Juillet – Marie Laberge

Couverture Juillet

Titre: Juillet
Auteur: Marie Laberge
Date de parution: 1989
Nombre de pages: 224 pages

Note: 8,7/10

Résumé: Une fête familiale, intime, toute simple. Une célébration orchestrée par Simon, aidé de son fils, de sa belle-fille et un peu de son petit-fils, Julien. Une sorte d’harmonie qui craque pourtant sous l’élan irrépressible du désir. Le désir dérangeant, inopportun, sauvage. Le désir et l ‘amour de Simon. Et ce n’est pas pour sa femme, la jubilaire, qu’en ce jour de juillet Simon brûle…

Critique: Lorsque l’histoire d’un livre semble simpliste, l’auteur doit avoir un style et une présence  hors du commun pour accrocher le lecteur. Et c’est dans ces cas là, qu’on peut dire qu’une oeuvre devient un chef-d’oeuvre. C’est le cas de Juillet.

Marie Laberge est définitivement une grande femme de la littérature (j’aurais pu dire: littérature québécoise, mais non. Son talent se compare avec celui des plus grands auteurs du monde entier). Son vocabulaire est précis, sans pour autant apporter une lourdeur non-voulu au texte. Chaque phrase a été pensé et retravaillé. L’écriture de ce roman me laisse sans mot. Marie Laberge joue avec les cassures de ton. Normalement dans un roman « populaire », cela aurait été un point très négatif nous faisant perdre l’histoire de vue… mais pas dans ce cas-ci. Car, tout est pensé. Si elle change de ton et de style au court d’un paragraphe, il y a une raison. C’est dans ces subtilités de la langue que j’aime voir un auteur s’aventurer! Un texte évolue tout autant, sinon plus, par ce qui n’est pas écrit. C’est dans les silences et l’absence de détails que le texte prend tout son sens. Le lecteur a un poids énorme sur les épaules, le poids de tracer lui-même le récit et de déduire ce qui n’est pas mentionné. J’adore. Il faut une plume de maître pour réussir un tel exercice de style.

Les personnages! Ils sont tous bien ficelé  ils ne sont pas stéréotypés. Ils sont vrais! Ils sont complexes, je pense ici, au personnage du fils qui voit sa femme se détacher de lui, son mariage est en ruine, il est mal dans sa peau et il veut à tout prix l’amour de son père. Les caractéristiques de se personnage se complexifie plus le roman avance. Marie Laberge jongle avec le meilleur et le pire d’un être humain. Il n’y a pas de bons, pas de méchants. Nous sommes simplement qui nous sommes, avec nos jours noirs et nos jours gais.

L’intrigue du roman n’est pas rempli d’action, tout se passe en subtilité. C’est ce que j’ai adoré. L’action est limité, très limité, mais pourtant mon coeur battait à tout rompre, nerveux de connaître la suite, à chaque fois que je tournais la page. Un frôlement de main peut tant dire, plus qu’un baiser amoureux, plus qu’une étreinte. Un regard est 100 fois plus puissant qu’une baise. L’importance accordé à chaque petit moment de l’existence, c’est ce que l’auteure à su rendre. L’importance de chaque geste que la personne qu’on aime pose. L’impact de l’amour fou, l’amour aveugle, l’amour interdit.

Finalement, ce roman ne s’adresse pas à un public de tous âges. Pour lire se livre, il faut avoir un intérêt marqué pour les oeuvres littéraires qui font abstraction de l’action pour se concentrer sur le style. Il faut aimer voir de belles phrases et s’en délecter. Pour une pleine compréhension du roman, je conseil d’avoir lu d’autres oeuvres du même style ou du même auteure avant de se lancer. Car, dans un roman où tout est nuance, il est très facile de s’égarer et de totalement détester cette lecture, car on aura emprunter le mauvais chemin.

« Chacun ses problèmes, chacun sa joie de vivre ou sa difficulté de vivre. »

« Mais d’où sortent-ils ces gens en fer forgé capables de maîtriser le désir furieux, de tenir tête au désespoir, de contrôler haine et amour? »

« Elle ne tient pas à l’amour si c’est cette mort constante, cet affolement de tout son être, cette avidité désespérée pour une peau, une odeur, un regard et des mains, ses mains. »

« Être au coeur de sa douleur et ne plus la ressentir. Au coeur du feu sans la brûlure. »

« David reste sur le lit, déconfit, la bouche pleine d’excuses qu’il ne peut même pas dire. Il a toujours la bouche pleine de mots imprononcés. »

« La seule éternité semble bien être ce cri inépuisable, cette constante exigence d’amour qu’il croyait bien pourtant avoir étouffé au fond de lui. »

Karo.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s