travail ! ).  L’espace est très bien utilisé. Le mur du fond est muni d’une dizaine de fenêtres qui s’ouvrent à quelques moments dans la pièce pour créer différents lieux. D’ailleurs les changements de décors sont très rythmés et énergiques puisque les personnages dansent sur scène sur des airs très connus. Ces scènes sont aux limites de l’absurde: fou rire garantis.

De plus, la musique est partie prenante de cette pièce. Chaque instant musical augmente l’absurdité de la situation (un concours de sculpture de beurre étant déjà TRÈS absurde). On assiste donc à une performance dans un bar karaoké, une scène aléatoire tout droit sortie de l’émission populaire Deal or no deal, une prestation pour amadouer les juges du concours et quelques moments de folies et d’intensité à son apogée !

Finalement, je parle peu du jeu des acteurs, car il me semble irréprochable. Plusieurs heures, semaines et mois ont été investis dans cette présentation et cela parait. Le jeu de Geneviève Boiteau dans le rôle de Brooke (une prostituée), de Mathilde Jalbert dans le rôle de Nancy, la présentatrice du concours, et le jeu de Florence Reid dans le rôle d’une habitante qui participe également au concours sont dans les extrêmes du dynamisme. Les actrices se sont livrées totalement sur scène. Un immense bravo pour leur abandon qui était frappant. Les personnages de Bob, sa femme et sa fille ont très bien réussit à rendre l’univers tendu d’un couple en désaccord majeur. C’était très crédible autant que l’univers des deux parents blancs qui adoptent la petite mexicaine prodige dans la sculpture du beurre. Chacun à leur manière, les acteurs ont transporté la pièce vers ce gros : WOW !

Bref, en quittant la pièce, je n’ai pu décroché l’immense sourire que j’avais sur ma mâchoire et je n’étais pas la seule ! Merci à tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la pièce ! Vous m’avez fait passé une très belle soirée!

Chercher le vent – Guillaume Vigneault .

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Titre : Chercher le vent
Auteur : Guillaume Vigneault
Date : 2003
Pages : 268 pages
Note : 8.7/10
Résumé : La paix a son prix, et il faut parfois brûler les ponts. Il y a déjà longtemps que Jack vit sans Monica. Longtemps aussi que Jack vit sans Jack, un peu. Mais on a beau enterrer les souvenirs, l’érosion fait son travail. Chercher le vent nous entraîne sur la route, la route sans destination, simplement parce qu’il faut bouger, parce qu’il faut prêter ses voiles au hasard.

Critique :

Ce livre m’a été tout d’abord imposé pour mon cours de Français . J’étais en roche de fin de session et je me suis fait un horaire pour finir le livre en 2 jours. Je n’ai pas besoin de vous dire que je n’ai pas su l’apprécier à sa juste valeur. C’est lors de la mise en commun avec mon professeur que j’ai compris la mine de diamants littéraire que j’avais entre les mains.

Premièrement, l’histoire. Ce livre est un roman de la route, ce qui fait qu’il se passe sur la route (logique!). Le personnage est déprimé à cause d’une histoire dont il n’est pas vraiment question avec son ex et il coule à vue d’oeil, jusqu’à ce que le frère de la fille en question débarque et le force à partir en Road Trip avec lui. Au début, je me disais : Wow, le gars est vraiment déprimant . Il touche le fond , il pourrait se forcer pour remonter .

Il m’exaspérait un peu .

Ensuite , des flashbacks nous ont montré ce qui s’était passé avec son ex et j’ai compris. J’ai compris beaucoup de choses et surtout la tragédie de sa vie. J’ai donc pris un peu le personnage principal en pitié et je l’ai compris.

C’est un roman de la route , donc il y a une évolution du personnage à travers le voyage . C’est un roman très bien construit , un roman comme je les aime . Le personnage se reconstruit tranquillement , il évolue . Il décide de partir et de vivre des expériences complètement nouvelles , il réouvre des blessures et des chapitres de sa vie qui n’ont pas été réglé et il fait la paix avec tout ça . Les rencontres que Jack fait aussi sont vraiment importantes. Chaque personnage nous enseigne quelque chose et nous invite à voir la vie d’une façon différente. C’est superbe .

Maintenant , parlons du style d’écriture. Wow. Les chapitres se terminent sur des petites leçons de vie qui nous portent à réfléchir , mais sans être moralisatrices . Les phrases qui résonnent longtemps dans notre esprit, il y en a aussi beaucoup. Il y a des métaphores , des comparaisons , des analogies et des champs lexicaux délicieux . (Merci à ma professeur de français) Quand on prend le temps de bien lire, de bien comprendre et de bien saisir toutes les subtilités, on se rend compte que le texte est immensément riche.

Je vous conseil vivement ce roman . Personnellement , il est dans ma pile « à relire » .

Vous m’en redonnerez des nouvelles 🙂

Josiane .

Jane Eyre – Charlotte Brontë

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Titre: Jane Eyre
Auteur: Charlotte Brontë
Date: 1847
Note:  7/10
Résumé: Orpheline, Jane Eyre est recueillie à contrecoeur par une tante qui la traite durement et dont les enfants rudoient leur cousine. Placée dans un orphelinat, elle y reste jusqu’à l’âge de dix-huit ans. Elle devient alors institutrice dans une famille et tombe passionnément amoureuse du père de ses élèves. Un amour partagé, auquel elle résistera d’abord, découvrant avec horreur l’existence de la première femme de Rochester, enfermée pour folie par son mari

Critique:

Je suis une fan d’Harry Potter .

Quel est le lien? Je suis tombée sur une liste des femmes les plus fortes de la littérature, Hermione Granger en deuxième place! Lorsque j’ai vu que Jane Eyre occupait la première place, j’ai voulu savoir qui elle était.

Au début, je m’attendais à une héroïne avec un tempérament à la Élizabeth Bennet. Une femme fougueuse, ouverte et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. En commençant ma lecture, j’ai été déçue. Jane est une femme docile, douce, calme et bonne. Elle fait ce qui doit être fait. Je l’ai trouvé naïve aussi, dans sa manière d’être, mais très intelligente et avec un sens du devoir et un sens moral étonnant. Elle me semblait être le genre de filles à croire aux princes charmants.

Mais j’ai vite réalisé mon erreur. Jane fait une chose qui lui donne toute mon admiration et qui m’a fait changer d’idée sur elle: Jane quitte l’homme qu’elle aime et qui l’aime en retour. Pourquoi? Parce que la seule chose qu’il est capable de lui offrir est une vie de maîtresse, une vie de déshonneur. Elle sait qu’il est probablement l’homme qui l’aimera le plus dans toute sa vie, mais il n’est pas disponible. Lorsque Jane décide de partir malgré tout, parce qu’elle suit ses valeurs, j’ai été subjuguée. Combien de fois est-ce que l’amour a remporté des batailles contre l’estime de soi, sur nos valeurs profondes et sur le respect? Beaucoup trop souvent. Je me suis rendue compte de tout le courage et la force intérieure que Jane a. Elle mérite entièrement sa première place du palmarès des femmes inspirantes.

J’ai été un peu déçue du style d’écriture par contre. Il y a des longueurs et des bouts où j’ai décroché et où j’ai souhaité passer quelques pages. Et je n’ai pas aimé la fin. Bon… Je n’aimais pas l’homme principal, cela n’a certainement pas aidé… Et je crois que Jane est trop gentille et bonne pour mon tempérament.

Même si le livre s’étire, l’histoire est belle et pleine de sentiments. Jane est forte, brillante et elle donne une image positive de la femme. Elle est indépendante et n’hésite pas à suivre son coeur.
C’est un classique de la littérature que je suis très contente d’avoir lu!

Je puis vivre seule, si le respect de moi-même et les circonstances m’y obligent ; je ne veux pas vendre mon âme pour acheter le bonheur .

Vos commentaires sur ce livre ? 🙂

Josianee .

Dix héroïnes les plus fortes .

Intrigant, n’est-ce pas?

C’est une liste ,très discutable et certainement incomplète, des dix héroïnes ayant marqué la littérature positivement. Je dis très discutable et incomplète à cause des commentaires que j’ai pu lire sur l’article: Il est certain que nous avons tous notre propre « liste ». Nous avons tous été marqués par des héroïnes différentes et de façons uniques. Et il est certain que seulement dix femmes, c’est très peu pour représenter la littérature au complet.

Je vous laisse avec la liste pour que vous puissiez juger par vous-même!
Dites-nous s’il y a des héroïnes que vous auriez aimé voir dans le palmarès 🙂

La voici!

Josianee .

Daphné Disparue – José-Carlos Somoza

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Titre: Daphné disparue
Auteur: José-Carlos Somoza
Année: Écrit en 2000 publié en 2008
Pages: 217

Note:  9/10

Résumé 

« Je suis tombé amoureux d’une femme inconnue » romancier à succès, Juan Gabo ne dispose que de ces quelques mots pour reconstruire son identité. Il les a couchés sur un carnet avant l’accident qui lui a coûté la mémoire. Mais l’inconnue est-elle une créature réelle ou de fiction ? De retour au « cercle littéraire », où il a dîné le soir de la tragédie, Juan Cabo y rencontre une poignée de figures équivoques puis un détective spécialisé dans les affaires littéraires, qui lui présente une « muse » vendant des postures aux écrivains en mal d’inspiration. Dans un étonnant dédoublement de la réalité, avec Les Métamorphoses d’Ovide en surimpression, les personnages finissent par trouver leur auteur et, grand instigateur de tous les stratagèmes, l’écrivain en vient à posséder un pouvoir à faire pâlir les dieux de l’Olympe. Comme dans tous les romans qui suivront Daphné disparue, J. C. Somoza excelle à brouiller les pistes, mais ici protagoniste et lecteur jouent à armes égales : ils ne disposent que du texte pour résoudre toutes les énigmes.

Critique

Ce roman a changé ma vision de la littérature et du roman. Il m’a bouleversé. Ces simples phrases devraient être suffisante pour vous convaincre de courir à la bibliothèque la plus près.

José-Carlos Somoza est un maître de la manipulation littéraire. Il fait ce qu’il veut du lecteur. Dans ce roman, il construit un monde d’écrivain où la fiction et la réalité se confrontent. Il y a des femmes qui ont le métier de Muse inspiratrice pour les auteurs, des écrivains totalement abusifs, une femme qui aime tant son personnage qu’elle est prête à mourir avec lui. Le monde littéraire est poussé à son extrême. C’est ainsi qu’on peut d’ailleurs avoir une réflexion sur l’institution littéraire, la place de l’imaginaire, l’emprise d’un éditeur, le besoin constant de nouveauté et le prix à payer pour accéder à la gloire.

Ces questions semblent peut-être peu distrayantes pour vous maintenant, mais elles ne sont pas l’histoire. Ce roman est avant tout une oeuvre policière remplie de rebondissement totalement surprenante. Je vous promet que vous ne devinerez jamais ce qui se passe dans le prochain chapitre. Le terme policier est appropriée si on l’entend comme quête de vérité et enquête pour découvrir qui est cette femme dont le personnage principal ne se souvient pas.

D’un point de vue stylistique ce qu’il y a de fascinant c’est que l’auteur interagit avec le lecteur. Il n’est pas surprenant de voir des passages comme:  » Lecteur, ici tu croiras […] « . En nous impliquant dans la lecture, Somoza peut se jouer de nous à 100%. Le traitement que l’auteur fait du faux et vrai est génial, digne d’un grand auteur. D’ailleurs Somoza est psychiatre de profession… Il sait manier l’esprit et le fait à merveille.

La plume de l’auteur est charmante, il y a plusieurs références littéraires qui font sourire, le style est léger sans toutefois être morne, humoristique en maintenant l’intrigue. Une fois ouvert, ce livre ne se referme plus avant d’avoir franchi la dernière page.

Je conseille vivement ce roman à TOUS sans exception. Ce roman peut plaire à tout le monde, car son contenu est tellement diversifié qu’il peut faire réfléchir, divertir, captiver. Je préciserai pour finir que si réfléchir au métier d’écrivain, à l’imaginaire et à l’institution littéraire, ce roman est incontournable pour vous ainsi que pour les jeunes auteurs.

Karo.

Je ne savais pas encore qu’il y en avait un, bien sûr. Un mystère que j’allais devoir affronter. L’écrivain accepte avec effort les énigmes de la réalité : nous sommes si habitués à en inventer les arcanes que nous finissons par la confondre avec l’imagination. Mais pour toi c’est tout le contraire, lecteur. Reconnais-le : tu souffres de l’anxiété bachique de l’insolite. Le simple fait que les pages futures sont un secret te pousse à avancer. Parce que tu percevais déjà depuis le début de cette chose, qui n’est pas un roman, ni une chronique royale, ni rien qui y ressemble – je trouverai bien un nom pour le définir -, ce que je ne compris que longtemps après : tout au long coule, opalin, profond, le canal du mystère.

Quelle coïncidence. Les coïncidences sont comme l’amour et la littérature, aussi absurdes et insensées. Les coïncidences sont le roman de Dieu, qui est aussi écrivain, comme tout le monde.

 La beauté, je m’en apercevais maintenant, ne peut être décrite : il faut l’inventer.