Le Christ obèse – Larry Tremblay

Titre: Le Christ obèse
Auteur: Larry Tremblay
Date de parution: 2012
Nombre de pages: 160

Note: 7,5/10

Résumé: Edgar est un trentenaire timide et asocial qui a toujours vécu dans l’ombre de sa mère, décédée depuis peu. Une nuit, dans un cimetière, il assiste à la violente agression d’une jeune femme que quatre cavaliers de l’Apocalypse laissent à demi morte. Edgar décide de recueillir chez lui la victime inconsciente. Il en fait le serment : il sera son sauveur.

Mais que sait véritablement le jeune homme, hanté par le souvenir de sa mère, de la personne qu’il a recueillie ? De son identité, de son passé ? Au fil des jours, une étrange relation fusionnelle s’installe entre les deux êtres, pour le meilleur et pour le pire.

Servi par une écriture nerveuse et teintée d’une singulière humanité, Le Christ obèse est un roman implacable sur les racines du Mal et de la Bonté. Une œuvre forte signée par l’un de nos dramaturges les plus étonnants, qui déploie ici une redoutable maîtrise des mécanismes du suspense.

Critique: J’ai lu ce roman dans le cadre du Prix Littéraire des Collégiens . Le titre et la couverture sont un peu étranges, je vous l’accorde, mais le roman je l’ai bien aimé. Voici pourquoi!

L’histoire principale est tissée sur une toile de fond où des questionnements fondamentaux sur la religion sont posés. La raison du sacrifice de la chair, de la douleur et  des punitions que doivent s’imposer les Chrétiens est beaucoup remise en doute. La vision de la mort comme une délivrance est aussi sujette à questionnement…

Edgar recueille chez lui, une personne violentée et il décide de devenir son sauveur. C’est le plan de départ, l’ébauche de l’histoire. En avançant dans le récit, on découvre un personnage tourmenté par l’image de sa mère, traumatisé par son enfance. La relation entre Edgar et sa mère est fascinante, c’est l’aspect du roman que j’ai trouvé le plus travaillé, le plus marquant, le plus poignant. Toute fois, la relation entre la victime et son sauveur est, elle aussi, fort intéressante! Il y a là, toute une analyse des personnages à faire, une complexité hors du commun qui suscite tout notre intérêt. Edgar est une personne fragile qui parfois se perd en lui, il ne sait plus trop qui il est, il se soumet à sa victime et prend le contrôle à d’autres temps. C’est d’une main de maître que Larry Tremblay amène le lecteur à saisir toutes les ambiguïtés de la personnalité de Edgar!

Bref, ce roman mérite sa place en tant que finaliste au Prix littéraire des collégiens. L’écriture trouble du dramaturge Larry Tremblay est totalement au service de son récit. Par endroit j’ai l’impression que l’histoire pose elle-même ses mots sur le papiers, que l’auteur ne dirige rien. Et c’est là, toute la beauté de la chose! Je recommande ce livre à un public plutôt mature, n’ayant pas le coeur fragile, prêt à réfléchir et à s’ouvrir sur des questionnements qui dépassent l’histoire de base qui prend parfois des tournures de romans policiers.

Karo

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