Le Christ obèse – Larry Tremblay

Titre: Le Christ obèse
Auteur: Larry Tremblay
Date de parution: 2012
Nombre de pages: 160

Note: 7,5/10

Résumé: Edgar est un trentenaire timide et asocial qui a toujours vécu dans l’ombre de sa mère, décédée depuis peu. Une nuit, dans un cimetière, il assiste à la violente agression d’une jeune femme que quatre cavaliers de l’Apocalypse laissent à demi morte. Edgar décide de recueillir chez lui la victime inconsciente. Il en fait le serment : il sera son sauveur.

Mais que sait véritablement le jeune homme, hanté par le souvenir de sa mère, de la personne qu’il a recueillie ? De son identité, de son passé ? Au fil des jours, une étrange relation fusionnelle s’installe entre les deux êtres, pour le meilleur et pour le pire.

Servi par une écriture nerveuse et teintée d’une singulière humanité, Le Christ obèse est un roman implacable sur les racines du Mal et de la Bonté. Une œuvre forte signée par l’un de nos dramaturges les plus étonnants, qui déploie ici une redoutable maîtrise des mécanismes du suspense.

Critique: J’ai lu ce roman dans le cadre du Prix Littéraire des Collégiens . Le titre et la couverture sont un peu étranges, je vous l’accorde, mais le roman je l’ai bien aimé. Voici pourquoi!

L’histoire principale est tissée sur une toile de fond où des questionnements fondamentaux sur la religion sont posés. La raison du sacrifice de la chair, de la douleur et  des punitions que doivent s’imposer les Chrétiens est beaucoup remise en doute. La vision de la mort comme une délivrance est aussi sujette à questionnement…

Edgar recueille chez lui, une personne violentée et il décide de devenir son sauveur. C’est le plan de départ, l’ébauche de l’histoire. En avançant dans le récit, on découvre un personnage tourmenté par l’image de sa mère, traumatisé par son enfance. La relation entre Edgar et sa mère est fascinante, c’est l’aspect du roman que j’ai trouvé le plus travaillé, le plus marquant, le plus poignant. Toute fois, la relation entre la victime et son sauveur est, elle aussi, fort intéressante! Il y a là, toute une analyse des personnages à faire, une complexité hors du commun qui suscite tout notre intérêt. Edgar est une personne fragile qui parfois se perd en lui, il ne sait plus trop qui il est, il se soumet à sa victime et prend le contrôle à d’autres temps. C’est d’une main de maître que Larry Tremblay amène le lecteur à saisir toutes les ambiguïtés de la personnalité de Edgar!

Bref, ce roman mérite sa place en tant que finaliste au Prix littéraire des collégiens. L’écriture trouble du dramaturge Larry Tremblay est totalement au service de son récit. Par endroit j’ai l’impression que l’histoire pose elle-même ses mots sur le papiers, que l’auteur ne dirige rien. Et c’est là, toute la beauté de la chose! Je recommande ce livre à un public plutôt mature, n’ayant pas le coeur fragile, prêt à réfléchir et à s’ouvrir sur des questionnements qui dépassent l’histoire de base qui prend parfois des tournures de romans policiers.

Karo

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La célibataire – India Desjardins & Magalie Foutrier

 

Titre: La célibataire
Auteur: India Desjardins & Magalie Foutrier
Date: 2012
Note: 6.5/10
Résumé: « Après une énième rupture douloureuse, la Célibataire est bien décidée à ne plus se morfondre Tant pis si l’Ex est difficile à oublier, tout est prétexte à rebondir sur ses erreurs! Elle devient donc experte dans l’art de -Repérer si le mâle est libre au contenu de son sac d’épicerie, -Tirer profil de chaque situation pour montrer à son Ex qu’Elle est beaucoup mieux sans lui, -Foncer sur tous les prospects qui se présentent (sans se mettre les pieds dans les plats)… et surtout, elle refuse de devenir ce genre de fille qui passe sont temps en pyjama à manger de la crème glacée devant une comédie romantique. Mais la vie de célibataire est-elle aussi palpitante qu’elle en a l’air? Quand l’homme qui vous voit nue le plus fréquemment est votre médecin, il y a de quoi douter… Qu’à cela ne tienne, elle tente de profiter de chaque moment, tout en gardant en tête la quête de l’âme soeur! »

Critique: Premièrement, j’ai emprunter ce livre à la bibliothèque parce que je ne me voyais pas dépenser presque 30 dollars pour un livre que j’ai terminé en 30 minutes (je suis une étudiante radine). J’ai aimé le contenu de cette bande dessinée ainsi que l’idée de base. Après tout, je me suis reconnu un peu partout dans ces pages. Pourtant, un gros point négatif est justement le fait que ce soit une bande-dessiné. J’aurais pris beaucoup plus de plaisir à lire des petites chroniques plus détaillées. Le fait de changer d’histoire après 9 cases, ça ne m’a pas plus (même si je sais que c’est le but d’une bande dessiné). Je crois que vu son petit volume, il manque de surface dans une page pour bien pouvoir raconter et développer les idées qui sont, à la base, géniales. De plus, j’ai eu beaucoup plus de plaisir à regarder ma meilleure amie lire cette bande-dessiné pour ensuite l’interrompre entre les pages et rire avec elle parce que nous sommes pareilles. Bref, les idées sont excellentes, mais je n’approuve pas le format bande-dessiné.

Josianee .

Tarantino écrivain?

Le nouveau film de Quentin Tarantino, Django Unchained (très bon. pour ceux qui aime ce genre par contre) est le 7e film de ce réalisateur. Il projette de ne pas faire plus de 10 films ayant peur d’en faire trop et de « détruire » sa carrière avec LE film de trop. Le réalisateur affirme se laisser du temps pour trouver des idées. Rien ne presse!

Lorsqu’il aura atteint le point des 10 films ou lorsqu’il se retira du monde cinématographique, Tarantino vise à devenir écrivain. Ça promet! Artiste un jour, artiste toujours !

«Je ne ferai plus de films, mais j’écrirai […]. J’écrirai des romans, j’écrirai des critiques de films et d’autres choses, des livres sur le cinéma… Ma vie artistique ne va pas s’arrêter, elle va seulement changer. Je deviendrai un homme de lettres.»

– Quentin Tarantino

Source:  Le magazine littéraire

Sur le seuil – Patrick Sénécal

Titre: Sur le seuil
Auteur: Patrick Sénécal
Date de parution: 2003
Nombre de pages: 363

Note: 8/10

Résumé: Il se nomme Thomas Roy. C’est l’écrivain le plus adulé du Québec. Invité régulier des talk-shows, la parution de ses romans d’horreur est toujours un évènement médiatique majeur. Or, voici qu’on le retrouve chez lui, horriblement mutilé et catatonique. Tentative de meurtre ou suicide manqué ?
Pendant que la police enquête, Roy est placé en observation dans un hôpital de Montréal. Paul Lacasse, le psychiatre qui traite l’écrivain, considère au départ le cas comme assez banal. La découverte de faits troublants l’oblige cependant à reconsidérer petit à petit son opinion.
Bientôt, ce sont toutes ses certitudes, tant personnelles que professionnelles, qui chancellent. Car, au-delà du drame de Roy, quelque chose de terrifiant se dévoile lentement, quelque chose d’inimaginable et aux conséquences monstrueuses..

Critique: Là. Là. J’ai vraiment été prise par surprise. Je ne m’attendais pas à ça en ouvrant ce bouquin. Je suis une fan de Patrick Sénécal, j’ai lu la plupart de ses romans avec fascination et grand intérêt. Le niveau d’horreur de tous ces romans est relativement très haut et je m’attendais à quelque chose de plutôt similaire en terme d’atrocité. J’ai eu tord. Patrick Sénécal surpasse, et de loin, toute l’horreur et la barbarie de ces autres oeuvres dans Sur le seuil.

Je vous le dit. Je vous avertis. Ce roman peut contenir des scènes pouvant ne pas convenir à un public de tous âge. Je déconseille fortement ce livre à ceux qui n’ont jamais lu de roman dans ce genre, vous pourriez être traumatisé et faire quelques cauchemars. Mais bon. C’est un risque à prendre, car ce livre est excellent.

Le style de Patrick Sénécal ne me déçoit jamais (enfin, presque.). Il maîtrise l’art de la littérature à suspens. Il tient le lecteur en haleine du début jusqu’à la fin, le surprenant mille et une fois à chaque page. Son vocabulaire est juste, précis et ses formulations variées. Il alterne une narration au « je » et une narration au « tu ». Ces petits chapitres sont plutôt intenses et sucsite une angoisse hors du commun. Un écrivain qui s’adresse aux lecteurs directement en employant le 2e pronom, ça surprend. (Je parle de l’écrivain, mais pour être exacte c’est le personnage que l’écrivain met en place dans son roman, qui s’adresse à nous. On se comprend.)  J’ai dévoré ce roman à une vitesse folle. Le style d’écriture est invitant à la lecture, tout s’harmonise. Il n’y a pas d’élément stylistique qui nous font perdre le fil. Tout se maintient, et c’est ce qui est effrayant.

Sur le seuil est un roman qui aborde la folie humaine, l’aliénation religieuse, le bien/le mal, la psychiatrie… Ce livre soulève une peur nouvelle en moi, la peur de devenir « folle », de ne plus être moi, de ne plus avoir le contrôle sur moi-même… Peur qui cependant, ne m’empêche pas de dormir la nuit. (du moins, pas encore.)

Bref. À déconseillé aux personnes sensibles, trop jeunes, n’ayant jamais expérimenté ce genre littéraire ou faisant facilement des cauchemars. Outre ces personnes, je le conseil fortement aux fanatiques du genre. Patrick Sénécal nous offre, encore une fois, un roman bien étoffé qui surprendra son lecteur lui faisant vivre une gamme d’émotion haute en couleur!

Ps: cependant, les romans Le Vide et Aliss du même auteur restent mes coups de coeur

« Je ne veux pas le bonheur. Juste savoir si j’ai eu raison de perdre la foi ou non. »

« Le même sourire que celui de ses photos, dans les journaux. Mais aujourd’hui, ce n’est qu’une apparence. Un réflexe de société. Une mécanique vide. Il sourit sans sourire. »

« Des preuves de l’irrationnel… Un peu contradictoire, non? »

 

Karo.

 

 

L’escapade sans retour de Sophie Parent – Mylène Gilbert-Dumas

 

Titre: L’escapade sans retour de Sophie Parent
Auteur: Mylène Gilbert-Dumas
Date: 2011
Nombre de pages: 340
Note: 9.2/10
Résumé: « Sophie Parent n’avait rien de l’aventurière. Installée depuis des années dans le confort de sa banlieue, se laissant porter par la rassurante tranquillité de son quotidien. Elle respectait l’ordre social, avait confiance en ses proches, ne mentait pas et avait pour le désordre une terrible aversion. De l’avis de plusieurs, elle surfait avec adresse sur la grande vague de la vie. C’était deux mois avant que commence sa descente aux enfers.

Superwoman, Sophie Parent l’était. Du moins jusqu’à l’aube de son quarantième anniversaire. Ce jour-là, lors d’un habituel moment de solitude, elle prend conscience qu’elle étouffe dans ses multiples rôles de mère, de conjointe, de fille, de soeur et d’enseignante. Elle réalise abruptement à quel point elle ne mène pas la vie dont elle avait rêvé. Quelques jours avant Noël, alors que tout le monde compte sur elle, Sophie s’offre un billet d’avion pour le Mexique sans le dire à personne. Son but : prendre des vacances de sa vie. Mais quand, sur les plages de Cancún, sa remise en question la mène dans les bras d’un gigolo notoire, le retour en arrière devient alors impossible. L’histoire s’ouvre par la suite sur un chassé-croisé de situations inusitées qui l’entraîne dans un voyage initiatique. Tout bascule dans la vie de Sophie Parent. »

Critique: J’ai adoré. J’avoue que je suis du genre à beaucoup aimé les livres « fleur bleue », mais ce livre est différent. Il laisse une trace. Premièrement, ce n’est pas une histoire d’amour. Le personnage principal, Sophie, ne se réveille pas à 30 ans en se disant qu’elle doit arrêter de coucher avec tout se qui bouge et que son voisin est peut-être l’homme de sa vie. Sophie se réveille à 40 ans et regarde sa vie en se disant que ce n’est pas ce qu’elle recherche. Pourtant, elle a tout ce qu’elle rêvait. Ce qui est touchant, c’est que sa situation est probablement la situation de beaucoup de femmes de cet âge: prise pour acquise et manipulée émotivement. Alors, elle part. Elle a le courage de faire ce dont beaucoup rêve, même si elle sait que sa vie ne sera plus jamais comme avant et ses relations familiales non plus. Ce roman est une suite d’aventures abracadabrantes qui n’arrivent pas à n’importe qui, mais qui restent dans le possible. Après tout, Sophie ne fait que rester ouverte aux opportunités et prendre des décisions. Irrationnelles pour certains, c’est sûr. Mais, ces expériences l’amène à se redécouvrir et nous nous prenons à nous émerveiller avec elle de son nouveau bonheur. Ce livre raconte l’histoire d’une femme pleine de courage. De courage et peut-être aussi d’urgence de vivre. Ce livre est aussi axé sur la nature. Personnellement, j’ai terminé ma lecture avec le goût d’aller m’installer à la campagne pour faire pousser mes propres légumes.

Nous ne pouvons pas lire ce livre sans nous poser des questions sur notre vie et sur nos sources de bonheur quotidiennes. La beauté de ce roman québécois réside dans son style d’écriture à la portée de tous, à sa lecture captivante mais simple et aux questions qui nous restent dans la tête plusieurs jours après l’avoir terminé.

<< Prenons un instant pour prendre conscience qu’il n’y a que trois façons de modifier la trajectoire de notre vie, pour le meilleur ou pour le pire: la crise, la chance et le choix . >>  -Sarah Ban Breathnach

Josiane .

La chambre écarlate – Nicci French

Titre: La chambre écarlate
Auteur: Nicci French
Date: 2001
Note: 6.5/10
Pages: 567
Résumé: « Regent’s Canal, faubourg de Londres… Lianne, une adolescente de 17 ans, est retrouvée morte, face contre terre et le corps lardé de coups de couteau. La police porte immédiatement ses soupçons sur Michael Doll, vagabond à moitié fou et bien connu pour ses penchants pervers. Toutefois, malgré la triste histoire qui les lie, la psychiatre Kit Quinn a de sérieux doutes quant à sa culpabilité. Première observation, le meurtre s’est déroulé de manière bien trop précise pour une brute comme lui. Encore plus troublant, ce même assassinat fait étrangement écho à celui de Philippa Burton, riche bourgeoise, dont le cadavre a récemment été découvert de l’autre côté de la ville dans une posture identique… »

Critique: Avant de lire ce livre, j’avais le choix parmi plusieurs romans policier achetés à petit prix dans une vente de garage. Le résumé m’a parut très intéressant, surtout qu’il était suivit d’une critique très élogieuse affirmant que c’était « un modèle de thriller psychologique ». Vous avez vu ma note, j’ai été très déçue. Je m’attendais à une intrigue psychologique à la « Shutter Island », mais ce n’est rien d’autre qu’un roman policier pas très original. J’ai été beaucoup plus captivée par la relation amoureuse chaotique de la personnage principale que par les meurtres, ce qui est mauvais signe d’après moi.
Premièrement, tout n’est que coups de chance. Kit Quinn se base sur son instinct durant tout le roman, même si tout est contre elle. Elle relit les deux meurtres seulement parce que les deux victimes ont été trouvées contre terre. Coup de chance, ces deux meurtres sont effectivement liés. De plus, il y a le fait que tous les policiers suspectent Michael Doll alors que Kit est convaincu de son innocence. Quoi que commun, cela peut être intéressant. Sauf que c’est ce qui se passe durant tout le roman. C’est un peu redondant. L’intrigue se déroule très lentement et presque en second plan. Tout se passe dans les 100 dernières pages alors que l’enquête est terminée. Kit réussit à monter une théorie qui, toujours d’après moi, sort d’un peu nul part et qui encore se révèle exacte. Nous ne pouvons rien prévoir à l’avance puisqu’il n’y a aucuns indices. Mais, vers la fin, plusieurs choses deviennent évidentes. mais l’auteur attend très longtemps avant de les rendre exacte, ce qui est lassant. Passer 20 pages à lire des interrogations alors que tu sais très bien la vérité, c’est lourd.
Bref, somme toute, j’ai beaucoup aimé les personnages qui gravitent autour de Kit, surtout sa colocataire et les jeunes du centre. Son histoire à elle et ses interrogations sont typiques et nous font nous identifier au personnage. J’ai aussi aimé les interrogatoires qu’elle fait avec les familles des victimes. En fait, la seule chose qui m’a fait froncé les sourcils est la fin et le dénouement de l’enquête. Ce qui est quand même beaucoup quand on considère que c’est un roman policier…

<< Pourquoi s’est-elle donné la mort ? Je ne sais pas. Sa vie avait toujours été horriblement triste, n’est-ce pas ? Je n’ai eu connaissance d’aucune circonstance particulière, mais cela ne veut pas dire qu’il n’en existait pas. Probablement parce qu’au bout du compte, c’était moins difficile que de rester en vie. >>

Josiane .

 

 

Véronika décide de mourir – Paulo Coelho

Titre: Véronika décide de mourir
Auteur: Paulo Coelho
Date de parution: 2007
Nombres de pages: 287

Notes: 5/10

Résumé: Veronika est jeune et jolie. Elle a un travail, des amis. Une vie apparemment satisfaisante. Pourtant, elle n’est pas heureuse. Le 21 novembre 1997, elle décide de mourir.

Son suicide raté la conduit dans un hôpital psychiatrique. Là, à côté de malades mentaux, elle découvre une population qui ne semble chercher qu’un abri contre la réalité, ou une fuite hors de la routine…

Une nouvelle initiation va commencer pour elle. Elle comprendra que nous avons le choix de vivre ou de renoncer, que nous pouvons donner un sens à notre vie, qu’il faut pour cela retrouver notre Moi véritable. Et même notre part de folie…

Critique: Quelle déception. Le résumé avait l’air si bon, si beau, si poétique, si touchant. Faux. Poudre aux yeux. C’est à bout de force, tannée et épuisée que j’ai terminé ce livre. Bref. Je n’en garde pas un bon souvenir. Voici pourquoi:

Premièrement, j’avais foi en l’histoire, celle d’une suicidaire interné dans un hôpital, il lui reste que quelques jours à vivre. Le potentiel littéraire d’une histoire comme celle-là est énorme! Le texte aurait pu être un des plus beaux textes de ma vie, mais non. Le thème du suicide, de la mort est abordé avec gêne et maladresse. Ce qui donne un ton faux au texte, une distance trop longue entre l’histoire et le lecteur. Je n’ai pas du tout suivi la trame narrative. Le fond était très intéressant, mais au final, le résultat est très désolant…

Les personnages sont une autres des raisons qui m’ont fait détester cette lecture. (Ouh. détester c’est un peu lourd comme choix de vocabulaire) Ceux-ci sont nombreux, peu approfondis, facilement  »mélangeables », pas très très utiles pour la plupart. On nous raconte l’histoire de plusieurs autres patients internés dans le centre, mais ils ne reviennent jamais. Ils passent… Je n’ai eu aucune affection pour les personnages, enfin, une toute petite pour le schizophrène, mais bon.

Par contre, je dois avouer que même si je n’ai pas du tout aimé, le concept était génial, le message un peu moralisateur était bien placé (quoi que un peu pathétique…), la fin bien pensée, les personnages intéressants.  MAIS l’auteur n’a pas su, à mon sens, faire de tous ses éléments un bon roman. Le style d’écriture et la manière d’amener l’histoire était trop maladroite, trop discrète et trop pédagogique à mon goût… PAR CONTRE, même si le style narratif était un peu désastreux, on en ressort de très beau passages (qui ne s’emboîtent pas bien avec le reste du texte, MAIS… beau quand même).

Bref, je ne le conseil vraiment pas. Mais, si vous voulez vraiment le lire, je vous avertis: n’espérez pas une grande oeuvre littéraire ou bien un récit entraînant, ou bien une plongée dans un monde de sentiment, dans l’univers des personnages. Peut-être vaut-il la peine d’être lu pour la fin? (quoi que décevante selon mon point de vue recherchant le dramatique et la beauté sentimentale dans un texte) Non. Le texte vaut la peine d’être lu pour les réflexions qu’il engendre sur la folie, la liberté, l’amour, la vie, qu’est-ce que vivre? qu’est-ce qu’un fou? Sommes-nous pas tous un peu fou au fond?

« Chacun connaît la dimension de sa propre souffrance et sais si sa vie est vide de sens. »

« Les poètes affectionnaient la pleine lune, ils lui avaient consacré des milliers de vers, mais Véronika préférait cette demi-lune, car elle avait encore de l’espace pour grandir, s’étendre et emplir de lumière toute sa surface, avant l’inévitable décadence. »

« Il lui vint de nouveau l’impression que l’Infini et l’Éternité marchaient main dans la main et qu’il suffisait de contempler l’un, l’Univers sans limites, pour sentir la présence de l’autre, le Temps infini, immobile, ancré dans le Présent qui contient tous les secrets de la vie. »

« Plus les gens peuvent être heureux, plus ils sont malheureux. »

« J’ai besoin de courir le risque d’être en vie »

« Il rendra grâce à Dieu que notre mariage connaisse une nouvelle jeunesse, et que nous soyons fous, comme sont fous ceux qui ont inventé l’amour. »

« Un premier amour peut être inoubliable, mais il prend toujours une fin. »

« La conscience de la mort nous incite à vivre davantage »

Karo
Qui a abusé des citations.

Les carnets de Douglas – Christine Eddie

Titre: Les carnets de Douglas
Auteur: Christine Eddie
Date de parution: 2008
Note: 7.2/10
Résumé: « Le même jour, deux adolescents parviennent à fuir un destin qui les aurait emmurés. Ils se trouvent, deux ans plus tard, à Rivière-aux-Oies, un village beaucoup trop discret pour figurer sur une carte. Au coeur de la nature généreuse et sauvage, ils s’aiment, à l’abri des rugissements du vingtième siècle. Jusqu’à ce que la vie, comme d’habitude, fasse des siennes. Fondu au blanc.

Les années passent, Rivière-aux-Oies se métamorphose avec, en arrière-plan, une révolution à peine tranquille et le saccage des bétonnières. Une famille singulière s’improvise, malgré les ragots et en dépit des blessures. Dans la maison du docteur, les liens se tissent avec tendresse. Un médecin au coeur rafistolé, une institutrice au nom imprononçable et une enfant surgie des bois vont peut-être permettre à Douglas d’entendre enfin la réponse du vent. Une passion comme au cinéma, qui se déploie à l’ombre d’un arbre, d’une clarinette et de la beauté fragile du monde. »

Critique: La couverture est belle, le résumé très vague. Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre lorsque j’ai commencé la lecture de ce livre. Une page sur deux est pleine, l’histoire commence rapidement, les personnages sont à peine esquissés. Pourtant, le texte est beau et l’histoire, pleine de détails malgré la rareté des descriptions. L’auteur réussit très bien à montrer une réalité triste, une belle histoire que la vie a voulu détruire. J’ai beaucoup aimé le sens de ce livre. Les phrases qui nous ramènent à quelque chose, les petits détails qu’on sait importants. Lorsque le texte finit, tout ne s’arrête pas. L’auteur a cru bon de mettre quelques phrases sur l’avenir des personnages du roman, chose que j’ai adoré. Voir toutes les choses qui s’emboitent et qui, dans le fond, finissent bien. Voir le docteur qui n’attendait plus rien de la vie mourir en se disant qu’elle l’avait choyée, dans le fond. Par contre, un point que j’ai trouvé négatif, est le manque de profondeur dans l’histoire. Je sais que c’était probablement le but, et les 198 pages à moitiés pleines de prête pas vraiment à l’élaboration, mais je reste sur ma faim. J’ai l’impression que tout est aller trop vite, que je suis restée en surface. J’aurais aimé plonger complètement, vivre la déforestation et me désoler de l’avenir du village. Je ne me suis pas assez perdue dans se roman. Pourtant, c’est un style. C’est un livre très rapidement dévoré que je vais probablement relire pour en saisir toutes les subtilités. C’est un livre qui souligne la beauté de la nature, la fraîcheur de l’amour et la douceur de la vie.

<< – Je t’aurais aimé même si tu avais été un tremblement de terre, dit Éléna. >>

Josiane .

Il pleuvait des oiseaux – Jocelyne Saucier

Couverture Il pleuvait des oiseaux

Titre: Il pleuvait des oiseaux
Auteur: Jocelyne Saucier
Date de parution: 2011
Nombre de pages: 179

Note: 8,5/10

Résumé: Vers quelle forêt secrète se dirige la photographe partie à la recherche d’un certain Boychuck, témoin et brûlé des Grands Feux qui ont ravagé le nord de l’Ontario au début du XXe siècle? On ne le saura pas. Boychuck, Tom et Charlie, dorénavant vieux, ont choisi de se retirer du monde. Ils vivent relativement heureux et ont même préparé leur mort. De fait, Boychuck n’est plus de ce monde au moment où s’amène la photographe. Tom et Charlie ignorent que la venue de la photographe boulversera leur vie. Les deux survivants feront la rencontre d’un personnage aérien, Marie-Desneige. Elle a 82 ans, tous ses esprits, même si elle est internée depuis soixante-six ans. Elle arrivera sur les lieux comme une brise espérée alors que la photographe découvrira que Boychuck était un peintre et que son œuvre était tout entière marquée par le Grand Feu de Matheson. C’est dans ce décor que s’élabore Il pleuvait des oiseaux. Nous voici en plein cœur d’un drame historique, mais aussi pris par l’histoire d’hommes qui ont choisi la forêt. Trois êtres épris de liberté et qui ont fait un pacte avec la mort. Un superbe récit à la mesure du grand talent de Jocelyne Saucier.

Critique: C’est avec enthousiasme que j’ai entamé cette lecture! J’avais reçu de très belles critiques et ce livre avait reçu la mention d’honneur du prix littéraire des collégiens  de la 9e édition. J’ai constaté avec joie que ce roman était à la hauteur de mes espérances!

L’histoire met en place 3 personnages principaux, trois vieillards qui s’installe dans les bois pour y finirent leur vie. Ces personnages sont très colorés et très bien définis. Le mariage des personnages, tant ceux de premier plan que ceux qui ne font que passer, est superbe. Ils s’assemblent ou se contrastent. L’effet et l’impression que les personnages laissent sur le lecteur est très poignante. On s’attache vite, très vite.

Le récit proprement parlé est construit un peu pèle-mêle, on y mélange deux histoires: celle des grands feux/la vie de Boychuck et le quotidien des vieillard. MAIS, l’important c’est qu’on ne s’y mélange pas, il n’y a pas vraiment de confusion, alors la forme est intéressante. Les passages où la vie de Boychuck est racontée à la manière d’une légende sont très bien réussi. J’ai adoré!

Mais, mais, mais. Ce qui m’a fait aimer ce roman, c’est la nouveauté du point de vue montré sur la mort. Elle est décrite comme une amie. Les vieillards la fréquente, mais sans peur, sans résistance. Elle est là. Tout simplement. Le thème de la liberté est aussi très bien installé. L’impression d’être libre, de l’être vraiment est palpable.

Cette oeuvre peut être interprété à plusieurs degrés. C’est un bon divertissement, mais c’est aussi une grande réflexion sur la vie, la mort et la liberté. Faut-il vraiment sortir de toutes normes pour être enfin libre? Et, même sortie de la civilisation, ne nous imposons-nous pas des normes à nous-mêmes…? Encore une fois, ce n’est pas un roman où les péripéties abondent et il y a un peu de longueur. MAIS, Jocelyne Saucier nous fait oublier ces petits bémols avec un style très lyrique, un découpage du texte en très court chapitre et des personnages touchants. Bref, une très belle lecture!

« La souffrance quand elle s’empare de quelqu’un ne laisse place à rien d’autre. »
« L’amour impossible n’est plus possible de nos jours »
« On ne peut rien savoir d’un vieillard si on ne va pas à ses yeux, ce sont eux qui détiennent l’histoire de sa vie. »
Karo.

Juillet – Marie Laberge

Couverture Juillet

Titre: Juillet
Auteur: Marie Laberge
Date de parution: 1989
Nombre de pages: 224 pages

Note: 8,7/10

Résumé: Une fête familiale, intime, toute simple. Une célébration orchestrée par Simon, aidé de son fils, de sa belle-fille et un peu de son petit-fils, Julien. Une sorte d’harmonie qui craque pourtant sous l’élan irrépressible du désir. Le désir dérangeant, inopportun, sauvage. Le désir et l ‘amour de Simon. Et ce n’est pas pour sa femme, la jubilaire, qu’en ce jour de juillet Simon brûle…

Critique: Lorsque l’histoire d’un livre semble simpliste, l’auteur doit avoir un style et une présence  hors du commun pour accrocher le lecteur. Et c’est dans ces cas là, qu’on peut dire qu’une oeuvre devient un chef-d’oeuvre. C’est le cas de Juillet.

Marie Laberge est définitivement une grande femme de la littérature (j’aurais pu dire: littérature québécoise, mais non. Son talent se compare avec celui des plus grands auteurs du monde entier). Son vocabulaire est précis, sans pour autant apporter une lourdeur non-voulu au texte. Chaque phrase a été pensé et retravaillé. L’écriture de ce roman me laisse sans mot. Marie Laberge joue avec les cassures de ton. Normalement dans un roman « populaire », cela aurait été un point très négatif nous faisant perdre l’histoire de vue… mais pas dans ce cas-ci. Car, tout est pensé. Si elle change de ton et de style au court d’un paragraphe, il y a une raison. C’est dans ces subtilités de la langue que j’aime voir un auteur s’aventurer! Un texte évolue tout autant, sinon plus, par ce qui n’est pas écrit. C’est dans les silences et l’absence de détails que le texte prend tout son sens. Le lecteur a un poids énorme sur les épaules, le poids de tracer lui-même le récit et de déduire ce qui n’est pas mentionné. J’adore. Il faut une plume de maître pour réussir un tel exercice de style.

Les personnages! Ils sont tous bien ficelé  ils ne sont pas stéréotypés. Ils sont vrais! Ils sont complexes, je pense ici, au personnage du fils qui voit sa femme se détacher de lui, son mariage est en ruine, il est mal dans sa peau et il veut à tout prix l’amour de son père. Les caractéristiques de se personnage se complexifie plus le roman avance. Marie Laberge jongle avec le meilleur et le pire d’un être humain. Il n’y a pas de bons, pas de méchants. Nous sommes simplement qui nous sommes, avec nos jours noirs et nos jours gais.

L’intrigue du roman n’est pas rempli d’action, tout se passe en subtilité. C’est ce que j’ai adoré. L’action est limité, très limité, mais pourtant mon coeur battait à tout rompre, nerveux de connaître la suite, à chaque fois que je tournais la page. Un frôlement de main peut tant dire, plus qu’un baiser amoureux, plus qu’une étreinte. Un regard est 100 fois plus puissant qu’une baise. L’importance accordé à chaque petit moment de l’existence, c’est ce que l’auteure à su rendre. L’importance de chaque geste que la personne qu’on aime pose. L’impact de l’amour fou, l’amour aveugle, l’amour interdit.

Finalement, ce roman ne s’adresse pas à un public de tous âges. Pour lire se livre, il faut avoir un intérêt marqué pour les oeuvres littéraires qui font abstraction de l’action pour se concentrer sur le style. Il faut aimer voir de belles phrases et s’en délecter. Pour une pleine compréhension du roman, je conseil d’avoir lu d’autres oeuvres du même style ou du même auteure avant de se lancer. Car, dans un roman où tout est nuance, il est très facile de s’égarer et de totalement détester cette lecture, car on aura emprunter le mauvais chemin.

« Chacun ses problèmes, chacun sa joie de vivre ou sa difficulté de vivre. »

« Mais d’où sortent-ils ces gens en fer forgé capables de maîtriser le désir furieux, de tenir tête au désespoir, de contrôler haine et amour? »

« Elle ne tient pas à l’amour si c’est cette mort constante, cet affolement de tout son être, cette avidité désespérée pour une peau, une odeur, un regard et des mains, ses mains. »

« Être au coeur de sa douleur et ne plus la ressentir. Au coeur du feu sans la brûlure. »

« David reste sur le lit, déconfit, la bouche pleine d’excuses qu’il ne peut même pas dire. Il a toujours la bouche pleine de mots imprononcés. »

« La seule éternité semble bien être ce cri inépuisable, cette constante exigence d’amour qu’il croyait bien pourtant avoir étouffé au fond de lui. »

Karo.