La valse lente des tortues – Katherine Pancol

Titre : La valse lente des tortues
Auteur: Katherine Pancol
Date: 2008
Pages: 747

Note: 9/10

Résumé 

Qu’un crocodile aux yeux jaunes ait ou non dévoré son mari Antoine, disparu au Kenya, Joséphine s’en moque désormais. Elle a quitté Courbevoie pour un immeuble huppé de Passy, grâce à l’argent de son best seller, celui que sa soeur Iris avait tenté de s’attribuer, payant cruellement son imposture dans une clinique pour dépressifs. Libre, toujours timide et insatisfaite, attentive cependant à la comédie cocasse, étrange et parfois hostile que lui offrent ses nouveaux voisins, Joséphine semble à la recherche de ce grand amour qui ne vient pas. Elle veille sur sa fille Zoé, adolescente attachante et tourmentée et observe les succès de son ambitieuse aînée Hortense, qui se lance à Londres dans une carrière de styliste à la mode.

Joséphine ignore tout de la violence du monde, jusqu’au jour où une série de meurtres vient détruire la sérénité bourgeoise de son quartier. Elle-même, prise pour une autre sans doute, échappe de peu à une agression. La présence de Philippe, son beau-frère, qui l’aime et la désire, peut lui faire oublier ces horreurs. Impossible d’oublier ce baiser, le soir du réveillon de Noël, qui l’a chavirée.

Autour de l’irrésistible et discrète Joséphine, gravite une fois encore tout un monde de séducteurs, de salauds, de tricheurs et autant d’êtres bons et généreux. Comme dans la vie.

Quatrième de couverture 

Ce livre est une bourrasque de vie…
Un baiser brûlant du seul qu’on ne doit pas embrasser.
Deux bras qui enlacent ou qui tuent.
Un homme inquiétant, mais si charmant.
Une femme qui tremble et espère ardemment.
Un homme qui ment si savamment.
Une femme qui croit mener la danse, mais passe son tour.
Des adolescents plus avertis que les grands…
Un homme qui joue les revenants.
Un père, là-haut dans les étoiles, qui murmure à l’oreille de sa fille…
Un chien si laid qu’on s’écarte sur son passage.
Des personnages qui avancent obstinément, comme de petites tortues entêtées qui apprendraient à danser lentement, lentement, dans un monde trop rapide, trop violent…

Critique 

Le quatrième de couverture mystérieux a su déceler mon attention dès les premiers mots. C’est donc la tête vide (ou presque) que j’ai commencé ce livre. Je n’avais pas d’attente, car j’ignorais tout de l’histoire et tout de l’auteur (presque).

Dès les premiers chapitres (non numéroté et sans titre), l’histoire m’a fascinée. Il y a tant de personnages, tant de petits univers qui se croisent, qui s’enlacent, qui se chevauchent et qui se séparent. Le monde de Joséphine est un monde où tous possède une capitale importance. Chaque détail vaut le détour dans ce roman. Il faut toutefois être très attentif lors de la lecture, ce n’est pas un de ces livres qu’on peut lire la tête en l’air en passant la moitié des pages (de toute façon vous n’aurez pas envie de passer de pages!). Il faut être concentré et plongé dans l’univers que nous propose Pancol, car il est très facile de s’y perdre! Le nombre de personnages « importants » doit s’élever à plus de vingt! Vingt personnages dont on connait la vie, leur attitude, leur point de vue et autres.

Une des forces de ce roman est d’ailleurs la multiplicité des points de vue. On a donc accès à plusieurs visions différentes, on en connait toujours plus que le personnage principal et cela rend la lecture très addictive.

C’est un détail, un chichi de princesse, mais j’ai adoré retrouver des citations de mes auteurs préférés comme Romain Gary. Ce livre fait l’étayage des connaissances littéraires et de toutes sortes de Katherine Pancol. Il nous apprend plusieurs choses sans vraiment être le but de l’oeuvre. J’ai bien aimé cela.

Puisque nous en sommes au style et à la construction du récit… L’écriture de Katherine Pancol m’a bouleversée. Elle sait décrire les événements dramatiques avec une légèreté impressionnante. Par légèreté, je veux dire  qu’elle utilise des mots, des comparaisons simplistes qui viennent rejoindre profondément le lecteur. Elle utilise le quotidien banal pour décrire un réel imaginaire extraordinaire!

Le réel que présente l’auteure est parsemé de plusieurs éléments fantastiques qui allimentent le récit et lui donne un ton particulier. Je comparerais ceci avec les contes de Fred Pellerin (peut-être un peu moins fantastique, par contre) ou à La Fiancée Américaine d’Éric Dupont! Ce genre de  « récit fantastique réel » est tout simplement superbe lorsqu’il est bien réalisé. C’est le cas ici!

De plus, Katherine Pancol construit chaque chapitre en suivant un ligne directrice particulière. Elle s’intéresse au détail de la vie. Au-delà de l’histoire, il y a un monde complet qui grouille et frétille et elle n’en fait pas omission! L’exemple parfait qui me vient en tête pour expliquer ceci est: un chapitre où Gary et Hortense ont une discussion importante sur le futur et Hortense regarde un piéton qui vient d’échapper son beignet par terre et elle le juge. La discussion est entrecoupée de passage descriptif de l’extérieur de la scène principal. Ce qui donne au lecteur une vue globale.

Cet aspect du roman m’a fait comprendre que la vie c’est exactement ça. On essaie de prendre un obstacle à la fois, d’être ordonné, mais au fond, la vie n’est que dé-concentration. Il y a toujours un million de choses qui se déroulent en permanence et nous nous prêtons à ce jeu. Nous suivons la valse emporté par le rythme effréné de la vie.

En conclusion, La valse lente des tortues s’adresse à un large public. Le roman regroupe plusieurs style: le policier, le dramatique, la comédie, le récit de voyage, la romance et j’irais même jusqu’à dire le fantastique. Je le conseil à tous. Quoique peut-être un peu trop volumineux pour les lecteurs débutants… Or, un nombre de page ne devrait jamais être un obstacle, car ce n’est pas la quantité qui repousse un lecteur, mais bien le contenu. Et ce contenu est tout simplement superbe. (oui. je suis en amour avec cette nouvelle découverte!)

« Quand on a des fleurs à offrir, on ne les donne pas la tête en bas, les tiges en l’air, sinon l’autre ne voit que les épines et se pique. Moi, je fais ça avec les sentiments, je les offre à l’envers.»

« La société, aujourd’hui, ne croit plus à l’âme. Elle ne croit plus en Dieu. Elle ne croit plus en l’Homme. Elle a aboli les majuscules, met des minuscules sur tout, engendre le désespoir et l’amertume chez les faibles, l’envie de déserter chez les autres. Impuissants et inquiets, les sages s’écartent, laissant le champ libre aux fous avides. »

« Mais le douleur, elle, ne s’émousse pas. C’est étrange d’ailleurs : l’amour s’use, mais la douleur reste vivace. Elle change de masque, mais demeure. On ne finit jamais de souffrir alors qu’on finit, un jour, d’aimer. La vie est mal faite ! »
Karo.
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