La secte des égoïstes – Éric-Emmanuel Schmit

121537

Titre: La secte des égoïstes
Auteur:
Éric-Emmanuel Schmitt
Année:
1996
Pages: 
120

Note: 7/10

Résumé

Et si la vie n’était qu’un songe ?
Et si les nuages, les oiseaux, la Terre
et les autres hommes n’étaient
que visions de notre esprit ?
A Paris, un chercheur découvre par
hasard, à la Bibliothèque nationale,
l’existence d’un excentrique, Gaspard
Languenhaert, qui soutint cette
philosophie « égoïste »
dans les salons du xviiie siècle. Intrigué,
il abandonne ses travaux et part
à la recherche de ce penseur singulier.
Mystérieusement, toutes les pistes
tournent court. Sur les traces de
Languenhaert et de ses disciples, de
Paris à Amsterdam, c’est peut-être et
surtout au fond de lui-même que notre
chercheur enquête, emportant avec lui
le lecteur dans des vertiges hallucinants.

Critique 

Si seulement toutes les oeuvres philosophiques pouvaient être écrites avec autant de doigté. Ce petit livre se lit tout seul pourtant il déborde de matière théorique et de réflexions philosophiques complexes. Pourquoi ? C’est une histoire. L’imaginaire, la fiction et la philosophie se frôlent dans la quête du personnage principal qui doit retrouver Gaspar Languenhaert, le premier à avoir crié haut et fort la théorie du philosophe égoïste. Cette thèse explique que nous sommes les maîtres du monde, que c’est nous qui créons ce qui nous entoure, nous avons le pouvoir de tout changer, la vie n’est que création. Derrière ces traits existentialistes et ses airs farfelues cette théorie mérite que pendant 120 pages nous y accordons une défense digne de ce nom.

C’est justement ce parcours, cette apologie de la philosophie qui m’a attiré dans ce livre très bien construit et facile d’accès. Il faut une certaine ouverture d’esprit pour apprécier cette oeuvre. Vous en êtes averti ! Toutefois, personnellement, j’ai été captivé par cette aventure jusqu’au bout d’une philosophie.

J’ai par contre quelques réserves. Il me semble que quelque fois, le personnage se répète et que les concepts et explications reviennent un peu trop souvent et dans les mêmes formulations. J’aurais aimé aussi que la théorie soit encore plus développé, car, je crois, que Schmitt n’a pas inventé totalement. Les notions du subconscient sont très clairement empruntée à Freud et donc il aurait pu y aller encore plus en profondeur. Toutefois peut-être aurait-il perdu des lecteurs… J’imagine qu’il faut souvent sacrifier des éléments pour former un tout cohérent et ce roman l’est totalement. Bref un très bon moment.

Je recommande ce livre aux curieux, aux personnes ouvertes d’esprits prêtes à essayer de comprendre une manière qui semble farfelue de voir le monde. Si c’est vous, vous allez adorer !

La douleur? Vous touchez là une petite invention dont je suis assez fier et dont je ne cesse de me complimenter.La douleur est tout simplement une question que je me pose à moi-même pour mesurer la force de mon désir: si la souffrance m’arrête, c’est que je ne tiens guère,au fond,à la chose convoitée; mais si elle se révèle de peu d’obstacle, c’est que mon désir est fort, qu’il est profond. La douleur est en quelque sorte le baromètre de mes envies.

Ce qui est, c’est ce que je vois, je touche ou j’entends, ou ce que je me souviens d’avoir vu, touché, entendu, mais rien d’autre. Ce que nous appelons le monde est la somme de nos sensations. Nous ne connaissons pas le monde en lui-même, nous avons chacun un monde senti. (p28)

Toute haine est sans doute de l’amour déçu.

Karo

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s